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De Lanoye, Inde contemporaine

La seule passe de l'Himalaya praticable pour les touristes est l'échancrure ou ravine par laquelle la rivière sacrée Sutledje se précipite du Tibet dans la plaine méridionale, où elle va alimenter llndus. Cette vallée est déprimée jusqu'à moins de 1000 mètres d'altitude. Entre ses parois noires et escarpées, le fleuve n'a guère que 50 mètres de largeur. On le traverse sur des câbles tendus d'un de ces murs à pic à l'autre. Autour du câble, on passe un anneau de bois, auquel les voyageurs s'attachent avec tout leur bagage ; puis on les tire rapidement vers le bord opposé : si le câble venait â se rompre, on tomberait dans le torrent qui gronde et écume au-dessous.

En remontant les rives du Sutledje, on rencontre des paysages frais et fertiles où les Anglais qui habitent l'Inde vont se reposer, pendant l'été, des fatigues et des chaleurs qu'ils ont supportées dans le midi de cette contrée.

L'une des parties les plus pittoresques de la chaîne colossale de l'Himalaya est le district de Sikkim, dominé par le pic de Kinchinjanga. Dans cette étonnante région on trouve réunis les plus grandioses contrastes. Des glaciers régnent au-dessus de la région des neiges; plus bas, des torrents s'engoulfrent dans de profonds abîmes; plus bas encore et à travers des bois de magnolias, des lacs étendent le miroir de leurs eaux tranquilles au milieu de verts pâturages, peuplés de vaches tibétaines, et de vallons fertiles, habités par des montagnards pasteurs. Le Kinchinjanga se dresse à 6500 mètres au-dessus du plateau de Dorjiling, élevé lui-même de 2100 mètres audessus de la mer. Dans la vue que le lecteur a sous les yeux (fig. 38), le Kinchinjanga occupe le fond; on voit au premier plan à gauche le grand torrent Rungeït, (|ui se précipite dans un gouffre.

" La plume la p!us ùloijuculc, dit le botaniste Hooker, le pinceau 1(^ plus habile, sont également impuissants à placer sous les yeux les formes cl les couleurs de ces monts neigeux, ou à réveiller dans rimaginalidn les sensations et les pensées qui rencliaînent lout entiiTc à ces sublimes nliénomènes, quand ils se développent dans leur réalité. Rien ne peuf, r(!ndre la précision et la neltelé de leurs lignes, et encore moins les iiieiveiileux efl'ets des couleurs jouant sur les pentes des neiges, les faisceaux lumineux foiinés par les combinaisons de l'orangé, de l'or et. lie l'incarnat, les nuages illuminés par le lever du soleil, et enfin la teinte l'aulaslique que revôl le tout au moment du créj)uscule. .

-lj*aÊmaÊÊmjmm^

Ce qu'il y a surtout d'imposant dans l'Himalaya, c'est la largeur de ce système de montagnes, le grand espace qu'il occupe. Dans les Alpes, les cimes forment des bandes assez étroites, les vallées sont ouvertes comme des plaines; ici, au contraire, toute la chaîne est hérissée de cimes, c'est un labyrinthe irrégulier et capricieux de pics noirs, de gouffres abrupts, et de glaciers qui s'entre-croisent dans tous les sens. On rencontre quelquefois des sommités coupées horizontalement comme une table, ou des crêtes ondulées qui se croisent en formant comme des nœuds irréguliers. Le caractère commun de l'Himalaya et des montagnes tibétaines, c'est ce groupement sans ordre qui semble sorti des plus bizarres caprices du hasard.

L'une des montagnes les plus intéressantes de l'Asie est le mont Ararat, situé en Arménie, entre la mer Noire et la mer Caspienne. C'est la montagne volcanique qui, par son soulèvement, provoqua la grande catastrophe géologique qui porte le nom de déluge de rAsie.

On a cru longtemps l'Ararat inaccessible. En 1700, le célèbre botaniste Tournefort fut obligé de renoncer à une tentative d'ascension, après avoir enduré beaucoup de fatigues inutiles. Plus récemment, le pacha de Bajazed envoya une expédition chargée d'escalader l'Ararat. Ces hommes construisirent des tentes échelonnées le long de leur route, et y laissèrent des provisions; mais le froid les força à revenir sur leurs pas avant d'avoir atteint le but de leur mission. Enfin, en 1829, le voyageur Parrot* parvint au sommet neigeux de cette montagne, qui est élevée de 5260 mètres. En 1834, il fut imité par M. Autonomoff, qui confirma le récit de son prédécesseur, contesté par le clergé arménien. Des touristes anglais ont escaladé de nouveau l'Ararat en 1857.

La chaîne du Caucase offre encore quelques autres pics trèsélevés: tels sont le mont Elbrouz (5640 mètres), le mont Kazbek (5040 mètres). Au sud de la mer Caspienne 's'étend la chaîne du Mazenderan, dans laquelle il faut noter le pic de Demavend, près de Téhéran, la capitale de la Perse, auquel on ne donnait que 4485 mètres, d'après lord Schomberg; son altitude réelle est de 6550 mètres.

1. Parrot, professeur à Dorpat, était un Français établi en Russie; sa famille était de Montbéliard.

Montagnes de l'Afrique et de TOcéanie.

Nous réunissons dans le tableau placé en regard de cette page les montagnes les plus élevées du continent africain, et dans la liste suivante les hauteurs de ces montagnes.

Ras Dajan (Ethiopie) 4620

Wosho (Kaffa) 5060

Kénia (côte de Zanguebar) 5000

Kilimandjaro IJbid.) 6100

Grand Atlas (Maroc) SkQb

Pic de Ténériffe (îles Canaries) 3710

Monts du Mandara (Takrour 1500

Monts Camerons (Guinée) 'lOOO

Piton des Neiges (ile de la Réunion) 3065

Green Mountain (île de l'Ascension 885

Pic de Diane (Sainte-Hélène) 825

Monts Lupata (^Mozambique) 1950

Mont Ambotismène (Madagascar) 3500

Nieuweveld (cap de Bonne-Espérance) 3050

Roggeveld [Ibtd.] 1 700

Mont de la Table {Ib:d.] 1350

Nos connaissances sont encore très-incomplètes relativement aux montagnes de l'Afrique. Le continent africain se termine au sud par une masse rocheuse de grès, superposée au schiste et au granit, qui s'élève de 1000 à 2000 mètres. Cette formation graniti(iue, recouverte par le grès, est très-développée dans l'Afrique méridionale: on y rencontre des murailles escarpées que couronnent d'immenses tables de grès. Le long de la côte orientale s'étend l'escarpement du grand plateau central, qui semble être couronné ]»ar quelques sommités neigeuses, les Montagnes de la Lwie, juale sous ré([uateur, entre les lacs Tanganyika et Xyanza. Ce dernier est séparé de la côte par un rempart de montagnes dont le faite semble se rencontrer dans Mombaz, oii l'on a découvert presque sous l'équateur les pics neigeux du Kénia et du Kilimandjaro. '

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D'après le voyageur anglais Livingstone*, le plateau de l'Afrique méridionale serait déprimé ou concave à son centre; l'Ethiopie, située au nord de Téquateur, est un plateau étage par gradins. La côte occidentale n'offre que des élévations peu considérables : ces groupes de montagnes n'atteignent une hauteur respectable qu'au golfe de Guinée, où les monts Camerons dépassent 4000 mètres. Dans l'intérieur, au sud de Tombouctou, le docteur Barth a signalé les monts Homboris (fig. 2 9). remarquables par leur aspect bizarre.

Le groupe de l'Atlas, qui, au nord de l'Afrique, traverse le Maroc et l'Algérie, se rapproche, par sa direction générale et son élévation, des montagnes de la presqu'île ibérique. Le faîte de l'Atlas n'atteint que 4000 mètres. Cette chaîne se continue le long de la côte de Tripoli, où elle semble former une branche rattachée aux Apennins, les montagnes de Sicile étant considérées comme un anneau de la même chaîne interrompue par la mer. La partie moyenne de ce système, qui renferme les montagnes de l'Algérie, domine des régions fertiles et habitées.

L'Étliiopie oflfre des plateaux considérables , étages du nord vers le sud. Un voyageur franrais, M. d'Abbadie, y a mesuré un grand nombre de sommets ; nous en citerons quelques-uns : Abba Yared{kbOO mètres\ /?a? Dajan ;46-20 mètres , DuaJiU (4510 mètresi, Amadamid (36C0 mètres), Wariî^o (3700 mètres), Bore (-2600 mètres) ; enfin le mont Wosho, en KafTa, qui a 5060 mètres. D'après le même voyageur, le lac Tsana est situé à 1900 mètres d'altitude.

Voici encore les hauteurs de quelques villes d'Ethiopie :

Adoua . 196':

Gondar ' 2270

Saka .. . • 1890

Bonga 1850

Le mont Wosho doit être couvert de neige, puisque M. d'Abbadie a déjà trouvé de la neige sur le lîuahit, à une hauteur inférieure de 550 mètres à celle du faîte des montagnes de Kaffa.

Le P. Knoi)lecher, qui a remonté le fleuve Blanc jusqu'à 4" de latitude nord, a vu à l'horizon sud des chaînes de montagnes qui semblaient très-élevées et neigeuses ; mais ces fameuses montagnes équatoriales ont passé longtemps pour un mythe.

Deux missionnaire^ anglais constatèrent pour la première fo.iS: en 1848, l'existence sous l'équateur de cimes neigeuses portant les noms de Kénia et Kilimandjaro. M. Rebmann avait vu lui-même cette dernière au mois de mars 1848, et, plusieurs fois depuis, M. Krapf avait vu cette cime couverte de neige au mois de novembre de Tannée suivante. Aucun de ces deux voyageurs ne tenta une ascension ; mais les indigènes leur ra-

ng. 39. Monts Homboris.

contaient qu'ayant visité la montagne et emporté un peu de la matière blanche qui s'y trouvait, ils avaient été surpris de la voir se transformer en eau. Plusieurs d'entre eux étaient revenus avec les mains et les pieds gelés, ce (|u'ils attribuaient aux mauvais esprits.

Les récits des deux voyageurs rencontrèrent tout d'abord beaucoup d'incrédulité. Mais, en 1862, la Société de géographie

de Londres a reçu la confirmation complète des assertions^ de MM. Krapf et Rebraann, par deux autres voyageurs, feu M. Tlîornton, géologue anglais, et le baron Yon der Decken, qui ont donné une description authentique de la montagne équatoriale. MM. Yon der Decken et Thornton ont fait une esquisse de leur route depuis la côte de Mombaz jusqu'à la chaîne dont le Kilimandjaro est le sommet. Ils en ont fixé la hauteur à 6100 mètres, au moyen d'une suite de triangles, mais ils n'ont pu en faire qu'une ascension incomplète; ils ont dû s'arrêter à une hauteur de 2500 mètres. Plus tard, M. Yon der Decken a fait une nouvelle ascension, dans laquelle il est parvenu à 4000 mètres. Il fut surpris, à cette hauteur, par une chute abondante de neige.

L'aspect du Kilimandjaro varie beaucoup suivant le point de vue où l'on se place. En général, c'est un cône à base très-large. A quelque distance au nord-est, s'élève un autre cône à environ 5200 mètres; à 90 kilomètres vers l'ouest, on aperçoit le pic Mérou, haut d'environ 5500 mètres. Du côté de l'est, le Kilimandjaro offre l'aspect d'un cône tronqué : la neige le couvre comme une épaisse calotte, une langue de neige descend du côté du sud, et plusieurs filets de neige remplissent les ravins ou sillons le long des flancs de la montagne. La pente, trèsescarpée du côté sud. ne permet pas à la neige de s'accumuler, et l'on en voit souvent des' quantités rouler vers le bas. M. Thornton croit que le Kilimandjaro est la partie nord-est d'un ancien volcan, dont la partie sud-ouest se serait affaissée ; il en trouve les débris dans une montagne très-rocheuse qui se trouve à peu de distance du faîte actuel. Bien loin au sudouest on aperçoit par un temps clair trois aspérités très-élevées, de forme conique, appartenant probablement à la chaîne centrale.

Les îles africaines offrent aussi quelques élévations remarquables. Les monts Ambotismènes, à Madagascar, atteignent 2500 mètres; le piton des Neiges, à l'île Bourbon, et le pic des Açores ont 3000 mètres; le pic de Fuego, dans une île du cap A'ert, et les trois Salasses, à Bourbon, s'élèvent encore à 2400 mètres.

La plus haute de ces cimes est le pico de Teyde, à l'île de Ténériffe, grand cône de verdure qui se termine par un autre

cône de neige (fig. 40). Le pic de Ténériffe, dont la hauteur est de 3710 mètres, a été longtemps considéré comme le plus haut point du monde. C'est pour cette raison que les Hollandais lavaient choisi pour y faire passer leur premier méridien.

Terminons l'étude des montagnes de la terre par quelques mots sur les reliefs de l'Océanie.

Voici la côte des plus grandes altitudes de l'Océanie * :

Mètres.

Opliir ile de Sumatra) , 3950

Simiron (île de Java) 3900

Gede Tagal (Volcan, ibid.) 3245

Montagnes Bleues (Australie) 2000

Sommet de Ceram (Moluques' 2600

Pic dans Test de la Nouvelle-Guinée 4870

Mouna-Roa Hawaii' 4840

Tobreonou Jaïti) 3320

Mont Egmont (Nouvelle-Zélande). 2535

Mont Ccok [Ibid.^ 3700

Ruapehou 2700

Érèbe 'mer du Sud; 3700

Le relief du continent d'Australie est encore très-peu connu, n parait que c'est en général une terre basse, renfermée entre des chaînes côtières d'élévation assez médiocre. La partie la plus haute est peut-être le bord sud-est, le pays de la Xouvelle- (ialles. De ce point, la chaîne des montagnes Bleues court au nord, le long de la côte orientale du continent. Elle a été traversée, pour la première fois, en 1S13, par le voyageur anglais Evans. On dit qu'elle renferme des pics qui atteignent

3000 mètres.

Les îles de la mer du Sud sont couvertes de montagnes volcaniques, parmi lesquelles on cite le Mowna-Roa de Hawaii.

1. Voir le tablea.i des plus hautes montagnes de l'Asie, \). l.'jli.

Les vallées, les cols et les gorges de montagnes.

On appelle vallée une dépression du sol existant entre deux montagnes, collines ou plateaux voisins. La forme et l'origine de ces dépressions sont extrêmement variées. Les vallées sont très-étroites et ressemblent à de véritables fentes du sol, si les montagnes qui les encaissent sont très-rapprochées. Quand les montagnes sont à de grandes distances, les vallées s'élargissent jusqu'à former des plaines.

Si l'on considère leur origine géologique, il faut distinguer les vallées d'affaissement^ de déchirement, de séparation et d'érosion.

Les premières sont dues aux tremblements de terre, c'est-àdire aux grandes oscillations qui ont autrefois ébranlé le sol; on y voit se continuer en pente douce les couches qui forment les élévations latérales (fig. 41).

Fig. 41. Vallée d'affaissement.

Les vallées de déchirement sont nées de la brusque rupture de deux ou plusieurs couches de terrains, rupture ordinairement produite par l'action d'un tremblement de terre, comme on le

Fig. 42. Vallée de déchirement.

voit dans la figure 42. Les couches se correspondent et continuent dans les deux murailles disjointes.

Une vallée résulte quelquefois du soulèvement d'une masse éruptive entre deux couches ; elle présente alors la forme suivante (fig. 4'^).

Fig. 43. Vallée de déchirement avec soulèvement.

Les vallées de séparation peuvent aussi être formées par la perte ou l'usure dune couche de terrain qui était autrefois superposée aux autres couches (fig. 44).

Fig. 44. Vallée de séparation.

C'est l'action des eaux torrentielles ou diluviennes qui a façonné ce genre de vallée.

Les l'allées (Vèrosion présentent ce dernier phénomène d'une manière plus accusée. Elles tirent leur origine de l'action destructive des eaux qui ont mis à nu les couches inférieures du sol en emportant les couches supérieures (fig. 45).

Fig. 45. Vallée d'érosion.

Ainsi les vallées ont été formées par des causes géologiques bien différentes. Le sol s'est soulevé en ondulations convexes; de violentes secousses l'ont fendu et déciiiré; des éruptions volcaniques ont écarté des couches de terrain autrefois continues; des courants d'eau, usant peu à peu le terrain sur leur parcours, ont tini par se creuser des lits profonds. C'est cet ensemble d'effets qui a donné à la surface de notre sol sa conliguralion actuelle.

Les géographes établissent entre les différentes vallées une autre distinction, fondée sur la place qu'elles occupent dans lés systèmes de montagnes. On appelle vallées longitudinales celles qui s'étendent entre deux chaînes de montagnes, parce qu'elles suivent le sens de la longueur de ces chaînes. Celles qui sont formées par deux rameaux latéraux d'une chaîne s'appellent vallées transversales. Parmi les vallées de la première espèce, on peut citer, en France, celle qui sépare le Jura et les Alpes à l'est, et les montagnes du Lyonnais et du Vivarais à l'ouest. Elle est arrosée par la Saône et le Rhône, et reçoit les vallées transversales du Doubs, de l'Isère et delà Durance d'un côté, et de l'autre celles du Gard et de l'Ardèche. La vallée du Rhin nous fournit un autre exemple de vallée longitudinale.

Si l'on considère une île ou les côtes d'un continent, on remarque toujours qu'à partir de la mer le sol s'élève graduellement jusqu'à une certaine hauteur, qui forme une ligne de faîte, d'où le terrain s'abaisse de nouveau, offrant ainsi deux pentes ou versants opposés. Chaque versant général se divise en une foule de versants secondaires, formés par les rameaux qui se dirigent transversalement à la ligne de faîte, et se terminent à la côte. La ligne qui suit le fond de la vallée formée par deux versants voisins s'appelle thaHweg, d'un mot allemand qui signifie c/ie?rtin de la vallée; c'est le chemin, ou fil, des eaux qui naissent sur le faîte principal, et descendent vers la mer ou vers la plaine. Le thalweg devient presque toujours le lit d'un fleuve.

Les hautes vallées offrent souvent, à leur origine, une foule de petites vallées secondaires, dont les flancs sont en pente douce, et qui s'appellent vallons. Quelquefois on les voit commencer par un bassin circulaire ou cirque, tel que le cirque de Gavarnie dans les Pyrénées Les vallées étroites et profondes reçoivent le nom de gorges; quand elles sont très-petites, on les appelle rarins; ordinairement les ravins renferment un torrent.

Dans les chaînes de montagnes, le point de départ de deux rameaux opposés est ordinairement marqué par un exhaussement de la crête, et la naissance de deux vallées opposées est indiquée par une dépression que l'on appelle col : tels sont les cols de Tende, de Balme, du Saint-Bernard en Savoie, etc. Dans les Pyrénées, les cols reçoivent le nom de port.

Souvent une vallée est fermée par un angle saillant de l'un des deux rameaux qui lui servent de ceinture, de sorte qu'il ne reste plus qu'un étroit passage par lequel on puisse y pénétrer: ces détroits s'appellent défiles ou passes. Il est bon toutefois de faire remarquer ici que les mots col, défilé, passe, passage sont souvent confondus par les auteurs, et que les significations de ces mots ne sont pas bien fixées.

Les premiers peuples de chaque pays s'établirent d'abord dans les vallées; aussi les cols ou passes qui en ouvrent l'accès ont-ils reçu cpielquefois le nom de portes des Nations. Citons, comme exemple, la porta Vestphalica que traverse la rivière de Weser; les portes du Caucase; les portes Caspiennes, la passe d'Issus, près des portes Syriennes, dans la chaîne du Taurus, célèbre par la victoire d'Alexandre le Grand sur Darius Codomanus ; les pyles Ciiiciemies, qui mènent à Tarse ; les ThermopyleSy près du mont OEta, immortalisées par le dévouement des trois cents Spartiates ; les Fourches caudines, où fut humiliée la gloire des armées romaines. Entre la Suède et la Norvège, près de Skiaerdal, une de ces portes est formée par deux murailles à pic; une autre semblable se trouve dans lePortfield. Aux États-Unis, on en trouve des exemples Lrès-remarquables dans les ouvertures si brusques par lesquelles le fleuve Hudson se fraye un chemin à travers les montagnes. Dans les Andes, il existe de ces portes qui ont 1500 mètres de profondeur.

Signalons avec plus de détails quelques-uns des défilés les plus célèbres dans l'histoire.

Le col de Pertus a été de tout temps le passage naturel à travers la partie orientale des Pyrénées. Pompée et César le franchirent, et bientôt l'Ibérie était devenue province romaine. Plusieurs siècles après, les Goths traversèrent le même passage, pour aller sétablir en Espagne à la place des Romains ; et lorsque, au huitième siècle, ils furent à leur tour chassés par les Arabes, ces derniers, traversant le col de Pertus, se ruèrent sur la France, et ne furent arrêtés par Charles Martel qu'entre Poitiers et Tours.

M. lUanchard décrit ainsi le défilé du Darial [portes du Caucase), qu'il a traversé en 1857, allant de Tiflis ù Stavropol.

u De tous les passages de montagnes que j'ai Iravcrst^s, celui-ci est (le bcaucoui; le plus iniposanl. Oirou se figure deux immenses parois

de rocher s'ëlevant perpendiculairement, presque à la limite des neiges éternelles, au pied un torrent écumant, furieux, contrarié dans sa course par d'énormes blocs détachés de la montagne voisine ; une route parfois large de dix pieds à peine, largeur que souvent l'on n'a pu obtenir qu'en faisant sauter, en forme de demi-voûte, les rochers de la paroi à pic: tel est ce tableau. La plume ne peut donner une idée de la sau-

Kig. ib. llojaliupijc, gorge des montagnes du Harz.

vage grandeur que présente ce passage, Thermopyles infranchissables et avec lesquelles on est maître de la route militaire qui de l'Europe pénètre en Asie. •>■>

Les gorges se rencontrent souvent dans les pays de collines et de plateaux; elles conduisent toujours à des vallées plus

ouvertes. Aussi en cheminant sur la crête qui les domine, peut-on souvent arriver jusqu'à leurs bords sans les apercevoir. L'origine des gorges est ordinairement due à l'action destructive de quelque torrent ou à des crevasses produites par une fracture ou déchirement violent du sol. On trouve dans les Pyrénées de nombreuses gorges qui se distinguent par une beauté sauvage. Le Dauphiné, en France, est riche en accidents montagneux de ce genre.

Nous représentons (fig. 46) la curieuse gorge formée par le rapprochement des montagnes du Harz, et qui est connue sous le nom de Rosstrappe.

Dans les montagnes du Taurus, en Gilicie, on rencontre un grand nombre de gorges très-pittoresques, qui sont des repaires de brigands. Leurs flancs sont couverts de cèdres, de chênes, de platanes et d'arbres résineux. Des torrents qui s'écoulent rapidement à travers les rochers y forment de bruyantes cascades. Le défilé qui mène de Gilicie en Cappadoce a reçu le nom de portes de Cilicie. C'est un point stratégique de la plus haute importance. Xénophon, qui le traversa, en a donné une description qui représente fort bien l'état actuel des lieux , d'après M. Victor Langlois, qui de sa récente exploration du Taurus a rapporté de beaux dessins de ce défilé célèbre. Ce voyageur ajoute que le Kulek est encore rempli des souvenirs du passage des croisés. Les gens du pays montrent aux voyageurs l'arbre même au pied duquel le chef de la croisade s'assit pour voir défiler les armées chrétiennes marchant sur Antioche pour préluder à la conquête des lieux saints et du tombeau du Christ.

Les ravins sont formés par les torrents qui se creusent un lit dans les flancs des montagnes. Ces dépressions du sol sont d'un grand intérêt pour le minéralogiste, parce qu'ils mettent à nu des coupes de terrains, et découvrent les roches qui composent la montagne. Les Pyrénées, les Alpes, et surtout les Cordillères, sont sillonnées en tout sens par une foule de ravins. Plus les montagnes sont élevées, plus ces érosions sont considérables. Les Espagnols donnent aux grands ravins des Andes le nom de quebradas (fractures).

Altération et destruction des roches qui forment les montagnes. Causes de l'érosion et de la chute des montagnes.

Nous ne terminerons pas l'étude générale des montagnes sans parler des altérations continuelles que subissent les roches qui les composent, et des éboulements, ou chutes partielles, qui sont la conséquence de cette altération.

Pour l'observateur peu réfléchi, il semble que les roches et les substances minérales soient absolument indestructibles , qu'elles représentent, pour ainsi dire, le type de la stabilité et de la durée. Mais un peu d'attention fait voir que les roches se détruisent sans cesse, et que toute substance minérale exposée à l'air et à la pluie est forcément vouée à la destruction. L'air, par son humidité, par son acide carbonique et son oxygène, exerce sur les roches exposées à son influence une puissance d'altération vraiment extraordinaire. Aucune roche ne résiste à l'influence de l'air : calcaire et basalte, granit et porphyre, rien n'est à l'abri de l'attaque chimique de l'atmosphère et de l'eau. Ce que les poètes et les rhéteurs appellent la main du temps ^ nest autre chose que cette action chimique s'exerçant pendant un long intervalle. Les alternatives de chaleur et de froid sont de puissants auxiliaires de l'air dans cette œuvre de destruction. Le froid brise en fragments, par suite de la congélation de l'eau qui les a pénétrées, les pierres que l'action de l'air doit ensuite décomposer : c'est une division mécanique qui prépare et facilite une décomposition chimique ^ Citons les exemples les plus frappants de ces diverses altérations.

Le calcaire grossier retiré des terrains tertiaires, avec lequel on bâtit les maisons de Paris, subit une désagrégation lente,

1. Quand l'eau s'est infiltrée dans une roche, et que celte eau vient à se congeler, elle se dilate, résultat inévitable de son changement d'état et cette dilatation provoque souvent la rupture de la roche

qui le fait tomber en poussière. Le peuple attribue cette altération à la lune ; il dit que la lune mange les pierres. Le savant hydraulicien Bélidor fait, à ce propos, la consolante remarque, que ces actions étant réciproques, et la terre étant bien plus grosse que la lune, elle doit lui en manger bien davantage.

Les statues de marbre laissées en plein air souffrent singulièrement de l'action de l'atmosphère.

Le feldspath, l'orthose, exposés à l'air, se décomposent rapidement; ils perdent leur silicate de potasse, qui disparaît dans les eaux pluviales en raison de sa solubilité, et il ne reste que de l'argile. xMnsi se forme, sous nos yeux, l'argile dite kaolin ou tetTe à porcelaine.

C'est pour cette raison que le granit, formé de silicates divers (feldspath, quartz et mica', est loin de garantir la durée des édifices. Les murs de l'église de Notre-Dame à Limoges, bâtie il y a quatre siècles seulement, sont déjà attaqués à une profondeur de 7 à 8 millimètres. Le Puy-de-Dôme, roche trachytique, repose sur une base de granit; quand on y arrive du côté de Clermont-Ferrand, on croit marcher sur un dépôt de gravier, tant la rociie est déjà désagrégée. Dans (juelques carrières de granit, on a remarqué sur la roche exposée à l'air une décomposition superficielle qui va jusqu'à 2 mètres de profondeur. C'est la même cause qui a donné leur forme arrondie à certains blocs, ou boules de granit, que l'on trouve dans l'Erzgebirge de Saxe, et aux boules de basalie^ si abondantes en Auvergne, qui s'exfolient et abandonnent successivement des couches concentriques de leur écorce.

Le basalte altéré de la même façon finit par tomlier en ^toussière et par former une terre grasse très-fertile.

Les grès de Fontainebleau exposés à l'air deviennent si tendres, au bout d'un certain temi)s, qu'on les fait tomber en poussière d'un coup de marteau.

Toutes ces remarques feront comprendre que, de nos jours et sous nos yeux, l'action combinée de leau et de l'atmosphère produise, en agissant sur les roches qui composent les montagnes, des éboulements, des chutes de terrains, etc., aussi désastreux ([uelquefois que les tremblements de terre ou les éruptions volcaniques.

Dans d'autres circonstances, les éboulements de terrain sont

provoqués par les flots d'une rivière, qui rongent et minent sourdement un terrain, et finissent par amener la chute de masses énormes de roches. D'autres fois les eaux pluviales, s'infiltrant dans le sol et y produisant des courants souterrains, emportent la base des couches superficielles des montagnes. Des éboulements se sont produits par cette dernière cause dans la falaise crayeuse du cap de la Hève, près du Havre.

D'autres fois enfin, par une fissure existant entre les diverses couches superposées, une partie d'une montagne se détache du reste; privée ainsi de son soutien, elle se renverse ou glisse au bas du talus.

Ainsi les montagnes se détruisent sans cesse: le froid fend et divise les roches, l'air les décompose, l'eau les lave et les emporte. C'est un nivellement général opéré par les seules forces de la nature. Il ne sera pas sans intérêt de donner ici l'énumération des catastrophes les plus célèbres qui ont été produites par des causes de ce genre.

En 1767, le bourg de Neumarkt fut englouti sous les eaux de l'Adige qui avaient miné le terrain sur lequel il était bàli.

Le château de Borge, en Norvège, s'enfonça le 5 février 1702 dans une crevasse souterraine creusée parle torrent Glommen, qui descend des monts Dofrines.

Le 25 juillet 1825, vers ciuij heures du soir, on entendit dans le village de Barlis 'Hanovre) un éclat de tonnerre effroyable. Tout à coup un nuage de poussière obscurcit l'air, et la terre s'éboula avec fracas sur une largeur de 40 mètres, en formant un gouffre dont on peut concevoir la profondeur par ce fait qu'un caillou emploie, dit-on, une minute pour arriver au fond.

En Irlande, il se forme un grand nombre de lacs par l'enfoncement des tourbières. C'est là que l'on peut voir le spectacle extraordinaire de forêts souterraines, c'est-à-dire de masses d'arbres abaissés brusquement au-dessous du sol, et qui continuent à verdir par le sommet des branches.

En Prusse et en Pologne il existe bon nombre de lacs qui ont été formés par des éboulements. Il suffit de citer, comme exemple de ce genre, le lac d'Arend, dans la marche de Brandebourg. D'après Strabon, des événements de cette nature avaient lieu fréquemment dans les environs du lac Copaïs, en Béotie, qui est aujourd'hui un marais.

En 1792, plusieurs maisons de la ville de Lons-le-Saunier disparurent, et un lac qui se forma engloutit encore une partie de la route de Lyon à Strasbourg. Les eaux souterraines avaient miné le sol, qui s'était enfoncé.

Le 29 janvier 1840, le mont Cernans, dans le Jura, descendit dans la plaine qui s'étend à sa base, et une partie de la route royale de Dijon à Pontarlier s'enfonça dans un trou de 50 mètres de profondeur, qui s'ouvrit en même temps. Cette partie de la route, désignée sous le nom de la Rampe de Cernans, fut ainsi rendue impraticable. Le lendemain de cet éboulement, il se détacha une autre masse de terrain et de roches qui suivit la première. On suppose que cette catastrophe était due à une source souterraine qui avait tari ving-cinq ans auparavant, et s'était épanchée sous le sol, qu'elle avait peu à peu rongé.

Le 25 août 1618, le bourg de Pleurs et celui de Schilano dans le val de Bregaglia (Lombardie) furent ensevelis par l'éboulement du mont Conto. Les quartiers de roche dont se compose cette montagne étaient minés par des ruisseaux et des sources ; ils s'écroulèrent sur les deux bourgs. 2430 individus y trouvèrent la mort; un lac prit la place de 200 maisons

En 1248, une partie du mont Grenier, à 10 kilomètres au sud de Chambéry, tomba et couvrit cinq paroisses, y compris la ville de Saint-André. Le mont Grenier appartient au terrain jurassique (terrain oxfordien' . Dans la nuit du 7 décembre 1248, une partie de c€tte montagne se détacha de sa base et tomba dans la vallée des Marches. Le fond de la vallée, formé d'un sous-sol argileux, avait été délayé par de longues pluies. Sous ce poids énorme, il ondula et bouillonna comme aurait pu le faire une surface liquide. De sorte (jue la plaine, jusqu'à une distance très-éloignée du centre de l' éboulement, se couvrit de mamelons ou de monticules entrecoupés de ravins et qui existent encore.

La petite ville de Saint-André disparut dans cette épouvantable convulsion, ainsi que les hameaux, les châteaux féodaux et les nombreux couvents qui parsemaient la contrée.

La coulée ou le mouvement des terres d«i la plaine poussées par la chute de la montagne s'arrêta devant l'église de Notre- Dame des Myans, qui devint très-célèbre par ce miracle. Les

Savoisiens regardent comme une impiété l'idée que l'élévation du terrain, au point où s'arrêtèrent les débris, ait quelque peu secondé les efforts protecteurs de la sainte Vierge.

Le sol dévasté qui fut le théâtre de cette catastrophe porte aujourd'hui le nom d'abîme de Myans. Les vignes occupent la plus grande partie de cet espace, sous lequel sont ensevelis plusieurs villages ou lieux d'habitation.

A Adersbach, en Bohême, un espace de 10 kilomètres carrés est couvert d'un labyrinthe de blocs de grès, de 30 à 60 mètres de haut, qui sont les déi)ris dune montagne écroulée.

Les Diabkrcts^ montagnes de la Suisse, entre les cantons de Berne et du Valais, avaient autrefois quatre cimes. Peut-être en ont-ils perdu plusieurs dans le cours des siècles. Le 23 septembre 1713, un de ces sommets tomba tout à coup. Il couvrit de ses décombres une énorme étendue de terrain, et ensevelit plusieurs centaines de cabanes. La chute de ces masses énormes souleva une poussière si épaisse que pendant plusieurs heures l'air en fut complètement obscurci. Au milieu de cette affreuse catastrophe, un pâtre du village d'Avon, dans le Valais, avait disparu : on le croyait au nombre des morts de cette journée funeste. Trois mois après, et pendant la nuit de Noël, il apparaît dans son village, pâle, amaigri et couvert de haillons. Aussitôt, grand effroi partout; la porte de sa maison se ferme devant lui: les paysans cherchent un prêtre pour exorciser le revenant, qu'ils ne veulent pas reconnaître. Le spectre parvient pourtant à se faire entendre, il réussit à calmer cet émoi, et raconte ce qui lui était arrivé. Au moment de la catastrophe, il se trouvait dans une hutte de bois ; il tomba à genoux et se mit en prière. Une énorme roche s'abattit bientôt, et vint s'appuyer contre le mur au pied duquel était bâtie la cabane; cette roche, formant un abri, protégea le pâtre contre les masses qui passaient par-dessus sa tête. Quand tout fut rentré dans le calme, le pauvre homme, enterré vif sous les décombres, se mita l'œuvre pour se dégager. Il lui restait de son diner un morceau de fromage, et l'eau qui suintait à travers les pierres entassées sur sa cabane servit à le désaltérer. Au bout de quelques jours, qu'il n'avait pu compter, il put enfin sortir des ténèbres, comme Jonas sortit du ventre de la baleine. Ses yeux ne pouvaient d'abord supporter l'éclat du

jour, et il fallut les y habituer avec de grandes précautions. Il rentra enfin au sein de sa famille, témoignage vivant d'un miracle de la Providence.

On voit aujourd'hui sur le théâtre de l'événement d'énormes rochers brisés et fendillés qui barrent le chemin aux torrents de la montagne. Quelques morceaux de pâturages restés intacts, ({uelques troncs de sapins à demi noyés dans les eaux, voilà tout ce qui rappelle aujourd'hui l'existence d'un vallon jadis florissant. L'é])oulement se renouvela dans les mêmes lieux en 1749.

La montagne de Piz, située sur le territoire deTrévise, était rongée à sa base par des eaux qui s'infiltraient par toutes ses fissures. En 1772, cette montagne se fendit en deux, une partie se renversa et ensevelit trois villages. Les ruines barrèrent le chemin à un ruisseau, qui ne tarda pas à former un lac. Le reste de la montagne tomba peu de temps après dans ce lac, le fit déborder et causa dans le pays une inondation terrible.

En 1740, d'après les Ménwifes de /' Académie de Slockholm^ une pluie d'orage, qui dura huit heures, détruisit et entraîna plusieurs coUines dans l'ancienne province de Wermeland, voisine de la Norvège. Le mont Lidscheere se fendit et s'écroula; ses débris furent emportés par les eaux.

Des effets de ce genre s'observent quelquefois en Savoie. Un des événements les mieux connus est celui qui se produisit en 1751, près de Sallunches, sur la route de Gliamonix. Les neiges très-abondantes de l'hiver de 1751 s'étant mêlées aux eaux d'infiltration qui minaient depuis longtemps cette montagne, un éboulemcnt se manifesta, et 25 millions de mètres cubes de rochers tombèrent dans la vallée. Une immense quantité de poussière très-fine fut le résultat de celte chute; celte poussière mit trois jours à se dissiper. Elle ressemblait tellement à de la fumée que le i)ruit se répandit (|u'un volcan s'était ou \ cri au milieu desAlpes. Leroide Piémontenvoyasurleslieux,eten toute hùte, le géologue Donati. (^e naturaliste ai'ri\aassezàtemps pour voiries rochers continuer de s'ébouler avec un fracas terrible.

Jlorace de Saussure nous a conservé une lettre assez curieuse dans laquelle Donati donne une idée succincte de cet événement'.

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