‹ La terre et les mersChapitre 8 sur 45 · I. De S.Tissurc, Vn>ja(jc dars les Alpes, ^ \QCA · texte numérisé non relu

I. De S.Tissurc, Vn>ja(jc dars les Alpes, ^ \QCA

Les montagnes percées à jour sont une des plus curieuses bizarreries de la nature. Pierre perluis dans le Jura, le Pausilippe près de Xaples, le Monte Tafonato en Corse, le Torghat en Norvège, nous en offrent des exemples remarquables.

La colline de PausUippe^ site antique et célèbre, parce que la tradition y place le tombeau de Virgile, sélève au bord de la mer, à l'entrée de Xaples. Elle est percée de part en part, et la route de Naples à Pouzzoles la traverse en entier : c'est une sorte de tunnel de dimensions gigantesques. Celait, à l'origine, une carrière de pierres, et cest en continuant l'exploitation que Ton a fini par percer la montagne d'un bout à l'autre.

Fig. 24. Mont Tafonato.

Vers le milieu du quinzième siècle, Alphonse, roi de Naples, la fit élargir; plus tard on l'a encore agrandie et munie de soupiraux à la voûte, pour y faciliter le mouvement de l'air. Longue de près d'un kilomètre, la voie souterraine de Pausilippea trente mètres de hauteur et une largeur qui varie de huit à dix mètres. Au milieu du souterrain est une chapelle dédiée à la Vierge. C'est au-dessus de la grotte que se voit, avec les débris d'un aqueduc, ce que l'on nomme faussement le tombeau de Virgi'e.

La figure 24 représente le mont Tafonato, l'un des plus élevés de la Corse.

Formé de beau porphyre rouge, le mont Tafonato (mont troué) a 2315 mètres de hauteur; il sert de contre-fort au mont Pa~ glia-Orba, qui a 2630 mètres. Près de son sommet est une ouverture qui a plusieurs mètres de largeur et de liauteur. Lorsque le soleil a déjà disparu derrière les montagnes environ-

rig. as. Arche naluri

'iMMil clans la v.illcc di' liascau Vsic ccînlralel.

nanles, on voit tout à coup ses rayons percer à travers cette ouverture.

Nous ne saurions dire exactement la cause de cette singulière perforation du jtorphyre au sommet du mont Tafonato. Dans son Hhloire illustrée de la Corse, en cours de publication, M. rabl)é Galetti ne nous donne qu'une légende pour toute ex-

plication de ce phénomène géologique. En général, on ne saurait rien imaginer de plus plat et de plus nul qu'une légende. Dans tous les pays du monde, les légendes sont toujours et invariablement la même histoire : ce qui doit introduire une étrange monotonie dans les ouvrages où l'on s'est proposé de réunir la collection de ces récits populaires. Le diable en est le

Fig. -ib. hocljera de 1 ile Ihoulou (gollc de Si;iiii).

personnage obligé : le dia])le a ])àti un pont remarquable par sa hardiesse; le diable a élevé un rocher pesant au sommet d'une colline, etc., etc. L'abbé Galetti nous raconte que le trou du mont Tafonato a été creusé d'un coup de marteau par le démon, dans un moment de mauvaise humeur contre saint Martin. Le pire de la légende en cas pareil, c'est qu'elle faitnégli-

ger l'explication scientifique. M. Tabbé Galetti croit nous avoir contenté avec sa vieille histoire du diable et de saint Martin; M. l'abbé Galetti a tort : un peu de géologie n'aurait rien gâté.

Le Torghat, en Norvège, est percé d'une ouverture de 50 mètres de haut sur 1 kilomètre de long; à certaines époques de Tannée on voit le soleil à travers cette ouverture.

Un beau spécimen de montagne percée à jour est représenté dans la figure 25. C'est une énorme masse granitique modelée assez régulièrement en arche naturelle, dans la vallée de Bascan, au milieu des monts . Matous, sur les frontières de la Sibérie et de la Mongolie chinoise. Atkinson, dans le deuxième volume de son Voyage en Sibérie, en a donné la figure que nous reproduisons ici.

Près des rivages de la Nouvelle-Zélande se trouve une série de rochers disposés en arches sous lesquels les flots passent aux heures des marées. Le capitaine Cook nous a laissé les vues de ces curieuses montagnes percées à jour, de ces rochers aux formes bizarres, qui se rencontrent dans les mers de la Nouvelle-Zélande'.

Nous représentons dans la figure 26 un beau spécmien du même genre : ce sont des rochers qui se dressent aux bords de l'île de Thoulou, dans le golfe de Siam, et sous lesquels peuvent passer les barques.

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