CHAPITRE III
l'ouest canadien
Colombie britannique ; Yukon; les autres districts. — La Colombie britannique est un beau pays, pittoresque, riche en ressources naturelles. A l'ouest des montagnes des Cascades, le climat est doux ; entre ces montagnes qui longent la côte et les Rocheuses, le climat est plus froid l'hiver, plus sec et plus chaud Tété. Cette province est presque exclusivement anglaise. Nous n'en parlerons pas davantage d'autant plus que les provinces qui sont plus rapprochées de l'Europe présentent des avantages au moins aussi grands et même, en ce qui concerne l'agriculture, certainement plus considérables.
Nous ne nous étendrons pas non plus sur le Yukon, pays fort connu à cause de ses richesses minières, mais d'un climat très rude. Bien qu'un
certain nombre de maraîchers français aient réussi autour de Dawson, la capitale, peu de gens sans doute, sauf les amateurs d'aventures, seront tentés de suivre leur exemple.
Les autres districts sont à peu près inhabités et il est probable que l'agriculture n'y prospérera jamais, sauf dans les régions avoisinant la baie d'Hudson, vers le sud. Le climat y est beaucoup plus doux qu'on ne Ta longtemps supposé et il est à prévoir que d'ici quelques années la colonisation commencera son œuvre de ce côté; mais il est prématuré d'en parler dès à présent,
ATantages et inconvénients de l'Ouest Canadien. On donne le nom d'Ouest — ou quelquefois de Centre — Canadien, aux provinces du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta.
Ce pays, deux fois aussi étendu que la France, est une plaine immense, d'une fertilité incomparable. A l'infini se déroulent des prairies | que sillonnaient autrefois les hordes de buffalos et les tribus d'Indiens ; des lignes de chemin de fer, déplus en plus nombreuses, les traversent aujourd'hui, et de chaque côté de la voie, plus loin que l'œil ne peut porter, les fermes s'échelonnent, d'admirables champs de blé remplacent la végétation luxuriante qui paraît naturellement la terre; plus loin, paissent paisiblement les innombrables troupeaux des éleveurs, les moutons, les vaches, les chevaux,
successeurs placides du bizon sauvage. Plus loin encore, la prairie resplendit, telle qu'elle fat pendant une longne durée de siècles. Le sol, terre noire d'alluvion, profonde de trente à soixante centimètres, attend le soc de la charrue. Ici, sur d'immenses surfaces, pas de roches, pas de cailloux, pas darbres à abattre. Au lieu d'un défrichement lent et pénible, un simple cassage> selon l'expression du pays, que, peut faire, à raison d'un demi-hectare environ par jour, un homme conduisant une charrue avec deux bœufs ou trois chevaux de taiUe moyenne.
La couche d'humus provient de la décomposition de matières organiques : elle repose sur une terre glaise qui, retenant l'eau de pluie, entretient une fraîcheur favorable à la végétation. Sur ce sol fécond poussent à merveille, sans engrais pendant de longues années, le blé, l'avoine et Forge, le sarrasin, les pois, les betteraves, les tomates, les melons, les choux, etc., bref les céréales et les légumes. On s'étonne parfois que les récoltée réussissent si bien sous un climat réputé vigoureux. L'hiver, il est vrai, qui va de novembre à la an d'avril, est vraiment froid ; mais nous l'avons déjà dit d'ailleurs, ce froid est très sain et extrêmement agréable en raison de l'absence de vent et d'humidité. S'il y a de temps à autre une tourmente de neige, une « poudrerie », suivant l'ex-
pression canadienne, on en est quitte pour rester ehei soi. Le thermomètre centigrade peut parfois descendre à — 40*; la durée des grands froids est d'environ trois semaines et elle se trouve répartie en quatre on cinq périodes de quelques jours. On ne saurait trop le répéter, la sensation éprouvée ne dépend pas seulement de la température mais de l'état hygrométrique et de l'agitation de l'air. Or, c'est un fait bien établi, mille foie affirmé (par les colons d'Europe que l'hiver canadien est incomparablement plus sain que le nôtre et que tout le monde sort, va, vient, vaque à ses affaires et surtout — en raison du peu de travaux à cette époque — à ses plaisirs ; c'est le moment des réunions, des dinars, des jeux. On se couvre chaudement, et on sait se chauffer dans les maisons. Revenons à la terre : la voilà gelée et couverte d'un manteau de neige durcie. Eh bien ! Cela est excellent ; tous les cultivateurs le savent» La terre ne sera pas lavée de ses sels nitriques et, au printemps, elle conservera une humidité favorable à la végétation. C'est à la fin de mars et au début d'avril que, la neige ayant disparu, le cultivateur fait les semailles. Yoiei Fêté qui apparaît à la fin de mai, an moment des pluies. L'été est charmant ; journées très longues, à cause de la latitude, et très chaudes» l'altitude extrêmement faible du pays n'est pas étrangère à ee fait. Telle
est la quantité de lumière et de chaleur reçues par le sol à cette époque que la végétation est prodigieusement activée : le froment mûrit en trots mois. En août, c'est la moisson. On a quelquefois parlé à ce sujet de gelées précoces ; c'est une erreur : il n'y a eu, en soixante ans, au Manitoba, que quatre gelées qui aient endommagé les récoltes. Enfin, voici l'automne, saison délicieuse, pendant laquelle le cultivateur va battre son grain, le porter à 1' « élévateur » et préparer la terre pour la récolte suivante.
Là céréales et légumes poussent à l'envi et recueillent les premiers prix dans les expositions ; les fruits ne font pas défaut non plus. Fraises, framboises, cerises, groseilles, poires, mûres, prunes, cassis, raisin sauvage, tout cela vient admirablement et égayé la table du colon.
L'Ouest canadien n'est pas seulement un pays propre à la culture, il est aussi très propice à l'élevage. Chevaux, bœufs, moutons, porcs, augmentent d'année en année. Us trouvent, dans le foin sauvage des prairies, un aliment très nourrissant, supérieur aux variétés cultivées, et ils hivernent en liberté dans les régions boisées. Ainsi, beaucoup de bestiaux sont vendus à bon prix sans avoir mangé de grain ni vu une étable. L'industrie laitière se développe beaucoup, ainsi que Télevage des volailles.
La pèche et la chasse offrent au colon une ressource qui n'est pas à dédaigner et un plaisir généralement apprécié. Les cours d'eau sont nombreux et il y a une multitude de lacs surtout vers le nord ; ils sont très poissonneux : on y trouve à foison le poisson blanc, le doré, l'esturgeon, la perche, le brochet... Quant au gibier, il abonde. On voit, par troupes, la poule des prairies — mets exquis, — la sarcelle, l'oie sauvage, le canard sauvage, les outardes, perdrix, cailles, faisans, dindons... 11 y a abondance de lièvres, chevreuils, antilopes, caribous... Bref, c'est le paradis des pêcheurs et des chasseurs.
Ajoutons que si, dans certaines plaines, l'eau potable fait défaut, on la trouve toujours en creusant des puits.
Si la nature a été prodigue de ses dons dans l'Ouest canadien, l'homme s'est appliqué à les mettre à portée de tous. Une moitié des terres est offerte à titre de concessions gratuites ou homesteads par lots d'un peu plus de 64 hectares, moyennant quelques conditions indiquées ci-dessous. L'autre moitié se vend à des prix bien modérés, depuis 50 francs l'hectare jusqu'à 150 francs ou 200 francs, selon la qualité du sol et la proximité des chemins de fer. Ajoutez à cela que les impôts sont très faibles, que l'on chasse et que l'on pèche sans permis, que l'administration ne mène
pas les gens à la lisière et qu'enfin il existe, avec une honnête liberté, une véritable égalité consacrée par les mœurs.
Mais enfin, direz-vous, ce pays est donc la terre promise ? Il n'y a donc pas une ombre au tableau. N'y a-t-il jamais de fléaux? Les botes féroces ne viennent-elles pas voisiner avec l'homme qui les dépossède aujourd'hui de leur domaine?
Les trombes, les cyclones sont inconnus dans l'Ouest canadien ; mais de temps à autre s'élevaient, allumés par l'imprudence de quelques chasseurs, de terribles feux de prairies qui ravageaient tout sur leur passage. Grâce aux mesures prises par le gouvernement et par les municipalités, ainsi qu'à la colonisation progressive des plaines, ce fléau a presque complètement disparu • Si, par extraordinaire, il apparaît encore, les sinistrés sont indemnisés par le gouvernement.
Quant aux botes féroces, il n'en est pas question. Les loups de prairies sont inoffensifs, ils fuient l'homme et ne se risquent pas aux environs des fermes, sauf la nuit où ils peuvent rôder. Les ours sont fort éloignés des centres de colonisation et il faut entreprendre de véritables expéditions pour les chercher si Ton est tenté par l'amour de la chasse. Il ne me reste plus qu'à citer... les raaringouins, méchants moustiques qui, en juillet, par les années pluvieuses, sont terribles à l'ap-
LA TERRE POUR RIBN Si
proche des orages : on s'en défend en mettant des gants et en se protégeant la figure avec un voile.
On pense bien qu'une contrée aussi vaste que l'Ouest canadien ne présente pas un caractère ablument uniforme. Rappelons que lorsque l'on se dirige du sud, l'augmentation de latitude est compensée, au point de vue du climat, par la plus longue durée des journées d'été. De l'est à l'ouest, la tombée de neige diminue; mais les vents chauds d'ouest, appelés Ghinook, amènent dans l'Alberta sud un complément d'humidité. Ils adoucissent en même temps le climat, si bien que l'on parle couramment de l' ce Alberta ensoleillé ». In* diquons à grands traits les caractères spéciaux des diverses parties de l'Ouest.
Au Manitoba, les plaines sont légèrement ondulées ; le sud-ouest est passablement boisé, dans le nord et dans l'est il y a de grandes forêts ; les arbres suivent les rives des cours d'eau et enfin par endroits, dans la plaine, il y a des îles de bois, comme on dit. Les habitants comparent volontiers, dans l'Ouest, à la mer, la prairie où ondule Tété sous la brise légère l'immensité des blés : c'est le large ; continuant cette gracieuse image, les bouquets de bois deviennent des lies. La fécondité du soi, notamment de la vallée de la Rivière Rouge, la première colonisée, est proverbiale. Un détail à ce propos : on a vu, dans les expositions, des
choux de 16 kilogrammes, des navets de plus de 10 kilogrammes, des carottes dépassant 50 centimètres de longueur ! Ces légumes monstrueux ne sont sans doute pas les meilleurs; mais ils en disent long sur la richesse du sol qui les a produits. La culture et rélevage réussissent également au Manitoba.
L'Assiniboine est un ancien territoire qui forme actuellement le sud de la Saskatchewan (comprenant Regina) et une partie du sud-est de l'Alberta. La partie est, celle de Regina, est le prolongement des terres à blé du Manitoba ; un peu plus léger que dans la vallée de la Rivière Rouge, le sol est néanmoins excellent. Beaucoup de prairies et passablement de bois. La culture mixte est en honneur (céréales et élevage). La vallée de la rivière Souris contient beaucoup de charbon.
La partie occidentale, à l'ouest de Regina, est moins fertile. L'élevage succède à la culture du blé ; de grands troupeaux s'engraissent dans les prairies ou sur les coteaux que recouvre une herbe nourrissante et vivace, V « herbe à buffalos ». L'industrie laitière est le complément naturel de l'élevage. On trouve, dans la région, en abondance l'eau, le bois, le charbon.
L'ouest de l'Assiniboine présente, au point de vue du sol et du climat, les mêmes caractères que le sud de l'Alberta, bien qu'ils soient ici plus accen-
tués. Noos voici dans le domaine des éleveurs, dans le pays des « ranches » (fermes à bestiaux) où sur les hauts plateaux coupés de vallées étroites paissent, sous la surveillance des vachers ou a cowboys », d'immenses troupeaux de bêtes à cornes, de moutons, de chevaux. Ils seront là toute l'année, car ils trouveront toujours à se nourrir et l'hiver est doux. Chaque année arrivent de Test du Canada et de l'ouest des Etats-Unis, quantité de jeunes bestiaux qui s'engraissent sur les terres de l'Alberta.
En s'avançant vers le nord, à Calgary, la culture mixte apparaît. Plus loin, c'est l'admirable vallée de la Saskatchewan du Nord avec ses nombreux affluents, parmi lesquels il faut au moins citer la rivière Bataille, le futur jardin de l'Ouest, vallée admirable par son aspect riant et varié, par ses ressources de toute nature, la fécondité de son sol, de ses prairies et de ses vallons, ses richesses forestières, ses innombrables lacs et étangs, son sous-sol aussi qui livre le charbon pour un prix très modique.
La branche nord de la Saskatchewan nous conduit dans la province de même nom dont nous avons déjà brièvement décrit la partie méridionale. La partie centrale de cette province (Prince-Albert) est une région moitié prairie, moitié forêt, parsemée de lacs, très propre à la culture mixte,
54 La terre pour ri&m
fertile comme la plupart des terres de l'ouest, assez rude l'hiver, mais d'une température très égale l'été.
Ces richesses naturelles du Centre canadien, jointes à l'extrême facilité d'établissement que procurent le système des concessions gratuites, le prix modéré des terres à vendre, enfin un réseau sans cesse accru de voies ferrées qui donnent au colon le transport à bon compte, attirent une quantité considérable d'immigrants qui va en augmentant d'année en année. Jusqu'ici, malheureusement, ces immigrants sont surtout des Américains des Etats-Unis, des Anglais, des Ecossais, des Galiciens, des Russes, des Scandinaves... ; les Français, les Belges, les Suisses ne viennent qu'en petit nombre. Aussi, tandis que nous retrouvons dans la province de Québec notre propre pays, il n'en est pas de même dans l'Ouest canadien, bien que nous y soyons cordialement accueillis. L'égalité absolue qui règne entre les deux races à Québec est, dans l'Ouest, rompue à notre détriment. En conséquence de mesures que le gouvernement fédéral a eu la faiblesse de ratifier et qu'avaient prises les législations locales, les écoles publiques sont neutres au point de vue religieux et l'anglais est la seule langue officielle. Toutefois les municipalités catholiques peuvent exiger que les maîtres soient catholiques, et dans les districts
où les catholiques sont en minorité, ils ont le droit d'avoir des écoles séparées. De plus, les municipalités ont le pouvoir de faire donner dans les écoles un enseignement élémentaire de la langue française. L'enseignement n'est pas obligatoire. Ajoutons qu'il y a un grand nombre d'écoles libres congréganistes, de pensionnats religieux, de couvents-écoles. Enfin', il existe à Saint-Bonifacs un collège français tenu par les Jésuites, et qui constitue, avec plusieurs autres collèges anglais, l'Université officielle du Manitoba ; certains cours complémentaires sont donnés à Winnipeg par des professeurs du gouvernement manitobain.
On voit donc que si notre situation n'est pas ici de premier ordre [comme à Québec, elle présente cependant des garanties solides. Dans toutes les régions du pays, nous avons des paroisses françaises, des groupes d'établissements français dont il ne faut à aucun prix que le colon de langue française s'écarte, dans l'intérêt des siens, de lui-même et de sa nationalité qui est désormais celle de la race française en Amérique, la nationalité canadienne-française.* Nous avons l'appui d'un clergé puissant — curés, religieux, religieuses — pour la plupart français du Canada ou d'Europe, clergé qui, ne l'oublions pas, a été pour le Canada français» dans les heures tristes de l'oppression anglaise, on principe de vie et de résistance, passive mais
victorieuse. En outre, les Canadiens français de la province de Québec viennent de plus en plus s'établir par groupes compacts dans l'Ouest. Enfin, si Ton réfléchit que la progression des immigrants anglais — peuple médiocrement agricole — a été la suivante : en 1900, 4000; en 1901, 9000; en 1902, 13000; en 1903,42000; en 1904,50000, on peut raisonnablement espérer que l'émigration de langue française augmentera, elle aussi, dans de grandes proportions.
J'ai dit — et Ton ne saurait trop insister sur ce point — que les colons français, belges ou suisses, doivent s'établir seulement à proximité des paroisses canadiennes- françaises. Us en trouveront dans toutes les directions, avec tous les caractères ou les avantages qu'ils pourront désirer. Us n'auront donc que l'embarras du choix. Afin de les renseigner sur ce sujet, je vais donner ci-dessous une liste, aussi complète que possible, des paroisses et des missions de langue française. Lorsqu'une localité y figure, cela ne signifie pas qu'elle est ou exclusivement, ou en majorité française. Cela veut dire que le culte y est célébré soit régulièrement (si elle est paroisse), soit (si elle est mission) à intervalles plus ou moins éloignés, d'ordinaire tous les mois, par des prêtres de langue française. J'y joins l'indication des écoles (1) catholiques,
(1) Les Académies sont des institutions d'enseignement secondaire.
laïques ou congréganistes, où le français est enseigné conjointement à V anglais. Ces renseignements, outre qu'ils sont .précieux par euxmêmes, permettent d'apprécier quelle est, dans une localité, l'importance de l'élément français, lors même qu'il n'en est pas expressément question. Ainsi, lorsqu'on voit que Medicine-Hat, ville d'environ 3*000 habitants, possède une église mais pas d'école, on en conclut que l'élément français ne dé* passe pas quelques centaines de personnes. Au contraire, Saint-Laurent est un village doté d'une église et de plusieurs écoles congréganistes ; il n'y a donc pas à douter que l'élément français y soit prépondérant ; et, en effet, la population est surtout composée de métis français.
La plupart des localités sont dotées d'uu bureau de poste ; il faut faire exception pour celles qui sont éloignées de tout centre habité ; ce sont généralement des missions, et leur situation excentrique est suffisamment visible sur la carte.
Divers autres renseignements sont fournis sur bon nombre des missions et des paroisses.
J'ai adopté dans cette énumération un ordre géographique.
Vallée de la Rivière Rouge (Manitoba). — La Rivière Rouge passe à Wiunipeg et se jette dans le lac de même nom. Elle égoutte un pays extrêmement fertile et qui a été colonisé en premier
lieu. La terre est noire, riche en matières organiques. Cultures : blé, avoine, orge, légumes ; foin naturel, chaque fermier en recueille amplement pour l'entretien de ses animaux l'hiver. L'élevage des chevaux, bètes à cornes, moutons, cochons réussit très bien ; l'industrie laitière a pris une grande extension. Peu de bois, sauf dans le voisinage de Winnipeg. Abondance d'eau.
Winnipeg. Au conûuent de TAssiniboine et de la Rivière Rouge. Grande ville qui se développé très rapidement. Environ 100 000 h. Nombreuses lignes de chemins de fer. Plusieurs écoles congréganistes (Académie Sainte-Marie, écoles des Saints-Anges, des Frères de la Société de Marie, de l'Immaculée- Conception, école des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie) ; un orphelinat pour les garçons une maternité.
Saint-Boni face. Petite ville française de 3 500 habitants ; faubourg de Winnipeg, au confluent de la Seine et de la Rivière Rouge ; archevêché, chemin de fer, télégraphe.
Plusieurs écoles congréganistes, élémentaires; pensionnat de jeunes filles ; Académie Provencher pour les garçoDS (Frères de la Société de Marie) ; école industrielle, cours commercial (Frères de Ploërmel) ; collège Saint-Joseph (Jésuites).
Hôpitaux ; hospices pour les orphelins, les vieillards.
LA TBRRfi POUR HliN 59
Loretta. Chemin de fer; télégraphe. Eglise; cou. vent-école. On a du bois facilement; excellente eau. Culture et éleyage. La paroisse est sur la rivière la Seine, affluent de la Rivière Rouge. Fromagerie coopérative.
Entre Lorette et Saint-Boniface, se trouve le groupement de La Seigneurie. À l'ouest de Lorette est Y lie aux Chèvres qu'occupent un assez grand nombre de Belges.
Sainte-Anne des Chênes. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise ; couvent-école. La plus ancienne paroisse française du Manitoba. Mêmes avantages qu'à Lorette ; comme elle, située sur la Seine.
De là est desservie la mission de Sainte-Geneviève*
A 14 kilomètres au sud de Sainte-Anne est situé Saint-Julien de Chambord. Ecole. Même sol qu'à La Brocquerie.
La Brocquerie. Chemin de fer; télégraphe.
Eglise ; école. Sur la Seine. Sol plus léger, plus sablonneux qu'à Sainte-Anne, mais très bon. Eau et bois en abondance ; poisson et gibier.
A l'est de Sainte- Anne, à la lisière de la forêt se trouve la colonie de Calédinia; et, entre les villages de Sainte-Anne et de La Brocquerie, celle de Qiroux.
Bedford. Mission desservie de Woodridge.
Woodrige. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise.
Au sud, sur la voie ferrée, Badger et Vasseur, missions.
En descendant la vallée de la rivière Rouge, on trouve.
Emerson. Sur la rivière Rouge. Chemin de fer.
Sainte-Pie et Letellier. Sur la rivière Rouge. À Letellier, chemin de fer ; télégraphe. Eglise ; couvent-école. A proximité se trouve :
Saint-Joseph. Eglise ; école.
Dans ces dernières paroisses, sol de première qualité, tout en prairies, pâturages excellents.
Saint-Jean-Baptiste. Sur la rivière Rouge.
Chemin de fer ; télégraphe. Eglise ; écoles congréganistes.
Importante paroisse rurale; la culture du blé réussit fort bien. Société d'agriculture.
De Saint-Jean-Baptiste dépend la mission de
Morris, sur la rivière Rouge. Chemin de fer ; télégraphe.
A 14 kilomètres au sud-est, se trouve
Sainte-Elisabeth, où le sol est excellent pour l'élevage. Eglise.
Arnaud. Chemin de fer.
DufrosU Chemin de fer, télégraphe.
Saint-Malo, sur la rivière aux Rats. A 6 kilomètres de Dufrost. Eglise; école congréganiste.
Saint-Pierre, sur la rivière aux Rats, A 9 kilomètres d'Otterborne. Eglise ; écoles congréganistes* Dans ces deux paroisses, l'industrie laitière et l'élevage — sans parler du blé — donnent de très beaux résultats.
Entre ces deux villages se trouve
La Rochelle.
Otterburne, sur la rivière aux Rats. Chemin de fer ; télégraphe.
Aubigny {Saint-Antoine <T), sur la rivière Rouge. Station la plus rapprochée» Morris, à 15 kilo-* mètres. Eglise.
Sainte-Agathe, sur la rivière Rouge. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise ; couvent-école. Site pittoresque; sol fertile; bois le long de la rivière.
Nivervillè. Chemin de fer.
Royal, sur la rivière Rouge.
Isle des Chênes. Eglise.
Saint-Adolphe, à 24 kilomètres de Winnipeg.
Eglise ; couvent-école.
Cartier, sur la rivière Rouge ; chemin de fer \ poste à Saint-Adolphe. Couvent de missionnaires.
La Salle, sur la rivière du même nom. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise.
Saint-Norbert, sur la rivière Rouge. Chemin de fer; télégraphe.
Eglise ; asile ponr les enfants trouvés ; couventécole. Monastère des Trappistes.
L'une des paroisses françaises les plus anciennes et les plus peuplées.
Saint-Vital, situé sur les deux rives de la rivière Rouge. A proximité de Winnipeg. Dans toute la banlieue de la capitale, la culture maraîchère et la laiterie sont rémunératrice.
En descendant la rivière Rouge, on trouve
Selkirk. Chemin de fer, télégraphe. Un missionnaire y réside.
Piguis, desservi de Winnipeg.
Beauséjour, à l'est de Selkirk ; desservi de cette localité. Chemin de fer. Au nord-est est la mission du Lac du Bonnet sur la rivière Winnipeg.
Cross Lake (ou lac La Croix), sur la même ligne, à une centaine de kilomètres à l'est. Eglise.
Saint-Qeorges de Châteauguay (nom du bureau de poste, Fort Alexandre), à l'embouchure de la rivière Winnipeg. La station de chemin de fer la plus rapprochée est le Lac du Bonnet, sur la môme rivière, à 28 kilomètres environ. Eglise.
Terre boisée. Bois giboyeux, rivière poisonneuse.
A l'Ouest de Winnipeg. — A l'ouest de la capitale s'étend une région constituée principalement par la vallée de l'Assiniboine. En la parcourant jusqu'à une distance de 150 kilomètres envi-
Là TERRE POUR BIEN 63
ron à vol d'oiseau, on note les localités suivantes:
Saint-Charles. Chemin de fer. Eglise. Ali kilomètres de Winnipeg.
Saint-François-Xavier. Eglise ; couvent-école. A 32 kilomètres de Winnipeg.
Baie Saint-Paul, sur TAssiniboine.
Reaburn. Chemin de fer.
Portage -la-Prairie. Chemin de fer ; télégraphe.
Eglise. Ville de plus de 5 000 habitants (300 catholiques).
Saint-Eustache. La station la plus rapprochée est Marquette, à 13 kilomètres. Eglise ; couventécole.
On fait beaucoup d'élevage à Saint-Eustache.
A quelques kilomètres au nord-est est situé :
Pigeon-Lake.
Elie.
Mission desservie de Saint-Eustache ; école congréganiste.
Fannystelle. Chemin de fer; télégraphe. Eglise. Cette colonie, fondée par des Français, contient des terres d'excellente qualité.
Eaywood. Chemin de fer.
Saint-Claude. Chemin defer ; télégraphe. Eglise ; couvent; école paroissiale. Cette paroisse a été fondée presque entièrement par des colons de France, dénués de ressources et aujourd'hui prospères*
Rathwell. Chemin de fer. Mission desservie de Notre-Dame-de-Lourdes.
Treherne. Chemin de fer.
Bruxelles. Station la plus rapprochée, Rolland à 16 kilomètres. Eglise.
Saint- Alphonse. Station la plus rapprochée, Cypress River, 13 kilomètres. Eglise ; école paroissiale.
Mariapolis. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise. Dans ces trois dernières colonies, il y a un grand nombre de Belges et de Français.
Beaconsfield, sur une petite rivière.
Notre»Dame-de-Lourdes. Station la plus rapprochée, Rathwell, à 13 kilomètres. Eglise; école paroissiale.
Colonie très prospère fondée par les Chanoines réguliers de l'Immaculée-Conception. Elle comprend un grand nombre de Français, beaucoup de Suisses et quelques Belges. Pays accidenté et boisé. Particularité: Pélevage des abeilles y est en honneur et réussit fort bien.
Somerset. Point de jonction de deux voies ferrées. Desservi de Saint-Léon.
Altamont. Chemin de fer. Desservi de Saint- Léon.
Saint-Léon. Station la plus rapprochée, Somerset, à moins de 2 kilomètres. Eglise ; école paroissiale. Somerset est desservi de Saint-Léon. Entre
Somerset et Notre-Dame-de-Loordes, les terres sont très bonnes.
ikramfow.Desservi de Saint-Léon. Chemin de fer.
Environs des lacsManitoba et Winnipegotis. — Saint-Laurent. Chemin de fer; télégraphe à, Reaburn, à 40 kilomètres. Eglise ; écoles congreganistes. Le village est situé à quinze cents mètres du lac Manitoba et adossé à une forêt. Elevage, fabrication du beurre et du fromage ; chasse et pêche. Excellente ean. Le bord du lac est ravissant, le sable très fin. Saint-Laurent est destiné à devenir la plage à la mode de Winnipeg.
De là sont desservies plusieurs missions.
Lake Francis. A quelques kilomètres de la Manitoba.
Mac Creary (ou Canadavillé) ; Desservi de Laurier. Chemin de fer.
Laurier. Chemin de fer; télégraphe. Eglise.
Ecole.
Beaucoup de Français et de Belges dans cette localité. Pays excellent pour la culture mixte. A proximité, montagne fournissant le bois pour la construction.
Makinak. Chemin de fer. Eglise ; école congreganiste ; orphelinat.
Sainte-Rose-du-Lac. Station la plus rapprochée, Makinak, à 16 kilomètres. Eglise ; école congreganiste.
Dauphin. Chemin de fer. Mission desservie de Makinak. Dans la région à l'ouest du lac Dauphin, il y a un grand nombre de Polonais et de Galiciens.
Plus au nord, on arrive à
Rivière aux épinettes (nom de la station et du bureau de poste, Pine-River). Chemin de fer. Eglise ; école-pensionnat.
De là sont desservies plusieurs missions, entra autres Winnipegosis sur le lac de même nom, rive sud, à l'extrémité d'un embranchement de chemin de fer.
De Brandon à Régina. — Brandon. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise ; école congréganiste.
Ville de 8 000 habitants. La « capitale des blés > est bâtie en amphithéâtre sur la rive sud de l'Assiniboine.
Au sud-ouest de Brandon^ à 40 kilomètres environ, se trouve la grosse localité de Souris, située sur la rivière de même nom et sur la voie ferrée. C'est une mission desservie de Brandon.
Margaret. Chemin de fer.
Saint-Félix de Dunrea. Station la plus rapprochée, Margaret à moins de 10 kilomètres.
Eglise.
Au sud se trouve la grosse localité de Boissevain, desservie de Saint-Félix. Chemin de fer.
Deloraine. Chemin de fer. Mission desservie de Saint-Félix.
LA TBRRfi POUR RIKN 67
Lauder. Chemin de fer.
Orande-Clairière. Station la plue rapprochée, Findlay, à 10 kilomètres. Eglise ; école congréganiste.
Colonie fondée par H. l'abbé Caire, prêtre français d'Alsace.
Leleauy desservi de Grande-Clairière, Chemin de fer.
Lac des Chênes (nom de la station et du bureau de poste, Oak Lake). Chemin de fer ; télégraphe. Eglise.
Bellegarde (Saint-Maurice de). Eglise ; école paroissiale.
Colonie fondée par M. l'abbé Gaire, ainsi que celle, à 30 kilomètres au sud-ouest, de Saint-Raphaël (bureau de poste Cantal) qui possède une église. Signalons à quelques kilomètres de Saint- Maurice la colonie de Saint-Michel.Un grand nombre de colons viennent de Belgique ou de France.
Redvers. Chemin de fer.
A quelque distance de Redvers, se trouve la jeune paroisse de Saint-Antoine des Prairies. Eglise. Canadiens-français.
Wauchope. Chemin de fer. Eglise.
Colonie fondée par M. l'abbé Gaire.
Estevan. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise ; école congréganiste.
Willowbunch (ou Saint-Ignace des Saules). Sta-
tion la plus rapprochée, Moose Jow (à l'ouest de Régina), à 130 kilomètres environ. Eglise. Canadiens-français. Bonnes terres à prendre.
Forget. Chemin de fer. Eglise ; couvent-école. L'ancien nom de cette colonie est Aima. Aima et Wauchope sont aux extrémités sud-ouest et sudest du district de la Montagne de l'Original, parsemée de lacs, et qui fournit en abondance gibier et poisson. Ce sont des colonies où vivent beaucoup de Français et de Belges.
Highmew. Station la plus rapprochée, Arcola, à 40 kilomètres. Mission desservie de Saint-Hubert. Colonie à la base nord-est de l'Orignal. L'élevage de gros bétail réussit très bien.
A 20 kilomètres plus à l'ouest se trouve le groupement de
Flet Wood desservi aussi de Saint-Hu-bert.
Fort Ellice. Sur la rivière Assiniboine, comme la localité suivante dont il est très rapproché et avec laquelle il forme une seule paroisse.
Saint-Lazare. Station la plus rapprochée, Birtle, à 10 kilomètres. Eglise.
Moosomin. Chemin de fer. Gros village, desservi de Saint-Hubert.
Kaposvar. Station la plus rapprochée, Whitevood, à 5 kilomètres. Eglise. Surtout des Hongrois.
Whitewood. Chemin de fer. Desservi de Saint- Hubert.
Esterhazy, au nord de Whitewood. Chemin de fer. Eglise. Canadiens-français, Anglais et Tchèques.
Saint-Hubert (Bureau de poste à Whitewood).
Eglise ; couvent-école. Colonie composée en grande partie de Belges et de Français, très florissante.
Broadview. Chemin de fer. Eglise.
Sumfwer'&eTTy.Chemindefer.Desservi de Wolseley.
Wolseley. Chemin de fer. Eglise ; couvent-école. Canadiens-français et Anglais.
Montmartre. Station la plus rapprochée, Sintalota, à 40 kilomètres.
Eglise. Culture mixte. A 22 kilomètres, au nordouest, le joli Lac Marguerite ; élevage. Ces deux colonies ont été fondées par des Français.
De Montmartre est desservie la mission de Bon» secrarsprochainementparoisse.Ganadiens-français.
Sintaluta. Chemins de fer. Desservi de Wolseley.
Entre Sintaluta et Régina est la station allemande de Balgonie à proximité de laquelle est Saint-Paul, mission.
Le gros village tflndian Head, première station à l'ouest de Sintaluta, possède une église. L'influence française y est forte.
Qu'Appelle. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise ; école paroissiale ; écoles industrielles congréganistes. Beaucoup de Canadiens-français.
Lebret. Station la plus rapprochée, Patrick, à 40 kilomètres.
Montagne de Tondre (nom du bureau de poste Touchwood Bill). Eglise; école congréganiste pour les sauvages. Station la plus rapprochée, Lipton à environ 50 kilomètres»
Fort Pelly (Bureau de posté, Cote). Station la plus rapprochée, Kamsach à 45 kilomètres. Eglise ; école.
Régina. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise ; couvent- école.
A égale distance de Régina et de Medicine-Hat, Sur la voie ferrée, située sur une petite rivière, se trouve Swift Ouvrent. Eglise.
La Région de Prince-Albert. — Prince- Albert. Chemin de fer ; télégraphe. Evèché ; cathédrale ; séminaire ; écoles congréganistes ; académie ; asile ; orphelinat ; école-pensionnat pour les Indiens ; école catholique laïque.
Saint-Louis, à quelques kilomètres de Duck Lake (Lac-aux-Ganards), qui est une station.
Eglise ; pensionnat-école congréganiste. Sol relativement léger ; récoltes généralement bonnes.
Domrèmy. La station voisine est aussi Duck Lake. Eglise ; pensionnat-école congréganiste. Paroisse bien française. Terre très bonne ; blés superbes, excellents pâturages. Puits nécessaires dans une partie du district. A quelque distance au nord-est, la Montagne Bouleau, sol excellent, mais broussailles rendant le cassage plus difficile.
Bonne-Madone (Paroisse de Lac Croche).
Eglise. Sol d'une fertilité extraordinaire.
An nord-est Kinistino, chemin de fer ; colonie florissante.
Flett Springs (paroisse Saint-Augustin). Eglise* Très bonne terre, eau abondante.
A quelque distance de Flett Springs % sur les bords du lac Lenore, est situé Saint-Brieicc, colonie fondée par M. l'abhé Yves Lefloch, prêtre breton. Station la plus rapprochée, Melfort, & 40 kilomètres»
Entre Flett Springs et Batoche, les colonies de Lafontaine, chapelle, et de Bellexme : Eglise, école laïque catholique. Bonnes terres.
Batoche. Station la plus rapprochée, Duck Lake. Eglise ; école catholique.
Alvena. Eglise; école-pensionnat congréganiste.
Saskatoon. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise.
Vonda. Chemin de fer. Mission desservie de Howell. Terrain plat, bien égoutté. Jolis lacs à proximité. Ce nouveau village est très prospère*
HowelL Chemin de fer. Eglise ; couvent-école ; pensionnat congréganiste. Paroisse toute récente, bien, française ; excellente situation.
Rosthem. Chemin de fer ; télégraphe. Desservi de Fish Creek (Alvena). 11 y a ici une colonie galicienne.
Duck Lake (ou Lac-aux-Canards). Chemin de
fer ; télégraphe. Eglise ; école publique catholique, j Ecole industrielle pour les sauvages. |
Plateau fertile, à la lisière d'une vaste forêt j d'épinettes, à proximité de la Saskatchewan. Site pittoresque. Véritable petite ville. Beaucoup de j Français y sont établis. !
Carleton. Station la plus rapprochée, Duck ' Lake. Eglise. Colonie fondée par des familles de France qui ont fort bien réussi.
Lac Markeg, bureau de poste d'Aldina. Eglise.
Battleford. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise ; école publique catholique.
De là est desservie, au sud, la mission de la Montagne d'Aigle,
Bresaylor (connu aussi sous le nom de Thunderchild). Chemin de fer. Eglise ; école congréganiste. Au nord se trouve
Rivière Tortue. Eglise.
Lac au Brochet (ou Jackfîsh). Eglise. A 25 kilomètres de Battleford. On y fait beaucoup d'élevage. Un groupe d'Anglais est installé dans cette localité.
Green Lake (ou Lac Vert). Eglise.
Lac à la Poule d'eau, au nord du Lac Vert, duquel il est desservi.
Ile à la Crosse. Au nord du lac précédent. Eglise. Ecole congréganiste. De là sont desservies diverses stations.
LÀ TERRE POUa BIEN 73
Lac Dwé. A Test du lac à la Poule d'eau ; desservi du Lac Vert.
Cumberland. Sur la rivière Saskatchewen. A 250 kilomètres environ à Test de Prince-Albert. Eglise ; école catholique laïque.
Lac Cedar (ou Lac des Cèdres). Desservi de Gumberland dont il est distant de 450 kilomètres à Test environ.
Grand Rapids (ou Le Grand Rapide). Desservi de Gumberland. Situé à Test du Lac des Cèdres. Alberta sud. — Medicine-Hat. Chemin de fer.
Eglise. Ville de 3 000 habitants.
Lethbridge. Chemins de fer. Eglise; couventpensionnat. Ville de 3 000 habitants.
Macleod. Chemin de fer. Eglise.
Pincher. Chemin de fer. Eglise ; couvent-pensionnat.
Blairmore. Chemin de fer. Eglise.
Claresholm. Chemin de fer. Desservi d'Okotoks.
Stavely. Chemin de fer. Desservi d'Okotoks.
Nanton. Chemin fer. Desservi d'Okotoks.
High River. Chemin de fer. Desservi d'Okotoks.
Okotoks. Chemin de fer. Eglise.
Midnapore. Chemin de fer. Desservi de Calgary.
Calgary. Chemin de fer; télégraphe. Eglise; hôpital ; couvent-pensionnat ; école congréganiste.
Ville de plus de 10 000 habitants. La capitale des éleveurs.
Lan g don. Chemin de fer. Desservi de CeJgary,
Gleichen. Chemin de fer. Desservi de Blackfoot Crossing (réserve indienne).
Canmore. Chemin de fer. Desservi de Banff.
Banft. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise»
Laggan. Chemin de fer. Desservi de Banff.
Airdrie. Chemin de fer. Desservi d'innisfail,
Crossfield. Chemin de fer. Desservi d'innisfail.
Carstairs* Chemin de fer. Desservi d'innisfail.
Olds. Chemin de fer. Deservi d'innisfail.
InnisfaiL Chemin de fer ; télégraphe. Eglise.
Alberta nord. — Penhold. Chemin de fer.
Desservi d'innisfail.
Red Deer. Chemin de fer. Desservi d'innisfail. Gros village de 1 500 habitants. Paysage gracieux, prairies et forêt.
Blackfalds. Chemin de fer. Desservi d'innisfail.
Lacombe. Chemin de fer. Desservi de "Wetaskiwin. Gros village de plus de 1 400 habitants.
Momingside. Chemin de fer. Desservi do Wetaskiwin.
Lac du Bison. Mission desservie de Duhamel.
Notre-Dame de Savoie. A 110 kilomètres de Lacombe. Aura bientôt le chemin de fer. Eglise. Bureau de poste. Colonie fondée par M. l'abbé J. Ferroux, prêtre de Savoie, sur les bords d'un ruisseau du nom de Vermillon. Sol très riche; eau bonne et abondante ; çà et là des lacs ; district
giboyeux. Grand avenir dans cette région pour les Français.
Ponoka.Chemin de fer. Desservi de Wetaskiwin.
Wetaskiwin. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise. Petite ville (2 600 habitants).
Duhamel. A 45 kilomètres de Wetaskiwin. Sera bientôt à proximtté d'une voix ferrée. Eglise.
Lac du Butor. Desservi de Duhamel.
Millet. Chemin de fer. Desservi de Wetaskiwin.
Leduc. Chemin de fer. Desservi de Wetaskiwin.
Beautnont (Saint- Vital de). Eglise ; école.
Strathcona. Chemin de fer. Eglise. Petite ville de 3 200 habitants.
Edmonton. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise ; écoles ; couvent-pensionnat. Hôpital ; hôpitalmaternité. Ville de 6 500 habitants dominant pittoresquement la belle rivière de la Saskatchewan Nord.
Saint-Albert. A 14 kilomètres d'Edmonton. Evêché. Cathédrale ; écoles congréganistes et orphelinat.
Rae. Eglise. A une dizaine de kilomètres de Saint-Albert.
Villeneuve. Eglise. A une trentaine de kilomètres d'Edmonton.
Lac Sainte-Anne, Eglise.
De là sont desservies les missions du Lac Blanc et de la Grande Ile.
Rivière-qui-barre. Eglise. De là sont desservies les missions de Saint-Charles et du Lac La Nonne.
Morinville. Télégraphe. Eglise ; couvent-pen sionnat.
A 33 kilomètres d'Edmonton. On cultive beaucoup l'avoine et les pommes de terre qui ont un bon débouché dans les régions minières de la Colombie britannique. Sol des plus riches ; bois et prairies ; végétation luxuriante. A proximité du lac des cerfs et de la rivière à l'Esturgeon. A quelques kilomètres, une mine de charbon. Village exclusivement français.
Légal. Eglise.
Fort Sasketchewan. Desservi de Végreville.
V Amoureux. Eglise.
Lac Castor. Desservi du lac Bon-Poisson.
Végreville. Chemin de fer ; télégraphe. Eglise.
Cette localité se développe beaucoup. Depuis l'ouverture du chemin de fer, un nouveau Végreville s'est construit près de la station.
Lac Itou/eau (BirchLake).Desservi de Végreville.
Brosseau. Sur la Saskatchewan. Mission desservie de Végreville; école. Sol ondulé; culture mixte ; lacs très poissonneux à proximité. Colonie toute récente.
Au nord, à 30 kilomètres se trouve :
Lac La Selle. Eglise ; école-pensionnat pour les Indiens.
Saint-Paul des Métis. Eglise ; couvent-école
Lac de la Grenouille. Desservi du Lac d'Ognon, ainsi que les missions du Lac en long, Lac d'OrU gnal et Lac des Iles.
Lac froid. Eglise.
A l'ouest du Lac Froid, prôe du coude formé au sud par l'Athabasca, est la paroisse du Lac La Biche. Couvent-école.
Nous allons maintenant examiner comment procède le colon pour établir une ferme et> en premier lieu, comment il se procure le capital nécessaire s'il ne le possède pas.
Comment on acquiert rapidement un petit capital. — En Rengageant comme garçon de ferme. Tout homme valide et laborieux est sûr de trouver de l'ouvrage en se présentant dans les fermes l'été. Il peut se faire embaucher à Tannée ou au mois ; le [mieux est de n'accepter au début qu'un engagement mensuel afin de pouvoir partir en cas de désaccord. On est logé et nourri ; bonne et copieuse nourriture. A titre d'exemple, voici la composition des trois repas que prenait un jeune homme français : soupe,plat de viande, pommes de terre et beurre, confitures, miel, tarte aux fruits. L'été, les prix sont très notablement plus élevés que l'hiver (quatre mois), où il n'y a pour ainsi dire pas de travail. Voici les prix moyens. A la journée, été 9 francs, hiver 3 francs. Au mois, été
125 francs, hiver 40 francs. Les prix indiqués pour Tété sont une moyenne relative à cette saison et aux deux autres saisons plus courtes des travaux agricoles, printemps et automne; pendant la moisson, les prix augmentent. Pour une année entière, le salaire est d'environ 1 100 francs. Celui qui ignore la culture doit naturellement s'afc* tendre à être moins payé le premier mois.
En dehors des soins strictement nécessaires aux animaux, on ne travaille pas le dimanche.
Les nouveaux colons ont tout intérêt, même lorsqu'ils ont les capitaux nécessaires pour s'installer de suite, à travailler ainsi dans une ferme pendant une année ; car ils apprennent de cette façon les modes de culture les plus pratiques de leur nouvelle patrie. Il ne faut pas que la vanité de celui qui a toujours été son maître soit blessée d'une situation subalterne qui n'est d'ailleurs que provisoire. L'engagé n'est pas un serviteur dédaigné, une personne de condition inférieure et qui fatalement y restera rivée. Non! L'engagé est Tégal du fermier avec lequel il a un contrat de travail et il est traité par lui avec une parfaite cordialité, comme un membre de la famille. Ce fermier, hier venu d'Europe, était pauvre et luimême au service d'autrui. Aujourd'hui, il est dans l'aisance. Mais demain son engagé, à son tour, sera seigneur dans son domaine. Ainsi naissent.
avec un amour reconnaissant pour la terre nourricière, un sentiment de douce fraternité entre tous ces hommes et une habitude de vivante égalité.
Un bon engagé à Tannée met facilement six à sept cents francs de côté. Il est aisé de faire des économies plus considérables ; on s'embauche dans nne ferme seulement de mars à novembre; et, l'hiver, on travaille sur les chantiers, dans les forêts, nourri et logé, moyennant un salaire d'environ 150 francs par mois. (Test dans des conditions analogues que les ouvriers sont engagés, Tété, pour les chemins de fer en construction ; mais, le futur colon sera plus avisé en travaillant à la culture.
Las hommes qui possèdent un métier gagnent d'excellentes journées dans les villes. Disons d'abord que les pensions, modestes bien entendu, coûtent de 3 à 4 francs par jour, au plus. Or, les peintres gagnent de 1 fr. 2a à 1 fr. 75 l'heure, les décorateurs de 2 à 3 francs, les charpentiers, menuisiers de 12 à 18 francs par jour, les maçons et tailleurs de pierre de 15 à 25 francs, etc..
Les servantes de ferme gagnent de 50 à 60 francs logées et nourries, et les cuisinières de 75 à 100 fr. et plus, selon leur capacité.
Etablissement d'une ferme. — Rappelons qu'en dehors des concessions gratuites de 64 hectares, il y a quantité de terres à vendre. Leur prix varie naturellement selon leur bonté, la
proximité du chemin de fer et leur état de culture; ajoutons qu'il augmente, à conditions égales, d'année en année, à cause de l'afflux des immigrants et de la perspective assurée d'une hausse continue jusqu'à ce qu'il corresponde à leur valeur réelle.
Une terre non cassée (prairie naturelle) se vend à 100 francs l'hectare en moyenne.
Le capital nécessaire pour commencer l'exploitation d'un lot dépend évidemment de l'endurance du colon. On peut établir le compte approximatif que voici :
Une très modeste maison .... à partir de 500 fr.
Une étable (pour mémoire), mobilier » 300 »
Un chariot à 4 roues > 400 »
Charrue et herse » 200 »
Faucheuse et rateleuse > 400 »
Une paire de bœufs ou une paire de
chevaux et harnais » 700 »
Animaux de ferme (2 vaches et
veaux, etc > 500 »
Provisions pour au moins une année. » 500 >
Total 3500 fr.
Les dépenses paraissent constituer un minimum, et cependant bien des colons courageux ont débuté sur leurs terres avec moins encore. Quelques explications sont ici nécessaires :
La maisonnette que construisent l'immense majorité des colons lors de leur installation est très chaude. On l'établit directement sur le sol qui, généralement, est dépourvu d'humidité. Elle est
formée de troncs d'arbres superposés, entaillés aux extrémités de manière [à s'emboîter les uns avec les autres d'une façade à l'autre ; les vides sont remplis avec de la terre grasse pétrie ou, mieux, avec de la chaux. C'est l'affaire de quelques jours de construire ce logis. Il est aisé de trouver un homme du métier qui s'en charge.
Les Américains (immigrés des Etats-Unis) préfèrent bâtir avec des briques de terre. On coupe le premier banc soulevé par la défricheuse en blocs dont les dimensions sont de 1 mètre, m ,50, m ,08. Formés de terre et de radicelles d'herbes de la prairie, ils sont très solides et l'été les parois se couvrent d'une agréable verdure.
On construit aussi, sur un fondement en maçonnerie, à une certaine hauteur au-dessus du sol, des maisons en charpente. C'est ce que font au bout de quelques années les colons qui ont débuté avec le strict nécessaire. Pour une habitation de quatre pièces, le coût est de 2 à 3 000 francs.
On peut faire soi-même la première étable en tourbe ; elle sera très chaude ; le travail est facile et la dépense nulle.
La prairie naturelle fournit le fourrage nécessaire aux animaux.On peut les laisser dehors l'hiver dans les endroits abrités ; on garde près de soi les vaches et les animaux de trait, seuls animaux, avec quelques volailles,que le colon pauvre possède au début.
Le cassage (premier labour) est facile. On le fait avec une charrue et une paire de bœufs ou trois chevaux de taille moyenne, à raison de 50 ares par jour. Si Ton fait exécuter ce défrichement par des gens pourvus de l'outillage nécessaire, il revient & environ 30 francs l'hectare.
Si ce travail a été effectué de bonne heure, on peut obtenir une récolte dès la première année ; mais le mieux est de s'en tenir à la culture des légumes, parce que la terre est encore en grosses mottes auxquelles il faut laisser le temps de s'ameublir.
En général, on ne construit ni granges, ni hangars. On porte les récoltes, aussitôt faites, aux élévateurs, qui sont de grands magasins établis dans toutes les localités un peu importantes.
Le prix des provisions d'une année indiqué cidessus suffirait pour plusieurs personnes, si l'on veut chasser ou pécher.
Nous avons déjà dit que gibier et poisson sont extrêmement abondants.
Il sera sans doute utile d'indiquer ici les prix moyens de divers instruments aratoires et des animaux de ferme :
Charme simple 125 fr.
Charrue double à deux sillons (4 chevaux,
i conducteur, laboure 80 ares par Jour) . 300 » Herse ....... ....*. . 75 »
Faucheuse 250 »
Râteau 125 »
LA fBRftÈ P0OR RIEN 83
Moissonneuse-lieuse . < 650 »
Semeuse i . . . . 200 à 400 »
Charrette à 2 roues 90 »
Chariot pouvant porter 2 000 kilog. ... 350 »
Broyeuse-déchiqueteuse ;20 »
Crible 425 »
Ecrèmeuse 350 >
Harnais simple 75 »
Harnais double 150 »
Chevaux non domptés, la paire 400 »
Chevaux domptés, la paire, au moins. . . 1 000 »
Bo&ufs domptés, la paire 350 »
Vaches à lait 200 »
Génisse de deux ans 100 »
Gros porc 50»
On sera probablement surpris du travail de la charrue à deux sillons. Que dire alors de la semeuse, de 3 m ,50 de largeur, à quatre chevaux, qui sème 16 hectares par jour !
Le rendement moyen à l'hectare et en hectolitres est pour le blé, 20 ; l'avoine, 50 ; l'orge, 25 ; les pommes de terre (appelées là-bas patates), 300*
Tous frais déduits, le blé rapporte au fermier 100 francs à l'hectare. Une bonne récolte lui paye le prix de sa terre, s'il s'agit d'un lot acheté.
On ne peut comparer la culture dans l'ouest à celle de France ou de Belgique. Les terres arables sont d'un seul tenant ; pas d'engrais ; en certaines régions du Manitoba, le sol n'a pas reçu d'engrais depuis trente ans et le rendement est toujours le même. Les instruments agricoles sont d'une taille et d'une puissance remarquables ; mais cet outillage coûte cher ; aussi le colon pauvre ne peut-il pas commencer par la production exclusive des grains.
D'ailleurs, la culture mixte est généralement préférable pour tous les agriculteurs.
Tous les produits de la ferme, outre qu'ils profitent largement au fermier et à sa famille, sont d'une excellente vente, soit à cause de la proximité de marchés miniers, comme cela a lieu pour l'Alberta, soit en raison du voisinage de villes déjà importantes, comme dans le Manitoba. Le colon s'attache donc à posséder un jardin potager bien entretenu et une bonne basse-cour ; il porte une attention particulière à l'élevage des porcs qui sont en grande demande. Enfin il constitue peu à peu un troupeau à frais médiocres ; Tété, les animaux pâturent dans les prairies naturelles, on trait les vaches deux fois par jour, matin et soir; l'hiver, ils se nourrissent du foin fauché en juillet et août. On trouve partout des beurreries et des fromageries ; les unes sont organisées par des sociétés, les autres sont des coopératives, enfin quelques-unes sont la propriété du fermier.
La plupart des colons agrandissent leur domaine, dès qu'ils ont le moyen d'acheter de la terre. Tous ceux qui sont courageux et persévérants parviennent à une large aisance, un peu plus tôt ou un peu plus tard, selon leur situation de fortune lors de leur arrivée au pays. Au bout de dix à quinze ans, le colon pauvre qui a dû débuter comme garçon de ferme — c'est le cas gêné-
rai — vaut, comme on dit là-bas, de 20 000 à 60 000 francs ; il possède maintenant une confortable maison d'habitation, de vastes dépendances, tontes les machines agricoles, voitures, chevaux, bestiaux en grand nombre, il a une vie large et indépendante. Telle est notamment l'histoire des colons venus de Belgique, de Suisse ou de France. Fermes d'élevage ou Ranehes. — Nous avons indiqué les meilleures régions pour l'élevage en grand. Le capital nécessaire à cette entreprise est de 15 000 à 20 000 francs, le premier chiffre étant tout à fait un minimum. Voici le compte approximatif des frais d'établissement, abstraction faite du prix des terres si l'on ne prend pas de homestead.
Maison et étable depuis 2000 fr.
Mobilier » 300 >
Chevaux et harnais » 1 000 »
Charrette à 4 roues » 400 »
Charrue et herse » 200 »
Vivres, provisions, semences pour
un an » 1 100 »
Porcs et volailles » 200 »
3 vaches » 600 »
Bétail (vaches, génisses) ou moutons » 6000 »
Réserve » 3200»
Total 15000 fr.
Le pacage est libre sur toutes les terres non encloses ; on peut aussi louer à des prix modérés les pâturages du gouvernement. L'éleveur doit faire, en prévision d'un mauvais temps exceptionnel pendant l'hiver, une bonne récolte de foin
sauvage, à raison de deux tonnes par cheval, par groupe de cinq gros bestiaux ou par troupeau de quarante moutons. Cette coupe de foin est permise sur les terres vacantes, mais on obtient à bon compte un droit de priorité sur une étendue de seize hectares au plus, appartenant à l'Etat.
Au printemps et à l'automne, les bouviers ou bergers (cow-boys) rassemblent les troupeaux et les petits sont marqués. C'est à cette marque que l'on distingue les animaux des divers propriétaires.
Nous n'insisterons pas sur la riches s 9 de l'herbe des prairies. Donnons seulement quelques indications sur les prix moyens*
Bélier de choix 80 fr.
Veau de 1 à 6 mois 40 »
Bouvillon de 1 à 2 ans 75 »
Génisse de Tannée t . 50 »
Génisse de 2 ans 100 »
Bonne vache ... ; 200 »
Bœuf de 3 ans 250 »
Jeune taureau 235 »
Cheval ou jument, de 500 à 1000 »
Il faut bien entendre que ce sont là des indications, les prix variant selon la race, la qualité des sujets et la région.
La moyenne de l'accroissement des jeunes troupeaux est annuellement de 55 0/0 et celle den pertes de 5 0/0. Ces coefficients sont meilleurs dans les fermes où les troupeaux sont aussi considérables et mieux surveillés, où l'on dispose pour eux d'un nombre suffisant d'abris.
LA TBBRB POUR RIBM 87
En dehors de la consommation locale, il y a une grosse exportation d'animaux en Angleterre.
L'élevage en grand n'est possible que dans les régions encore écartées, éloignées des lignes de chemin de fer, où les pâturages libres s'étendent à perte de vue. Mais il faut prévoir que les colons pénétreront partent. Actuellement, l'éleveur habile double aisément un capital tous les trois ans ; il fait donc sagement en consacrant une grosse partie de son gain à l'achat de terres considérables, dont le prix est d'ailleurs si modéré à côté de lear valeur réelle. Faute de cette précaution, ses belles prairies ou ses vastes plateaux envahis par le cultivateur, il se verra obligé de restreindre prodigieusement ses troupeaux et de transformer sa ferme. L'élevage est le pins sûr moyen de constituer une grande et rapide fortune, mais il exige de la part de l'homme qui l'entreprend des qualités particulières et la connaissance des conditions locales.
L'Ouest oanadien est-il dono le paradis terrestre? — De ce qui précède, on ne doit point conclure qu'il suffît de faire le voyage du Canada central et de se présenter en quelque sorte au pays pour y trouver l'aisance ou la richesse. Les plus belles ressources naturelles et les plus grandes facilités s'offrent, il est vrai, au colon ; mais c'est à lui de les mettre en œuvre, et il n'y parviendra pas sans un dur labeur. 11 n'échappera pas au se-
vère mais salutaire commandement : <c Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ».
Plusieurs conditions sont ici indispensables au succès. Et d'abord, le futur colon doit être agriculteur ou du moins travailleur manuel ; non que des hommes d'autre situation sociale n'aient réussi parfois dans cette profession, nouvelle pour eux.de cultivateur, mais cette entreprise est si aléatoire qu'ils doivent y réfléchir bien longuement et sonder leurs reins, comme dit l'Ecriture, pour savoir s'ils cèdent aune .vraie vocation, à une décision mûrie et non pas à un caprice ou à un enthousiasme irréfléchi. Ensuite, il faut posséder diverses qualités morales : l'amour du travail, le courage persévérant qui font dédaigner et vaincre les difficultés inévitables et les petites désillusions du début, la volonté grâce à laquelle on supporte les ennuis d'une existence d'abord rude, dépourvue des aises auxquelles on est habitué, ainsi que le mal du pays guettant le colon la première année dans l'isolement de sa terre. Enfin, une certaine docilité d'esprit est nécessaire ; dans un pays, si différent des nôtres, où l'on fait vite et grand, les procédés de culture sont plus simples et plus expéditifs qu'en Europe. Vouloir travailler autrement et mieux que les Canadiens est une fatuité et une sottise ; U sera temps, plus tard, lorsque l'expérience sera venue, de tenter d'autres méthodes
dont l'insuccès coûtera en tout cas moins cher au colon pins à son aise et plus averti.
Si le colon courageux et tenace, soutenu par l'espoir, voit, au delà de son modeste logis, la maison élégante et confortable de demain, derrière ses deux bœufs et leur humble attelage, ses beaux troupeaux qu'il rêve et les puissantes machines, enfin à la place de cette nature superbe mais sauvage, les champs domptés où se dressent et ondulent majestueux les blés jusqu'au lointain, cet homme sera l'artisan de sa fortune', 1 peu £ peu son rêve deviendra une réalité, et, dès les premières difficultés surmontées, il jouira des transformations dont il sera l'auteur et le témoin. Autour de lui d'ailleurs d'autres fermes s'élèvent, la vie civilisée s'éveille, des compatriotes sont venus prolonger avec lui dans les plaines canadiennes le pays natal jamais oublié, mais retrouvé ici.
« Et pourtant, objecterez- vous peut-être, ne diton point de mal du Canada en Europe ? N'y a-t-il pas dans ces critiques une part de vérité? »
Regardez, si vous le voulez bien, d'où elles viennent. Laissons de côté ceux qui se font l'écho complaisant de voix malveillantes, journalistes en quête d'informations sensationnelles ou bavards intarissables qui parlent de tout à tort et à travers. Remontons aux sources. Il y a trois catégories de personnes qui disent du mal du Canada :
i° Les colons qui n'ont pas réussi. « Il y en a donc I » Mais certainement. Nous avons énuméré plus haut les conditions de succès ; il y a des gens qui ne les remplissent pas et qui s'improvisent colons : avocats, pharmaciens, cochers, etc. qui ne connaissent rien à la culture et sont incapables de s'y adonner, fils de bonne famille, paresseux et gâtes,dont les parents s'imaginent naïvement faire des hommes sérieux en les expédiant à Winnipeg, parfois même des cultivateurs têtus qui s'obstinent à traiter leurs champs comme en Europe et non à la mode du pays et qui se ruinent en voulant faire des économies. De ces gens, on en trouve échoués à Montréal où ils exercent de petits métiers, les autres sont revenus en Europe déblatérant contre le Canada où ils n'avaient point trouvé fortune toute prête en échange de l'honneur qu'ils lui faisaient en y venant. On ne peut pourtant point raisonnablement demander à ces colons dont le Canada se serait bien passé de reconnaître que leur échec est le châtiment de leur imprudence ou de leurs défauts. Et tandis qu'on n'entend plus parler des milliers de pionniers courageux qui se sont créé là-bas un beau domaine et un enviable chezsoi, ce sont les autres, les paresseux, les incapables, les vaniteux, les timorés, les douillets, les habitués des cafés chantants et les agriculteurs des boulevards qui reviennent en Europe jeter le dis-*
LÀ TBRRg POUR RIBR 91
crédit sur le Canada, calomnier le pays et ses habitants. Abandonnons à leurs rancunes avec une pitié dédaigneuse ces colons d'opéra-comique.
3° Certains gros propriétaires qui ne verraient pas sans inquiétude un courant d'émigration vers le Canada. Si les ouvriers agricoles, condamnés chez nous à une vie éternellement médiocre et à une situation subalterne qui leur permet difficilement de nourrir leur famille, savaient qu'il leur est aisé au Canada de gagner d'abord de gros salaires et de s'établir ensuite sur un domaine de 64 hectares, ils s'empresseraient de s'embarquer pour cet heureux pays, dès qu'ils auraient en poche le prix du passage. Pour les retenir, on serait contraint d'élever leurs gages dans une forte proportion. Or, beaucoup de gens ont de la peine à comprendre que les ouvriers agricoles ne sont pas en ce monde avec la seule et providentielle mission de leur four» nir la main-d'œuvre à bon marché ; et» s'ils le comprennent, cette constatation leur est d'autant plus pénible que le poids des impôts et diverses circonstances économiques rendent malheureusement l'agriculture bien moins rémunératrice qu'ils le souhaiteraient. Ils recueillent donc avec joie, amplifient volontiers et parfois inventent sans scrupule les perfidies et les mensonges imaginés contre le Canada.
8* Bon nombre de fonctionnaires. Par conviction
personnelle ou professionnelle, ils sont généralement hostiles à l'idée d'émigration. Habitués à confondre l'Etat et le peuple, ils croient à la vertu des parchemins, des paraphes et des cachets officiels ; il ne faudrait pas les presser beaucoup pour leur faire dire qu'un Tonkinois est plus français qu'un Canadien-Français, ou bien qn'un Juif levantin naturalisé à Alger est plus français qu'un Français naturalisé Canadien à Montréal. Pour eux l'Etat est le cadre obligatoire du peuple, le peuple n'existe que par l'Etat. Celui qui émigré sans esprit de retour est donc à leurs yeux un rebelle! presque un traître, à coup sûr un ingrat. Ne semble-t-il pas, en effet, en échappant au réseau de lois %t de règlements destinés à assurer son bonheur, en faire bien peu de cas et dédaigner l'admirable hiérarchie des fonctionnaires en se soustrayant avec impertinence à leur juridiction ? Il n'est donc pas surprenant que des voix officielles puissent s'élever contre l'émigration au Canada dans le but apparent de mettre en garde les citoyens contre des illusions dangereuses, mais dans le dessein réel de retenir des administrés qui ne veulent plus, scandaleuse audace ! rester attachés à la glèbe.
Secouons une dernière fois toutes ces calomnies.
Nous avons déjà donné (ch. 1) la progression de l'immigration au Canada et dans ce chapitre
même (avantages et inconvénients de l'Ouest canadien) les chiffres des immigrants anglais et irlanlais. Ceux des immigrés américains, c'est-à-dire des colons venus des Etats-Unis, ne sont pas moins frappants : en 1901, 18 000 ; en 1902, 26 000 ; en 1903, 37000; en 1904, 45 000. Lorsque l'on songe au tort considérable que font au Canada les colons-amateurs qui en reviennent désabusés, on est contraint de conclure que l'immense majorité des immigrés se compose de colons sérieux dont les lettres au pays natal ont produit une bonne impression. Peut-on supposer que les Américains des Etats voisins de l'Ouest canadien, où la terre ne fait pas défaut, quitteraient ainsi leur pays, plus nombreux d'année en année, s'ils ne trouvaient à cette détermination de grands avantages? Enfin croit-on que ce qui est bon pour les Anglais et pour les Américains — en nous bornant à eux — ne soit pas bon pour nous ? S'imagine-t-on, par hasard, que le Belge ou le Français est plus douillet, moins laborieux, moins courageux que l'Anglais et l'Américain ? Quelles pitoyables objections !
Ah ! Paysan de France, de Suisse ou de Belgique, enfant de notre vieille Gaule, ne prendras-tu pas ta part de cet empire choyé par la nature, découvert par nos pères, arrosé de leur sang ? Laisseras-tu les autres peuples le partager entre eux, y grandir et y prospérer ? Vois : la terre est riche et
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féconde, elle est neuve, et notre vieux sol a besoin d'être imprégné d'engrais ; elle est libre, elle s'offre à toi, et nos propriétés d'Europe sont prises et morcelées ; elle n'attend que ton travail, paysan courageux et tenace, pour te donner des récoltes abondantes, pour procurer l'aisance à toi et aux tiens, à toi maître dans ta maison, seigneur dans ton domaine, et tu ne sais ici comment élever ta famille, et peut-être es-tu et tes enfants seront-ils travailleurs mercenaires ! Vois : les rivières majestueuses serpentent dans la plaine, les milliers de lacs étincellent au soleil, riches viviers. La grasse prairie ondule à perte de vue, attendant le sillon. Sur les plateaux herbeux, paissent dans l'immensité, libres, d'innombrables troupeaux. Vois : déjà çà et là la douce langue maternelle résonne, le clocher et la croix se dressent, quelque coiffe blanche de bonne sœur apparaît sur le seuil de l'école, les fermes des colons s'éparpillent dans la campagne, une paroisse grossit où vivent fraternellement Canadiens-Français,Français, Suisses et Belges. Ici, c'est encore la Patrie ! Tu ne l'as pas quittée, tu l'as agrandie, tu l'as prolongée au delà de l'Océan. C'est elle encore que tu retrouves et que tu fondes sur le sol d'Amérique, c'est la Nouvelle-France rêvée par nos aïeux, ébauchée par eux, et qu'achèveront les petits-fils pour l'honneur et la prospérité de la race !