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CHAPITRE VI

I. Le produit donné par les jardins est essentiellement variable, car il dépend à la fois de la contenance, de la nature du terrain et de l'habileté du jardinier. En outre, les résultats qui nous ont été communiqués ne reposent pas toujours sur des données bien rigoureuses. Parfois, au début surtout, les tenanciers seront tentés de diminuerleurs produits, par crainte qu'on ne leur impose une contribution sous une forme quelconque; par contre, le désir de prouver l'excellence du procédé incitera certains fondateurs à exagérer le rendement. Puis il arrive que les uns accusent des produits nets, tandis que la plupart relèvent les produits bruts, dont il convient de déduire les frais déboursés, sinon le temps des jardiniers, qui ne compte guère, si l'on veut apprécier le résultat réel.

Voici, comme exemple, quelques-uns des résultats les plus précis qui nous ont été communiqués.

A Beaune, M. Fontaine s'est appliqué à établir chez ses jardiniers une comptabilité exacte, contrôlée par une commission nommée par les jardiniers. Il constate un écart considérable provenant du talent personnel

puisque, pour des jardins d'une contenance unifori de 428 mètres, le produit varie de 30 à 100 francs.

A Valenciennes, M. Lemaille a relevé mois p mois le produit d'un jardin de 4 ares qui atteint bout de Tannée 75 francs.

Une excellente jardinière, M^^ Douffet, de Sedan noté minutieusement les produits retirés de son jarc en 1901 et pour une contenance de 22 ares elle arriv( un total de 376 fr. 25. A Reims, une mère de fami accuse un produit de 91 fr. 75 pour un jardin de 4 an A Saint-Nicolas-de-Waës (Belgique), où les cultui sont dirigées par un spécialiste très capable, moyenne des 62 jardins d'une contenance unifori de 5 ares 20 centiares atteint 129 fr. 20. Ce produit i même dépassé à Sceaux, où M. Curé, directeur de c tures, a introduit également des procédés perfectionni A Tours, le produit atteindrait 140 francs, grâce a arbres fruitiers cultivés sur le terrain.

Autant qu'on en peut juger d'après les chiffi nombreux que nous avons dépouillés, nous évalue la moyenne du produit brut de 15 à 20 francs l'ai soit 60 à 80 francs pour un jardin de 4 ares.

Si l'on compare le produit à la dépense, on peut di que celle-ci est au moins quadruplée (c'est la propc tion le plus souvent indiquée) et qu'elle arrive exce tionnellement à être multipliée par sept ou huit.

Dans tous les cas, il est certain que la multiplicati du secours est sensible et c'est là un des résultats ] plus caractéristiques de l'œuvre.

Quand le bureau de bienfaisance, ou la conféren( donne à une famille assistée un secours de 5 fran en argent ou en bons, il entre au foyer pour 5 fran de bien-être, en admettant encore qu'aucune parce n'en soit mal employée. Quand ce sacrifice de 5 frar

est déboursé par la charité sous forme d'assistance par le travail, le bénéficiaire encaisse environ 10 francs'. Quand il est fait sous forme de prêt de terre, le bien produit par ces 5 francs déboursés représente de 20 à 40 francs. Songez au prix que paient les pauvres, quand ils achètent de troisième main les légumes avariés des marchands au détail! Ce n'est pas, en effet, au prix de vente possible qu'il faut calculer le rendement du jardin, c'est au prix d'achat des consommations qu'il fournit. C'est là la véritable mesure du profit retiré par la famille.

Aussi les tenanciers de jardins apprécient-ils hautement ces résultats. On en a la preuve dans l'empressement qu'ils mettent à s'assurer la continuation de leur jouissance et dans la facilité avec laquelle on obtient d'eux un prix de fermage, quand on croit devoir l'exiger au bout de quelques années.

Très généralement aussi, les rapports constatent d'année en année l'amélioration des cultures ^. Elle provient pour une grande part de l'expérience acquise par des jardiniers souvent fort novices au début; mais les résultats sont particulièrement appréciables dans les groupes où on a pris des mesures en vue de fournir des indications techniques aux intéressés.

1. Une enquête faite i)ar une des principales œuvres d'assistance par le travail de Paris a prouvé (|ue, sur une somme de 2 francs encaissée par un assisté, le travail produit 0 fr. 90 et la charité fournit 1 fr. 10 (J. Mazodier, conférence citée).

2. A Philadelphie, où les comptes sont remarquablement tenus, grâce aux cartes individuelles dont nous avons parlé, ou a pu constater exactement ce progrès.

Nous avons vu que, en 1897, la valeur totale des légumes produits représentait un peu plus de trois fois la dépense faite par le comité pour cliaque tenure.

En 1902, la dépense est de $ 7.09 par tenure, et le produit de $ ilW. Le produit représente sept fois la dépense du comité.

Ce progrès est dû à la fois à la réduction des frais et aux progrès des jardiniers.

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