VOYAGE ET ÉTABLISSEMENT AU CANADA
Comment obtenir des renseignements plus précis sur le Canada. — Le gouvernement fédéral a établi des agences où l'on donne gratuitement des renseignements sur l'agriculture au Canada. S'adresser en France à M. Paul Wiallard, 10, rue de Rome, Paris, VIII e ; en Belgique à M. D. Treau de Coeli, rue du Souci, Anvers.
Il existe en outre une agence officielle commerciale dont le titulaire est M. A. Poindron, 101, rue Réaumur, Paris, IIP.
Une Association amicale franco-américaine, La Canadienne, se propose, disent ses statuts, « de resserrer de toute manière les liens qui unissent les Américains de race française aux Européens de langue française, et de collaborer spécialement au développement de leurs relations d'ordre moral et économique ». Les membres actifs versent une cotisation annuelle minima de 5 francs, les membres fondateurs une cotisation de 20 francs et les
membres donateurs effectuent un versement unique de 500 francs.
Un bulletin mensuel (onze numéros par an) est adressé aux membres de l'Association. Il contient des articles de fond sur les questions canadiennes, insère des lettres de colons, donne des nouvelles du Canada (agriculture, commerce, industrie, mouvement national) et publie la cote des principales valeurs canadiennes. Sous la rubrique « boîte aux lettres » est organisé un service gratuit réservé aux membres ; ils peuvent y faire des offres ou des demandes (emplois, formation de sociétés etc., annonces commerciales exclues). Enfin les annonces proprement dites, qui n'engagent pas la responsabilité de l'Association, permettent aux personnes qui veulent entreprendre des affaires au Ga~ nadade se mettre en rapport les unes avec les autres.
L'Association commence à réaliser divers projets. Elle donne des conférences et des matinées afin de faire connaître le Canada et d'intéresser les Français et les Belges à l'avenir de la Nouvelle- France. Dans le but d'être utile à ses membres, elle a fait avec un certain nombre d'hôtels des contrats avantageux dont le voyageur profite dès qu'il est muni de sa carte de l'année.
Le secrétariat est situé 80, rue Bonaparte Paris vi e ; pour ce qui a trait au Bulletin, s'adresser à M. Hodent 10 rue François-Millet, Paris xvi'.
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Les personnes désireuses de faire partie de l'Association doivent en faire la demande au Trésorier, M. Maillard, 10, rue Cortambert, Paris, XVI e . Envoyer, avec sa cotisation, ses nom, profession et adresse très lisibles.
Le défenseur du Canada est l'organe particulier des œuvres de M. l'abbé Gaire, missionnaire-colonisateur. Cette petite publication trimestrielle est en vente, 15, rue d'Angleterre, Lille, Nord, où se trouvent les bureaux. Le prix minimum d'abonnement est de 1 fr. 25.
Les agences de transport (voir ci-dessous) donnent aussi des renseignements sur le Canada.
En dehors de ces diverses organisations, il existe certainement un assez grand nombre de personnes capables de fournir des détails véridiques sur le pays. Mais il convient d'être prudent. Un vif mouvement d'intérêt entraîne Français et Belges vers les affaires canadiennes ; il est inévitable qu'apparaissent çà et là des brouillons et que dans l'ombre des chevaliers d'industrie soient au guet.
Au Canada même, fonctionnent des agences et des associations officielles ou officieuses. En principe, il ne convient de s'adresser à celles d'Europe que pour des questions détaillées auxquelles on n'a pu répondre en France ou en Belgique d'une manière satisfaisante. On pourra donc écrire :
1° Au ministère de la colonisation, des mines et pêcheries, à Québec.
2° Au ministère des terres et forêts, à Québec.
3° A M. René Dupont, secrétaire de la Société de repatriement et de colonisation du lac Saint- Jean,rue Saint-André, à Québec.
4° A M. le secrétaire de la Société de colonisation de Québec, à l'archevêché.
5° A M. le secrétaire de la Société de colonisation de la cité de Sherbrooke, province de Québec.
6° Au Bureau de colonisation de Québec.
7° Au Bureau de colonisation de Montréal, 1546, rue Notre-Dame.
8° A M. A. Ribout, agent fédéral à» Mattawa, Ontario.
9° Aux agents français, MM. Gelley, Roy, etc. et à M. l'abbé Woodcutter, à Y Immigration home, près de la gare, Winnipeg.
10° A la Société de colonisation d'Alberta,bo\te postale « A », Edmonton, Alberta.
11° A Y Association des éleveurs de moutons des Territoires (Territorial sheep breeders association) à Calgary, Alberta.
12° A Y Association des éleveurs de chevaux (Territorial horse breeders association) à Calgary, Alberta.
13° A M. le surintendant de V immigration à Victoria (Colombie-britannique).
Avis. — Nous plaçant désormais dans l'hypothèse d'une personne décidée à s'établir au Canada, nous allons donner à ce sujet un certain nombre de détails et de conseils. Les questions qui se posent naturellement sont les suivantes : quelles sont les conditions du voyage? à quelle époque faut-il partir ? comment» selon les diverses situations individuelles, doit-on procéder en arrivant ? enfin, quels renseignements complémentaires les futurs colons ont-ils intérêt à posséder sur leur nouvelle patrie ?
Conditions du voyage. —Il est utile d'emporter des papiers de famille, actes de naissance, de baptême, de mariage, de décès.
Les enfants mineurs, d'origine française, partant seuls, doivent être munis de l'autorisation écrite de leurs père, mère ou tuteur, visée par le maire de la commune.
Les Français, de 20 à 25 ans, ont besoin pour émigrer de leur livret militaire ou d'une feuille officielle constatant que leur situation est régulière à cet égard.
D'après la loi de 1905, il n'y a plus pour les Français résidant à l'étranger, hors d'Europe, de dispense du service actif; la dispense ne peut concerner que les manœuvres ou périodes d'exercices imposées aux réservistes et aux territoriaux ; elle est d'ailleurs laissée à l'appréciation discrétionnaire
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de l'agent consulaire et ne constitue nullement un droit. Le colon qui, six mois après la date pour laquelle il a été régulièrement convoqué, n'a pas rejoint son corps, est considéré comme <c insoumis ». A ce titre, il est passible d'un emprisonnement d'un mois à un an en temps de paix et de deux à cinq ans en temps de guerre. S'il rentre en France ou dans les colonies françaises avant l'âge de cinquante ans, il se trouve encore sous l'empire de la loi militaire et subit sa peine. Au Canada, sa situation d' « insoumis » n'entraîne pour lui aucun dommage soit matériel, soit moral.
A Anvers, aucune autorisation n'est nécessaire pour l'embarquement des enfants mineurs ; mais au-dessous de 12 ans, la C ia du Pacifique Canadien n'accepte que les passagers accompagnés de personnes autorisées.
Le jeune homme belge qui part un an au moins avant le tirage au sort est en règle avec la loi de son pays. Sinon, et s'il lire un mauvais numéro, il doit faire son service, sous peine d'être considéré comme insoumis. L'ancien soldat, mais non encore libéré, est tenu de demander, s'il veut satisfaire à la loi, l'autorisation au ministre delà Guerre avant de Rembarquer pour le Canada.
Pour se rendre d'Europe au Canada, on peut soit passer par New-York et traverser le nord des Etats-Unis, soit débarquer directement dans un
port canadien. Voici les principales lignes de paquebots et les prix actuels (plus élevés Tété que l'hiver).
Pacifique Canadien(C&nBidiBinT>SLciûc).T)'Anyexs t via Liverpool, à Québec et Montréal : 225 à 275 fr. en seconde; enfants de 1 à 12 ans, la moitié ; audessous de 12 mois, 25 francs. D'Anvers, directement à Québec, Montréal ou Saint-Jean :
même prix en seconde ; en troisième classe (émigrants), 181 fr. 25 jusqu'à Québec ou Saint-Jean, enfants de 1 à 12 ans, la moitié, au-dessous de 12 mois, 12 fr. 50.
Allan. Paris par Liverpool à Québec et Montréal, de 430 francs à 490 francs en première, depuis 250 francs en seconde, les enfants de 1 à 12 ans paient demi-place ; départ de Paris tous les mercredis. Ligne directe franco-canadienne, du Havre à Québec et Montréal, 225 francs en secondî, enfants de 1 à 12 ans, 112 fr. 50, nourrissons 25 francs ; en 3 e classe, 140 francs; départ tous les quatorze jours.
Compagnie générale transatlantique. Paquebots luxueux, très rapides. Service du Havre à New- York. Prix variables, selon l'époque, les navires et les cabines. En troisième classe, 200 francs.
En principe, le voyage par New-York est plus coûteux, le prix des chemins de fer américains que Ton est obligé de prendre est élevé.
Parmi les lignes qui aboutissent au Canada, les plus agréables sont celles dont le trajet est direct, c'est-à-dire qui ne partent pas d'Angleterre et qui n'y touchent point.
Les bagages admis en franchise sur les paquebots sont par adulte de un demi-mètrejcube (100 ki« log.) pour le Pacifique canadien, 20 pieds cubes (150 kilog.) pour les lignes Allan et Compagnie transatlantiqne. On n'accepte pas de colis dont les dimensions sont supérieures à m ,35, m ,60 et 4 mètre, ou dont le poids dépasse 100 kilog. Tout émigrant muni d'un billet de passage émis par une maison belge peut obtenir sur le chemin de fer de l'Etat belge une réduction de 30 0/0 sur le prix du voyage en troisième classe (1) et le transport gratuit de 100 kilog. de bagages par adulte, 50 kilog. par enfant de 3 à 12 ans, si la distance à parcourir est au moins de 50 kilomètres.
11 convient d'emporter peu de chose ; vêtements et linge, matelas et couvertures, quelques livres et les objets auxquels on tient particulièrement. Se rappeler que l'on trouve à bon marché, au Canada, meubles et outils. Très bien emballer les bagages.
On ne peut raisonnablement s'attendre, en raison du bon marché du transport, que le voyage
(1) Qui se trouve ainsi réduit pour Anvers, de Paris à 11 fr. 15; de Marseille à 45 francs ; de Nancy à 15 francs ; de Modane à 38 francs; de Lille à 5 fr. 50.
«n troisième classe se fasse dans des conditions confortables. Du moins, les compartiments sont propres, des cabines sont réservées aux familles ou au femmes seules, et la nourriture est saine et en quantité suffisante. En seconde classe, les passagers sont fort bien traités. Voici, au hasard, un menu du Canadien Pacifique. Déjeuner, 8 heures: thé et café, pistolets, pain, beurre et confitures, gruau d'avoine, bifteck, omelette au jambon, pommes de terre frites. — Dîner, midi et demi : soupe, mouton cuit, gâteau garni, pommes de terre, pudding, biscuits et fromage. — Thé, 5 heures et demie : thé, homard, viandes froides, pain et beurre, confitures. — Souper, 8 heures et demie : thé et café, ragoût, pain et beurre, fromage, biscuits. Le vin, la bière et les légumes se payent à part.
La traversée dure de 9 à 11 jours. Il n'existe ni billets gratuits ni billets à prix réduits.
11 n'y a pas de droit de douane sur les effets personnels des colons.
D'après la loi américaine du 3 mars 1903, le débarquement aux Etats-Unis est interdit aux aliénés, idiots, estropiés, aux personnes atteintes de maladies rebutantes ou contagieuses (comme telles sont considérées aussi la phtisie, les maladies de la peau, la teigne, la gale, etc.), aux criminels et condamnés, aux polygames, aux anarchistes, aux personnes qui sont à charge de la bienfaisance pu-
blique, aux personnes incapables de travailler, à moins que des parents aux Etats-Unis ne prennent soin d'elles, aux femmes avec des enfants en bas âge si elles ne sont attendues par leurs maris ou de proches parents qui en prennent soin, aux mendiants de profession, aux filles mères ou enceintes, à toutes les personnes qui, probablement, tomberaient à charge de l'Etat ou de la Commune, enfin aux ouvriers ayant fait avant leur départ pour l'Amérique un engagement de travail verbal ou par écrit aux Etats-Unis.
Les conditions de débarquement au Canada sont à peu près les mêmes qu'aux Etats-Unis, mais les émigrants sont accueillis avec beaucoup plus de douceur. Il est question de les taxer d'au moins deux piastres (environ 10 fr. 50) à leur arrivée.
Sur les chemins de fer canadiens ou américains, les enfants de 5 à 12 ans paient demi-place, audessous de 5 ans, ils voyagent gratuitement. Les chemins de fer canadiens ou américains accordent le transport gratuit de 68 kilog. de bagages ; mais les émigrants à destination de l'Ouest canadien ont droit sur le Pacifique canadien à 150 kilog. de bagages personnels.
D'Europe, on peut acheter des billets de chemin de fer pour les stations du Canada en même temps que l'on prend ceux qui donnent passage sur un paquebot. Les billets d'émigrant (colonist) ne per-