‹ La terre-sainteChapitre 12 sur 44 · OMAR HT SALADIN · texte numérisé non relu

OMAR HT SALADIN

la moscpiée suivit le sort de la ville et redevint musul-

mane. Telles sont les fortunes de la guerre.

Les premiers soins de iSaiadia s'appliquèrent ii restaurer là célèbre mosquée. — Il fomrnit en abondance

des marbres el des uiélaux. Son neveu, coiiiiiie jadis Omar, se rendit à la Sachrah , nettoya le sol de toute immondice , fit disparaître jusqu'au moindre vest^e des images dircLieniiCS, lava les murs et les lambris à I^usieurs reprises et les parluma d'eau de rose. — Sur la coupole de la Sacbrah , les cbrétlens avaient planté une grande» croix d'oi. (Jnand la ville se fut rendue, plusieurs musulmans s'élancèrent pom* rabaltt e : elle tomba aux cris de joie des uns, aux cris de désespoir des auires, cl pour cuiprunler les paroles naïves du chroniqueur, « le bruit fut tel qu on eût cru que le monde allait s*ablmer. »

Jamais , depuis ce jour, la croix n'a plus brillé sur le dôme de la Sacbi^ali.

Non loin du temple d^Omar, on nous a montré la petite mosquée d El-Ashab, — - mosquée des disciples, qui ne cherche poinl à dissimuler sa l'uime d'<':j;lise chrétienne. C'était autrefois Téglise de la Présentation, dédii'e à la Vierge, qui en ce lieu même fut consacrée au beigneur dès IA^m' de uois ans. Jusqu'à Tépoque de ses fiançailles, elle fut élevée à l'ombre du sanctuaire, avec les jeunes halmah, attachées ainsi qu'elle au service du Seigneur et qui figuraient dans les solennités religienses des Hébreux. Sur l'autre flanc de la montagne, en inclinant vei s la vallée de T\ ropéon, abandonnée aux Âlricains, on trouve la mosquée ii El-Mw

ISO

JÉRUSALEM

gharUek, ou mosquée des Maagrabini3. Lëà tuusulmaû^ ontcoiitQmedê tnohtrèr au sud du monl Môrilih F éml*

nence ou se tiendra Mahomet au dernier joui*, quand il jugera les hommes.

I mont Moriah vit aussi le martyre dè saint Jae*

qucs, qui fut lapidé pour n^avoii* pas voulu renoncer à la Xoi du Christ

On a tellement entassé lès ruhies sur cette fAotitagne, que pour retrouver le sol il faut mamtenaat creuser à une profondeur de 50 pieds.

11 y a beaucoup d'autres ruines à Jérusalem^ et toù< tes ces ruines sont des souyemrs.

Nous mentionnerons (V abord, tout près du Saint-Sépulcre, la prison de saint Pierre. On sait le miracle de cette délivrance et Fange déliant lès liens de Fapôtre, promis à un plus glorieux martyre. Une fois délivré, saint Pierre se rendit à la maison de Marie, mère de Jean , occupée aujourd'hcd par TégUsè des Syriens. - Les Actes font un récit d'une naïvolé ijimable.

« Pierre frappa à la porte, et une jeune illie, nommée Rhode (Rose) viat pour écouter. Dès qu'elle eut reconnu la voix de Pierre, dans sa joie clic n ouvrit pas , mais elle courut annoncer que Pierre était à la porte. On ïui dit : Vous avez perdu l'esprit, mais elle persistait, assmant que c'était lui. Alors on lui dit : Cest son ange. Cependant Pierre continuait à frapper, et lorsqu'ils eurent ouvert, ils le virent et furent dans la stu|>eui\ »

OHAft ET SAUkDIN. 431

Cette ëg^se, devenue aujourd'hui révise épiscopale

des Syriens, fut la première église des Grecs.

Un peu plus lom, vers le nord, le pèlerin rencontre sur sa route une église sous rinTOcation de saint Jean, qui appartient encore aux Grecs. C^était autreibis la maison de l'Évangéliste et de son père Zébédée.

Tout à côté, et toujours dans la direction du nord, d'assez belles ruines ogivales, au milieu d'un vaste enclos, qui tente vainement de devenir un jardin, attestent la puissance des hospitaliers de SainWean , qui fureiil plus tard les chevaliers de Rhodes, et, plus tard encore, les chevaliers de Malte.

On Ta voh* au bout de la me des Paumes , où Ton distribuait jadis aux pèlerins les palmes de Jéricho, quelques décombres gisant dans la puanteur d*nne tannerie turque : c'est tout ce qui reste des deux couvents de Sainte-Marie-Majeure et de Sainte-Marie- Latine.

Hors «les mura*

La partie extérieure de Jérusalem n'olïre pas moins d'intérêt — Une promenade hors des murs est féconde en sonrenirs. — Partout les témoignages de la grandeur évanouie et de la misère présents. Ici une piscine desséchée; plus loin un afjiieduc rompu, auprès d'une tour qui penche ou d'une muraille qui tombe; puis le camp des grands sièges qui ruinèrent tant de fois Jérusalem; — le camp des Assyriens , au lieu même où Isirïe prédit que le Christ naîtratt d'une yierge. « Voilà que la vierge concevra et enfantera un fils, et elle TappeUera Emmanuel; » le camp de Titus» et le camp des croisés qui, avant eux, fut celui de Sennachérib et de Nabuchodonosor, et après eux celui des Sarrasins.

De grands tombeaux , que Ton découvre à chaque

pas, semblent Fomement naturel de cette promenade

mélancolique. — ^C est d'abord €J lui d'Hérode Agrippa,

dévoré par les vers à Césai^ée, à Tinstant même où ses

adorateurs venaient de le proclamer Dieu; les ruines

du tombeau d'Hélène et de son fils Isate. Quand on

pousse Te^cursion jusqu'à une demi-lieue de la ville »

JÉRUSALEM

on arriTe à d'autres tombes qui ont une grande eélé-

brité dans les antiquités juives, je veux parler des tombeaux des juges. Il n*y manque absolunu ut que les juges. La plupart, on le sait, furent ensevelis dans leurs tribus. Quelques-uns ont prétendu que ces tombeaux étaient destinés aux membres du Sanhédrin.

Quand on n*a .pas visité l'Orient, <«i ne se fait point une juste idée d'un tombeau juif : le même mot, en passant d'une civilisation dans une autre, ne doit pas toujours réveiller la même idée.

Presque tous les tombeaux juifs sont taillés dans des rochers. Une porte, perpendiculaire au rocher, ordinairement petite et sans ornements, s'ouvre sur une bu plusieurs cbambreâ, de niveau avec la porte, et dont les parois sont grossièrement taillées dans la pierre. Pour obtenir cette coupe perpendiculaire de la porte, on coupait souvent le rocber à angle droit, une tombe correspondant à chaque angle. Souvent, au contraire, on pratiquait une excavation carrée dans le roc, et on créusatt le sépulcrè dans trois dé ses côtés.

Les dispositions intérieures n'ctaioiil pas toujours les mêmes. Une porte basse donnait toujours entrée à un petit vestibule; en face de cette pointé, une se* conde, toute pareille, conduisait à la chambre sépulcrale. Voici où se trouve la différence : dans quelquesuns de ces tombeaux, les nicbes étaient disposées per« pendicuiairement à rouverlurc. On pouvail ainsi placer dix ou douze corps dans un tombeau comparativement petit Dans les autres, au contraire, les niches sont disposées paraiièieuieul à ia secliuu arcbitectu*^

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raie, et on plaçait dans le sens de la longueur, sur une suiface unie et plane , le cadavi^e ou le sarcophage. En face de la porte , on ménageait presque toujours une petite niche propre à receToir le co|*p$ d'un enfant ou une lampe funéraire.

Cette disposition, que nous retiouvons dans les monuments désignés sQus le nom de tombe des rm, était réservée aux riches et aux grands.

C'est celle que lious relrouvons aussi dans le sépulcre du Christ, qui était destiné à ne recevoir qu'un seul corps. Les Juifs placent ordinairemcnL dans la tombe les corps enveloppés de linges et d'^om^tes , mais sans recourir aux procédés d'embaumement • compliqués des Égyptiens , et sans les enfermer dans des bières hermétiques , Souvent on creusait mi peu la piei 1 e , pour qu'elle pût recevoir le corps , comme fait une couche souple et molle; on laissait, au contraire, une élévation de quelques centimètres pour porter, comme un coussin, la tête penchée dans le sommeil étemel. Nous avons pu observer la même disposition dans des tombes étrusques ou gi^ecques et dans quelques sépulcres de l'Asie Mineure. Parfois encore, on a creusé le sarcophage dans la pierre vive, et un couvercle, posé à plat sur ses bprds^ lerçferme comme nos cercueils.

On peut voir un exemple de ce mode particulier de sepullm e dans une tombe syrienne p^*ès du kkan iLesTossan, entre Tyr et SiUon.

Le monument qu'on appelle 1q tombeau des juges ajpjpai lient à cette classe, mujs ii Qstcousticuit dans des

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proportions beaucoup plus considérables. Ce n'est plus une simple chambre et un petit vestibule , c'est toute une complication d'appartements, séparés par des corridors , divisés en étages et reliés par de vastes escaliers. La façade a des ornements qui appartiennent au style grec avec un certain mélange de goût ^yptten qui en rend Tâge assez problématique.

L'entrée dos tombes est tournée vers Touest et regarde ainsi notre Europe. Le vestibule a k mètres 33 centimètres de long sur 3 métrés de large. La porte n a d aiili c ornement qu'une simple architrave, avec un ironton grec et des acrotères au milieu et aux extrémités.

La première chambre, à peu près carrée, a 6 mètres 66 centimètres de long , 6 mètres 33 centimètres de large, 3 mètres de haut

En entrant dans cette chambre, le visiteur trouve, à sa gauche , deux étages de ces niches mortuaires que les Romains appelèrent plus tard loculi. On en compte sept au premier étage : de niveau avec le sol, et perpendiculaire à la section delà chambre, chacune d'elles a 2 mètres 33 centimètres de long , 91 centimètres de haut, 55 centimètres de lar<j:e.

Le second étage est à 1 mètre 25 centimètres au-dessus du sol de la chambre; il comprend six niches réunies deux à deux par une arche cintrée. Outre les loculi contenus dans ces arches, une surface plane a été ménagée sur le devant de Tarche, de manière à recevoir soit un corps, soit un sarcophage.

A sa droite et en face de lui le visiteui' aperçoit deux

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