‹ La terre-sainteChapitre 9 sur 44 · DAVID ET SALOMON · texte numérisé non relu

DAVID ET SALOMON

U u'y a point de solstice dans la prospérité des nations : leur soleU ne reste jamais immobile au zénith du ciel; il moule ou il dcsceutl. Le décliu couuuença du vivant même de Salomon, et aujourd'iiui de toutes les œnvres de ses mains il ne reste plus qu'une citerne vide I

Le schisme des dix tribus fût le premier coup porté à la puissance de Jérusalem : ce ne fut plus la capitale d'un grand peuple; ce fut ]a ville d'une tribu. Bientôt Sésac , roi d'Egyptei , la prit et la piUa : il enleva les ' trésors du Temple et du palais , et ces lances d'or , et CCS boiidlers suspendus aux lambris de cèdie de . Salomon. La jeunesse de Joas répara les malheurs du Temple ; les Israélites , par des offrandes volontaires ^ secoiidèienl la piété du roi; mais le sang d'Achab ne put longtemps se démentir : les tabernacles du vrai Bien furent abandonnés , et la foule , se tournant vars les hauts lieux, adora les idoles muettes.

<c Que le Seigneur me voie et qu'il nie venge 1 » s'écria en tombant le iils de Joiada*

Et le Seigneur le vit et le vengea.

Les Syriens envahirent la Judée , et mirent le siège devant Jérusalem. Le roi, pour acheter la retraite de ses ennemis, d(>pouilla de nouveau le Temple et les palais de Jérusalem. Un an plus tard, le roi d'israél entra dans Jérusalem prise d'assaut par une brèche de quatre cents coudées. Quelques années prospères du roi Osias ne pouvaient effacer tant de malheurs; la trêve passagère était toujours suivie d'une guem^ plus cruelle et d'un ravage plus cuuipieU ^ .

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On n*écoatait cependant ni la menace des prophètes ni leur prière. La citharn et la harpe, la flûte et les tambours avec le vin et l'allégresse, étaient aux festins de Juda» pendant que l'ennemi marchait contre lui. Appelé comme défenseur et comme ami, le roi d'Assyrie reste en vainqueur et s!imj)ose en maiti'e : la ville est ensanglantée par les cruautés de Manassès, le Temple souillé de ses idolâtries : les Assyriens, vengeurs de Dieu^ reviennent alors et remmènent avec son peuple en captivité. Les juifs vont suspendre leurs harpes détendues aux saules de TEuphrate, et les prophètes racontent, à l'avance, la série de lems mal^ héurs avec des génûssements plus douloureux que ces malheurs mêmes.

Après les soixante-dix ans de captivité, Zorobabel rebâtit un second temple sur les. ruines du premier. Ge temple , qui n*était qu'une ombre de Tautre, ne fut achevé qu'au bout de vingt ans; la ville en mit quatrevingts à sortir de ses ruines.

Il y a des ruines que Ton relève plus difficilement encore : ce sont les ruines de l'Ame, de la moralité détruite et de la probité perdue. La captivité corrompit les juifs; ils prirent des dieux étrangers et des femmes étrangères.

Us perdirent jusqu'à leur langue ! Thébreu» chez les Hébreux mêmes , ne fut plus qu'une langue savante : Daniel prophétise en syriaque pour être compris des siens j les lettres du Pentateuque sont inconnues des enfants qui n'épellent plus que l'alphabet chaidéen. U y eut encore cependant comme une paix

DAVID BT SALOMON.

de Dieu ; la prospérité sembla renaître , et chacun ,

comme aux anciens jours, put se reposer sous sa vigne et sous son figuier ; Dieu ne pouvait se détacher tout d'un coup du peuple qull avait tant aimé.

Jérusalem fléchit Alexandre : le génie grec connut toiqoms ia clémence.

Le conquérant devant qui déjà la terre se taisait» faisait alors le siège de Tyr, antique alliée de Jérusa-» iem. 11 envoya demander ia soumission des juifs et des subsides. Le grand-prêtre Jaddus allégua la fidélité due aux Perses, et le souvenir des bienfàtts des Grecs. Pour Alexandre, ce n était pas là une raison suffisante; il prend Tyr, entre en Palestine , renverse tout sur son passage , et se présente devant la ville.

Cependant, voilà que le grand-prêtre, vêtu de blanc, couronné de fleurs, entouré de ses prêtres et suivi du peuple , fait ouvrir les portes et s'avance vers Farmée victorieuse.

I>ès qu'Alexandre aperçut le pontife, la tiare sur la tête et portant au front la lame d'or, où rayonnait le

nom de Jéhovah , il quitta ses rangs et vint se prosterner devant Jaddus. u Ce n'est pas, dit-il, un homme que j'adore «nsi, c'est Dieu même. » Il ftit ensuite introduit dans la ville, visita le temple et offrit des sacrifices au Très-Haut, en se conformant aux rites Judaïques. Il partit, après avoir accordé aux juifs force immunités et privilèges. Mais, pour une nation, les privilèges qu'elle reçoit ne valent pas la liberté qu'elle se donne.

Alejs.audre mort, les juifs passèrent d'un niaiUe à 7*

JÈ|LUSÂL£M

Fautre. Ce n'était déjà plus un peuple dans la grande et noble acception du mot Le lion de Juda eut» du moins, la gloire d'un réveil héroïque dans son trépas même , et les xMuciiabées lui préparèrent de spendides funérailles*

Les Romains n*eurent pas la peine de vaincre; avec eux, ce fut la fin de tout; ils imposèieiiL aux juifs un roi étranger, Hérode.nduméen.

Hérode fiit un tyran magnifique ; il remplit la ville de palais et de jardins, releva ses murailles, les fortifia de tours imprenables, et bâtit un temple» supéi leur en étendue , égal en magnificence au Temple de 3alomQU M-naéme,

Le Christ aaquit au mOleu de ces malheurs, pleura

sur Jérusalem, l'arrosa de ses larmes, de sa sueur et

dQ âOB m^f et lui Isim. l'iueUaçabk malédictioa de * sa mort

La révolte des juifs conti'e les Romains fut le signal de leuc perte. Ou ^it les boiTeius du siège de Titus et cet assaut, le plus terrible |que l'histoire^ ait enr^ gisti'é dans les annales sanglantes de la guerre. Le feu, le fer» la fanûae et la peste se coiquraient pour la ruine d*un peuple. En deux mois et demi plus de cent mille morts sortirent par une seule porte. Un brandon est lancé coutil le temjUe; Tincendie, le massacre et le piUage passèrent sur la ville , et Titus entra par la brèche dans Jérusalem, qui déjà n'était plus qu ua amas de ruines; chaque soldat de la dixième %ioa

reçut» comme récompense et comim 9Qsmm% une

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médaille qui représentait une femme pleurant sous ua palmier : c'était l'image de la Judée captive.

On passa la eharrae stir les mines. Titas ne fit respecter (pic Uuib ln(ii-s, cuuiiiiu loiiiuiguage de i aiilique puissauceque venait d'abattre la valeur rcoaaine. U ftjt aussi conserver les portes du mur d'enceinte qui cou- Yiiiil kl ville à l'oceidenl, pour qu'elle pût servir de déleuse à sa gaïuison. 11 empoiia le trésor du temple, les rideaux de pourpre du sanctuaire , les vases sa-» crés, la table de cèdi-e n:\ êlue de laines d or et le cUaadeiier à sept branches , sculpté aujourd'hui sur r^ffc-de-trioniplie qui éternise sa victoire.

Les juifs lurent disperses à U avers les naliun^. La Jérusalem que nous verrons sortir de ces ruines ne sera plus la ville des juifs : ce sera la ville du monde chrétien, et les juifs y serout |)iuh eUaugers que uousmêmes.

Depuis ce moment, la véritable histoire de Jérusalem fut Thistoire duSaint-Sépuiae^uous l'avons écrite ailleurs.

Quand on entre à Jérusalem par la porte de Jaffa, on se trouve tout d'abord dans la ville du roi David, etron gravit le mont Sion. Nous avons la citadelle à droite, et Kal'ak — c'est une tour carrée assez forte, entourée de fossés et protégée par de hautes mm ailles. — Cette tour s'appelait autrefois la tour de David ; le moyen la noiiuna tour des Pisans. — Elle s'élève au lieu même où Héiodc avait b&ti la tom* Uippicus. U paraît

JÉRUSALEM

que reiriplacnnipnt était bon; les habiles prétendent reconnaître les traces de ces divex^ses architectures, tandis que de plus babiles eacore affirment que c'est la Tour même de David que nous voyons aujourd luu. — C'est sur le mont bion que le roi avait bâti son palais; c'est là qu'il reçut l'Arche d'alliance dans le tabernacle dressé pour elle; c'est là qu'il vit et aima celle qui fut l'épouse d'Urie et la mère de balomon; c'est là qu'il écrivit dans les larmes ces Psaumes encore murmurés par tant de bouches pénitentes. — Salomon, à son tour, bâtit son palais de cèdre sur le mont Sion; il y rendit le jugement qui porte encore son nom et y reçut, au milieu des splendeurs de sa cour, la jeune reine de Saba. C'était aussi sur le mont Sion qu'Hérode avait placé son palais, dont il ne reste plus le moindre vestige aujourd'hui.

L'ÉgUse vénère comme des sanctuakes les diverses constructions situées à l'extrânité méridionale du mont Sion. Elles nous rappellent les plus grands souvenirs du monde chrétien. Ici, Jésus institua l'Eucharistie et lava les pieds de ses disciples; là, il leur apparut le jour môme de sa résurrection, et huit jours après, quand il fit voir et toucher ses plaies à l'apôtre incrédule; là, enfin, quand les cinquante jours après la pàque furent accomplis , le Saint-Esprit , sous la forme d'une colombe, descendit sur les apôtres, qui se dispersèrent pour aller prêcher par toute la terre la bonne nouvelle de l'Évangile.

Le Cénacle est aujourd hui converti en mosquée.

On montre, adossée à cette inosquée même, la mai-

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