TOMBEAUX D£3 ROIS
de la plus ^omptueose) rapporté eu France par M. de Saulcy.
La première salle ne contient aucim sarcophage :
trois autres rliamljics sont percf^es de niches vides aujourd'hui. On remarque de petite réduits carrés, cachettes à trésor, dont l'ouTerture était masquée par la tête du sarcophage. Ces trois chambros ouvraient sur le corridor par de belles portes eu marbre d'une seule pièce.
Deux caveaux, plus profonds que les trois chambres, formaient comme des sépultures d'honneur. Un sarcophage déguisait l'escaUer par lequel on descendait à ces caveaux.
On a hésité longtemps, en présence de lem s caractères orcUtectQniques, sur l'époque qu'il fallait attri^ huer à ces monmnents.
On avait cru d'abord — et Chateaubriand a partagé cette erreur — qu'ils dataient de la basse époque de l'art '^rec.
Un ej;.ume|i plus attentif les a restitués à la période salomonienne. On avait cru d'abord découvrir, dans les détails de rarchitectiu'c, la volute ionique, les triglfphes, et des métopes décorées de boucliers qu'on avait prises pour des patères grecques ; mais on rencontre ces détails dans l'architecture d'Assyrie et d'Égypte, antéiieure aux migration^ de l'art; orieutal en Grèce*
La façade du tombeau des roU ne présente pas une
simple frise, mais un ordre complet d'ai cliiteclure. La frise et la <;oxniclie ne couvrent pas t^ute l'ouverim^ ; elles font un retrait considérable. On ne rencontre pe^
iUO JÉRUSALEM. '
ici l'architrave des ordres grecs, mais un large encadrement faisant retour d'équerre et entourant la baie tout entière. Dans le listel qui fait saillie^dans la guirr lande qui le décore, on a sculpté en relief Tacanthe, l'olivier, le palmier, la grenade, le gland, la feuille de vigne et la pomme de pin.
Aux deux extrémités de la frise, on distingue quatre trip:lypbes et quatre métopes portant un bouclier. Au centre, la grappe de raisin, entourée de deux couron« nés de laurier aux feuilles imbriquées. On sait que . la
a[)pc de raisin fut quelque leiiips la marque de la monnaie juive. Les couronnes sont séparées des deux parties latérales de la frïse , par un faisceau de trois palmes. La corniche ne fait pas saillie au-dessus des premières moulures qui couvrent le tailloir des triglyphes, comme il arrive toujours dans la corniche • des ordres grecs. Les moulurer , au contraire , s*étagent un peu lourdement, les unes au-dessus, des autres. Le faire de ces ornements n'a pas non plus la fermeté précise et la correction élégante »du ciseau grec : mais on y sent la liberté, le caprice et la force d'un art créateur et spontané.
Les débris de toute nature vous laissent dif&cQement pénétrer dans l'intérieur des tombes, où Ton découvre de vastes sarcophages en pierre, des colonnes brisées et des portes en pierre, comme les sarcophages. Qui reposa jadis dans ces grottes , et quels ossements ont découverts les voyageurs qui nous ont précédé 7 ISul ne le sait, et les conjectures s'échangent en face d'uu Um" beau vide.
Citons encore, pour terminer cette nomenclature funèbre, le tombeau de Simon le Juste, qui porte» comme Atlas, le rocher affaissé sur son couronnement ; celui d'Alexandre le Tuiur, t\iau détesté. «Voyons, demandait-il aux juifs, pour vous contenter, que faut-il donc faire? » Mourir, lui rëpondit-on. Enfin, le tombeau d'Absalon, non loin de ce torrent de Cëdron que traversa, pleurant, pieds nus et la face voilée, David qui 'ftiyait devant son flis. Aujourd'hui encore, les femmes juives |ou arabes qui traversent la vallne prennent une
pierre dans le torrent et la jettent contre le tombeau du maudit.
Le tombeau d'Absalon appartient à un autre ordre de sépulcres ; c'est une tombe isolée. Elle est située dans la partie la plus étroite de la vallée de Josaphat, àTendroit où le banc de rochers qui S'étend vers Fést se teriniiie par un escarpement perpendiculaire, juste au-dessus du torrent : cette tombe est carrée. Toute la partie inférieure est malheureusement engloutie sous une masse de débris. C'était un bloc compact de roc d'environ 7 mètres carrés, complètement isolé par des sections verticales. Cette masse carrée a un pilastre à chaque angle, avec un quart de colonne adhérent, et deux demi-colonnes sur chaque face. Ces pilastres semblent appartenir à Tarehitecture grecque, et les colonnes ont
des chapiteaux, ioniens. Leurs bas(^s sr perdent dans
les buissons, elles supportent un entablement d'un caractère mixte : la frise et l'architrave sont doriques ,
avec des trigh phes et des gouttes : la métope est occupée par un disque circulaire ; mais au lieu d'une cor-
iki IËBV8ALBM.
niche régulière, c'est une sorte de corniche égyptienne.
Ënân il y a encore au-dessus une attique carrée de plus de 2 mètres de haut , surmontée é!me corniche simple. Lne nouvelle atticpie, circulaire, est couronnée d'un toit pointu. — Au-dessus de la corniche égyptienne, c*est de la maçonnerie; au-dessous, c'est le roc même. Les quatre côtés sont les mômes ; mais celui qui regarde la ville est d'une e:^écution plus soignée. On a ménagé une chamhre dans le rocher; elle est tellement encoailiréc de débris de toute nature, que Ton n'en peut déterminer ni la profondeur ni leà dispositions. Elle n'a pas tout à fUt B mètres carrés , et se rapprociie de la partie sud du rocher, ce qui a permis de pratiquer des niches construites au nord^ et à l'ouest, n n'y a pas de porte , mais un plafond à compartiments assez ornés , avec une moulure grecque en forme de corniche. La seule entrée présentement visible est fort étroite et placée presque au sommet du monument. Il est hors de doute qu'il y en avait une autre, plus large et située plus bas, conduisant k dei^ chambres que nous ne retrouvons plus.
Nous ne saurions déterminer l'âge précis de cette tombe sur laquelle le nom d'Absalon ne nous fait pas la moindre illusion, mais elleest incontestablement antérieure à Constantin. On trouve dans l'Asie Mineure qu^ques spécimens de ce$ tombes monoUthes; elleç sont asses nondireusea dauç la nécropole dQ Pétra*
Un escaUer de chiquante marches conduit dans une ^UsQ souteaaiaebdtie sur une grotte également taillée