AUotmentu Extension Act. (43 et 4G Vict., ch. lxxx
■X Le i> janvier 1886, M. Jesse Collings proposa à l'adresse un amendement relatif à la question agraire, qui amena la chute du cabinet Salisbury.
-3. Allolments Act. (50 et o1 Vict., ch. xlviii.)
4. On sait que l'expression santé publique a en Angleterre un sens jilus large (|ue chez nous et comprend la voirie et la police municipale. Depuis la loi de 1894, l'Iiygiène et l'a'^sistancc sont confiées aux mêmes autorités.
Les conseils de district ayant mis peu d'empressement à accueillir les demandes, une nouvelle loi organisa un recours devant le conseil de comté, qui pourra agir directement, si l'utilité des allotments lui semble manifeste ^.
Enfin la loi de 1894 sur le Gouvernement local a supprimé l'obligation d'obtenir une loi pour procéder à l'acquisition. Elle a en même temps organisé une seconde procédure pour obtenir des allotments, par voie de location de terres, mais sans abroger celle que nous venons d'exposer et qui semble avoir conservé les préférences des intéressés.
Des dispositions minutieuses protègent les propriétaires contre les abus possibles en exceptant les parcs, jardins, lieux de récréation, ainsi que les terrains nécessaires aux chemins de fer. En certains cas, les allotments pourront être portés à quatre acres, à la condition de contenir une portion en pâturage. Les preneurs doivent cultiver par eux-mêmes ; ils ne peuvent construire d'habitation sur leur terrain, mais seulement une cabane pour les outils, une serre, ou un toit à porcs.
Le système des allotments a produit d'excellents résultats. Pour en seconder la diffusion, M. Jesse Collings a fondé la Rural Laboiirers Leagne, qui a son siège à Birmingham et poursuit une active propagande. Une statistique, dressée en 1892, constatait que cinquante-six autorités sanitaires rurales et quatre comtés avaient acheté des terres pour les diviser en allotments formant au total 1.207 acres loués à 2.891 preneurs.
Ce résultat peut sembler médiocre en lui-même, par rapport au but poursuivi.
\. Allotments Act, 1890. (53 et 54 Vict., cli. lxv.)
LES JAUDIXS OUVRIEIÎS A l'ÉTRAXGEH. 103
Mais il a eu l'avantage de déterminer des créations l)ien autrement considérables chez les propriétaires de grands domaines. On relevait en effet à la même époque l'existence totale de 448. 58G allotments dans l'Angleterre et le pays de Galles ; on voit que les créations olïicielles représentent moins de 4 ^ de ce total.
On a reproché parfois aux propriétaires d'avoir loué leurs parcelles à un prix élevé \ d'avoir alloti de préférence des terrains de mauvaise qualité, ou situés loin du village. Il n'en est pas moins certain que partout où ces organisations ont été créées, on a constaté l'amélioration du bien-être des paysans et la diminulion des recettes des cabarets. M. Arminjon rend compte de la bonne impression qu'il a ressentie en visitant les parcelles créées, sur partie de son domaine, par iM. Bolton-Kind, dans le comté de Warwick, au pays de Shakespeare. Il a été frappé de la bonne tenue de ces terres cultivées à la bêche, abondamment fumées, et couvertes de belles récoltes. Pour donner une idée des résultats auxquels on peut prétendre, nous ne saurions mieux faire que de raconter ce qui s'est passé aux portes de Birmingham, dans la ville même que représente jNI. Jesse Collings -.
La plaine de Casthill constituait jadis un vaste pâturage, voisin du faubourg ouvrier de North Bromsgrove. Le village était peuplé de clouticrs, les plus misérables entre les salariés de la o'rande ville industrielle ; les maisons étaient sales et insuffisantes, les enfants mal tenus, on constatait bien vite tous les signes extérieurs du paupérisme.
1. » Ils nous font la charité en doublant leurs revenus », disait un |)aysaD du comté d'Oxford à l'auteur de Lil'c in oitr villages (Arminjon, op. cit., p. lOt).
2. D'après un article de la Dailrj Mail, de Birmingham, numéro du 3 juillet 189.-i.
En 1890, une élection partielle fit entrer au conseil sanitaire INI. Frank Smith, secrétaire général de la Land Lahourers League. Celui-ci reprit immédiatement une pétition adressée quelques années plus tût au conseil pour réclamer de transformer en allotments la prairie de Casthill, et qui avait été écartée par une majorité composée de fermiers. Cette fois, la pétition fut agréée et un propriétaire voisin consentit à céder à un prix raisonnable une prairie de 43 acres, immédiatement transformée en 70 parcelles, qui furent mises à la disposition des ouvriers cloutiers à des prix variant de 1 à 2 livres sterling par an, suivant qualité.
Après une première récolte en pommes de terre, pour nettoyer le terrain, on engagea les preneurs à se livrer à la culture des fraises, auxquelles un débouché avantageux était assuré par le voisinage immédiat d'une ville de 500.000 habitants. Cette culture a transformé le quartier. Les tenanciers retirent jusqu'à 50 livres (1.250 francs) d'un acre de fraises; trois cents personnes sont occupées dans les champs et vivent heureuses, bien portantes, dans des maisons qui se transforment à vue d'œil. La prairie, qui payait difficilement sa ferme, vaut maintenant 500 livres de plus par an, et les loyers rentrent facilement.
Ce grand succès a décidé le conseil de comté à acquérir une propriété voisine, d'une contenance do 147 acres, pour la diviser en small-holdings d'une contenance de 2 à 7 acres dont les preneurs pourront devenir propriétaires par des versements annuels '.
-1. On appelle small-holdings ou petites tenures des parcelles de ^2 ;i no acres, tlonl la propriété est ccdée, griice à l'intervention du conseil de comté, aux cullivaieurs qui s'engagent à les cultiver eux-mêmes. Los jjreneurs doivent payer comptant un cinquième de leur prix d'acquisition, le reste étant amorti par des versements semestriels réi^artis sur une durée de cinquante ans au maximum.
Les détails de cette organisation sont réglés par une loi de 180-2,
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Ce sera Taccès à la possession du sol assuré aux plus intelligents et aux plus économes parmi les tenanciers à.'allotmeiits.
Les commissaires officiels sont d'accord avec les publicistes pour reconnaître les bons effets produits par le système des allotments. Leur culture associe la femme et les enfants aux gains de la famille; des sociétés ont été constituées sur divers points pour faciliter l'acquisition d'un porc ou d'une vache et assurer ces animaux contre la mortalité. Les végétaux ont recommencé à jouer un rôle important dans l'alimentation. Dans les comtés de Norfolk, de Suffolk et de Lincoln, où l'industrie de la filature à domicile a disparu, les allotments constituent la grande ressource de la population. A l'heure actuelle, artisans et journaliers agricoles sont également attachés à leur coin de terre. « Avec des choux dans son jardin, dit M. P. Andersen Graham, une bonne provision de pommes de terre dans sa cave, des flèches de lard décorant l'intérieur de sa cheminée, le paysan peut voir venir l'hiver d'un cœur tranquille. »
VII. Pays Scandinaves. — A rencontre de ce que nous venons de constater dans le Royaume-Uni, les populations rurales du Danemark ont fait des progrès continus pendant la seconde moitié du dernier siècle ; et ce qui est particulièrement remarquable, c'est que l'exportation en Angleterre est précisément la cause principale de cette prospérité '. Les cinq sixièmes des
Small-holdings Act. (o."> et 56 Vict., cli. xxxi), votée sur l'initiative de M. Jesse Collings.
Nous ne pouvons entrer ici dans le détail de cette loi, qui dépasse le but poursuivi par les jardins ouvriers et tend à la constitution de la pro[)riété rurale, en créant des domaines sulfisants pour occuper entièrement l'activité de la famille.
I. Le Danemark exporte annuellement en Angleterre "iOO.OOO quin-
106 LKS JARDINS OUVUIERS.
terres arables du royaume sont aux mains de la petite propriété qui en tire tout le parti possible ; toutes les landes ont été défrichées, grâce à la Société des Bruyères (Hede-Selksab) fondée par le colonel E. M. Dalgas. La population augmente constamment, l'instruction elle bien-être sont également en progrès et le retour vers la terre s'accentue dans toutes les classes.
Pour développer encore la petite propriété, les chambres danoises ont voté la loi du 24 mars 1899 sur la création de lots de terre pour les ouvriers ruraux, dits biens de Jiusmand.
La caisse de l'Etat a été autorisée à employer 10 millions de couronnes en prêts aux ouvriers agricoles, |)our leur permettre d'acquérir une petite propriété dont la valeur ne doit pas dépasser 4.000 couronnes. Pourvu que l'acquéreur puisse payer le dixième de son acquisition, la caisse lui avancera le surplus, il la remboursera par des annuités réparties sur une durée de quarante-cinq ans, au maximum, La propriété, y compris le cheptel, ne pourra être engagée ni saisie, tant que la dette vis-à-vis de l'Etat ne sera pas réduite de moitié, au moins.
On voit que, comme les small-holdings anglais, les biens de husmand danois visent à la constitution du bien de famille plutôt que des jardins ouvriers. Nous nous abstenons donc d'entrer dans le détail de la loi '.
En SuiîDE a eu lieu, il y a quelques années, une tentative pour créer des jardins ouvriers. Des terrains
taux de beurre, le même poids de jambons, 200 millions d'œufs, des porcs, des moutons, du bétail, des chevaux. D'innombraijles sociétés coopératives de production (l)eurreries à vapeur, moulins, fours) et de vente favorisent les cultivateurs et rendent ce pays particulièrement intéressant à étudier au jioinl de vue agricole.
1. On en trouvera la traduction avec un savant commentaire, dusl'un et l'autre à M. Pierre Dareste, dans V Annuaire de tcijislation étrangère. l'joo, p. î;3G-:;i'i.
LES JARDINS OUVRIERS A l'ÉTRANGER. 107
ont été aménagés dans ce but en Sickea, dans les environs de Stockholm. Mais on a dû renoncer à poursuivre cette exploitation, nous dit-on, en raison de la longueur de l'hiver et du peu de produit donné par les cultures.
En Norvège, on abandonne de plus en plus le système qui consiste à placer les indigents célibataires en « Laegd » à tour de rôle chez les principaux contribuables. Plusieurs communes ont créé des « fermes des pauvres » ; mais ce sont des établissements destinés aux mendiants plutôt qu'aux ouvriers, nous n'avons donc pas à en parler ici.
VIII. Pays slaves. — Nous avons vu que les jardins ouvriei's ont une tendance particulière à se développer dans les pays qui ont possédé jadis des institutions constituant un bien de famille collectif. A ce titre, les pays slaves devraient constituer pour eux un sol d'élection, puisque le inii- russe ^ comme la zadruga serbe -, en dépit de leurs différences essentielles, sont l'un et l'autre des modalités de jouissance de ces biens collectifs. Nous n'avons cependant connaissance d'aucune œuvre de jardins ouvriers fondée dans ces contrées si vastes, et sur certains points desquelles l'industrie a pris, dans la fin du dernier siècle, une grande extension.
\. Une grande partie (\\\ sol russe est possédée i)ar les communes qui procèdent à des partages périodiques de lerre entre les familles llxées sur leur territoire. Chaque lot se nomme un mir. Le paysan qui laisse la commune doit vendre sa maison et perd son droit à la terre. Cf. Anatole Leroy-Beaulieu, l'Empire des Tsars et des Russes, 1. 1, p. 458 et suiv.
2. On entend par zadruga la communauté form(>e par plusieurs personnes majeures, célibataires ou avec leurs enfants, vivant ensembles et possédant un bien indivis (Code serbe de 1844, art. '61). La zadruga forme une personne morale représentée par le chef de famille {gospodar, starchina) choisi \)a.T la majorité des membres.
IX. Pays latins. — C'est également un procèsverbal de carence que nous avons à dresser en ce qui touche les trois nations latines de l'Europe méridionale.
Nous avons mentionné jadis l'initiative prise par un cerde de Rome, VUnione cattolica, qui fonda en 1898 une vingtaine de jardins de cinq ares dans les Prati di Castello, sur la rive droite du Tibre, au pied du Vatican. Les terrains ont été bien cultivés pendant trois ans et fort recherchés par les familles indigentes. Mais le terrain a été gagné par les constructions et aliéné par son propriétaire; VUnione cattolica a cessé d'exister, personne n'a su s'occuper de chercher un nouveau terrain. L'œuvre a été abandonnée depuis 1901.