‹ La terre-sainteChapitre 10 sur 44 · DAVID £1 SALOMON · texte numérisé non relu

DAVID £1 SALOMON

son ofi la sainte Vierge, après la mort de son Fils, vécut ses dernières années dans le recueillement et la prière. On dit qu'elle y mourut; je n'ose me prononcer dans rinceriitude où nie jettent des traditions également vénérables. Antioche réclame aussi poui* eUe les derniers jours de la Mère de Dieu. On dit en-» core à Jérusalem que les tombeaiLx: de David et de Sa-

lomon étaient situés sur cette montagne c'est du

moins dans une des cavernes de Sion que le gouver* neur fait déposer chaque année les présents que le sultaUy suivant Tancien usage, envoie de Gonstantinople au tombeau du roi-prophète.

Dans la partie orientale de la ville, de Tautre côté de la vallée de Josaphat, s'élève une autre montagne non moins fameuse» le mont Moriah» dont le nom hébreu signifie : domination du Seigneur.

Cette uioiitague fut l'autel d'un sacrifice à jamais célèbre. Pendant qu'Abraham était à Bersabée, Dieu lui dit : tt Prends ton ills\ ton unique , que tu chéris , Isaac; va dans la terre de Moriah, et ofl'rc-le en sacrifice sur une des montagnes que je te dirai, »

C'est sur le mont Moriah que se trouvait Tau^ où les fils d'Aran le Jébuséeu bailaieiit le blé, quand le prophète Gad ordonna à David d'y bâtir un autel et d'offrir des hosties pacifiques à Jéhoyah , dont Fange exterminateur dévorait Israël... Plus tard*, à cette même place, s'éleva le temple de Salomon » où s'élève aujourd'hui la mosquée des Khalifes — une des mer* veilles de la Jérusalem moderne.

Omar et i§ialadin*

l4U'sque le khalife Omar, après la victoire dQ ses lieutenants» vint recevoir Iél soumission de la ville conquise, il entra dans Jérusalem en donnant toutes les moques extoteui'çsi de rhunillilé, et vêtu paf dc- TotiQu d*an ylm. oilice de poUs, de ehameau^

n visita les lieux saints et demandf^ au patriarche Sophromus , qui raccompagnait , une place où il pû.t laire sa priâre« C'était Theure de midi, et tous deux se trouvaient alors dans l'église du Saint-Sépulcre.

<i Gouij^andeujc de& groyants, dit le paUiaiche, lais

tepdtee*»

Omar refusa et sortit de l'église.

Vnç fois doïxQX^ 9. il étendit son manteau p^^^ terre çt

Quant il eut terminé : « Je n'ai pas voulu prier dans ton égUse, dit-il au paUwche, parce que partout où. le khalife a prié les mu^ulmausi élèvent uue mosquée , et ils se seraient emparéi^ de ce lieu que je te laisse. »

Omar recueillit avidement lejs Iradilioas relatives

.mi j^tô^Qb^ de l'oudenue loi» et demaudia ce qu'é-

\2k JÉRUSALEM.

tait deyenae la pierre sur laquelle Jacob avait reposé sa tète la nuit où il eut cette vision fameuse des anges niontant de la terre au ciel par une échelle sans fin. On lui indiqua remplacement du temple : il s'y rendit et témoigna son indiguaiiou de le trouver rempli d'immoncQces. Il en prit tout ce que pouvait contenir le pan de sa robe et les porta au loin. Tout vainqueur a ses courtisans; les courtisans d'Omar firent comme luL Bientôt Omar résolut de bÀtir sur ce lieu même une mosquée digne, par sa magnificence, de rappeler les temples d'tiérode et de Saiomou. — Omar comm^ça cette mosquée , mais elle ne fut achevée que par ses successeurs.

On la découvre assez bien des terrasses de la maison de Pilate , aujourd'hui convertie en caserne , et dont un mot du gouverneur vous ouvre facilement la porte.

Le parvis de la mosquée a cinq cent vingt pas de long et trois cent soixante-dh de large. Les murs de la

vDle lui servent de limites à Test et au midi. A Fouest, il est borné par les médresès ou écoles publiques des enfants turcs , et par des oratoires particuliers. On y pénètre de ce côté par quatre portiques. Au nord, le parvis est fermé par des maisons et par un mur percé de portes. Quatre minarets , d'une légère et gracieuse

architeclurc , s'élèvent sur les côtés de celle enceinte. Çà et là» rares et clair-semés, croissent quelques cyprès» mobis pour donner de Tombre que pour mon*

trer qu'on n'en n pas.

La mosquée s'élève au centre du parvis; ^e §st

OMAR ET SALAI>1^. 125

coui onnëe d'an dôme sphérique surmonté d'un croissant doré dont les cornes semblent se rejoindre. La forme générale de la mosquée est celle d'un octogone régulier : elle est bâtie sur une plate-forme élevée, à laquelle conduit un escalier de six marches lai*ges et faciles. On entre par quatre portes qui r^aident les quatre points cardinaux ; la porte du nord est décorée d'un superbe portique s'appuyant sur huit colonnes de marbre d'ordre corinthien; les trois autres portes n*ont qu'un petit porche en bois, mais d'un trayail élégant et fm. Les quatre côtés qui n'ont j)as de portes s'ouvrent par huit fenêtres; les quatre autres en ont cinq ^tdement Toutes ces fenêtres ont des verres de couleur. L'intérieur du parvis est pavé de marbre blajic. Le bas des nmrs est extérieurement revêtu de marbre blanc et bleu. La frise et la partié supâieure des murs sont recouvertes de petits carreaux en émail de couleur, où le bleu domine ; ces petits carreaux sont entremêlés d'arabesques et de versets du Koran : le tout forme une mosaïque à la fois étrange et gracieuse; au milieu des caprices les plus inattendus de la forme , l'Orient garde toujours le sentiment juste de la couleur et rinstfaict vrai de la nuance. Le toit, recouvert de plomb, s'élève par une inclinaison douce jusqu'à la lanterne placée au-dessus du dôme ; les arêtes de cette lanterne sont également recouvertes de carreaux aux nuances vives et aux brillantes couleurs.

L'ensemble de cette architecture donne l'idée de l'élégance et de la légèreté bien plus que de la gi*andeur et de la force.

JÉRUSALEM

Les musulmans défendent avec un soin jaloux rentrée de leur mosquée : y pénétrer, c*est pourun chrétieu un crime toujouis puai de mort Quand vous errez trop près de ses murs» on vous court sus comme à une béte maifidsante. Ten demandais la raison à uu Turc tolérant.

— Que Toulet-vous , me répondit-il , on se défend comme on peut Le peuple est persuadé qu'Allah ne pourrait rien t efuser à un chrétien qui le prierait dans la mosquée d'Ël Sachrah Gela pourrait ère dangereux pour nous , si tous lui demandiez JénisaleDi ou Constantinoplc.

On ne connaît donc l'intérieur du temple quç par les récits de quelques voyageurs téméraires ou par les indiscrétions d'un Turc sceplit^ue à l'endroit de Maliomet. L'espèce en est rare.

Voici ce que nous avons recueiM un peu de toutes mains et sur la foi des témoignages (1).

Les parois intérieures de la mosquée sont revêtues de 'marbre blanc : les dalles du pav^ sont de grandes tai>ies de maibre de diverses couleurs., — Trente-deux colonnes de marbre gris ornent le pourtour ; seize soutiennent la première voûte : les sdze autres , ap-r payées sur le chapiteau des premières, supportent le dôme lui-inéme. Tout autour de ces colonnes on remarque de beaux ouvrages de cuivre et de fer doré,

(1) Nous devons la iilupart de ces renseignements anx comuiuniralîons obligeantes de M. le comte d'Escayrac de Lauture, un des l^auopéens les piu& fauiUiers avec la vie et les m^âtôreg de l'Orient,

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