‹ La terre [microforme]Chapitre 13 sur 17 · AR D RME TES · texte numérisé non relu

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souvent, le dimanche, Jacqueline venait surprendre les deux pauvres désenchantés dans leur retraite paisible.

Du dehors, comme pour chasser quelque noir fan. tôme qui l'aurit poursuivie en route et auquel elle eut voulu barrer l'accès, elle jetait un cri d’appel joyeux et familier: Ohé! Marcelle! Et cela voulait dire: tu sais, il ne faut pas que je te trouve triste; il y à trop de soleïl en ce moment ; regarde comme je suis gaie moi-même... Il faudra aussi faire sourire le père de Beaumont.

Alors Marcelle jaillissait à sa rencontre, de l’intérieur du logis ou de dessous les arbres du jardin, les bras affectuesement ouverts, et avec une figure qui répondait: Je saisis bien, va; tu n’as pas tant que ça le coeur à la joie... qu'importe, essayons de nous leurrer et d’oublier. Et dans leur ravissement com: mun de se sentir réunies, elle Parvenaient à tromper leurs pensées, à s’étourdir.

Chez le vieux de Beaumont, l'arrivée de Jacqueline répandait de même un adoucissement intérieur. En effet, depuis le jour où il l'avait vue pleurer avec tui, comme lui, à l’occasion du départ de Yves, il subsistait entre eux une espèce de complicité silencieuse, timide, inavouée. Sans réfléchir -:- la nature des larmes qu’elle avait alors versées, il avait été touché de sa sympathie à l’égal d’une caresse accordée à son fils.

Cela lui causait même quelque gêne en sa présence. Et quand il la voyait arriver, il faisait mine de se retirer discrètement sous le prétexte de ne point troubler Pintimité de ses entretiens avec Marcelle. “Les vieux, c'est si Peu amusant,” émettait-il en souriant.

Mais Jacqueline Pinterpellait doucement, Pattirait, le retenait par une allusion à l’abondance des mois-

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