‹ La terre-sainteChapitre 15 sur 44 · LA VALLÉE DE JOSAPHAT · texte numérisé non relu

LA VALLÉE DE JOSAPHAT

dans le rocher, où Ton dit que la Vierge dormit du sommeil de la mort jusqu'au joui' de son assomption gloriease. ^ Du reste, toutes les montagnes qui environnent Jérusalem sont foiûUëes , creusées , percées

dans tous les sons, connnc si elles s'attcndau^ul à rcceToir un jour dans leurs lianes de pierre les dépouilles du monde.

On associe volontiers à ces images ln;;iil)i es li^ iioin de la vaUée de Josaplml, Uibunal suprême pu le Christ Rendra les Grandes-Assises du monde.

La ^ nlléc de Josaphal s'élend du nbrd au sud, entre la ville de Jéiusalem et la inunlague des Oliviers. Le ^te est âpre et sauvage. Le lit desséché du torrent laisse voir de toutes parts un sable aride, mêlé dé terre... Les pentes sont depouiiieub cl i i cubées eu A a\iiis par lè passage des torrents; çàet là les rochers^ ossements gigantesques du globe, percent le tuf aride, èt dressent leui» pointes aiguës, Laiidis quua palmier tommonté étend ses longs bras maigres à côté d'un cyprès dont lés rameaux n'ont pas d'ombre.

Ai-je bcsoiii du dire quelles pensées viennent iiaLureUemeiit vous assaillir en ces lieux, dans ce silence et cette 'toISude t Les graves pensées de la mort^ les évocations du jugement suprême et de ce dernier jour où le Fils de rhomme, entom^é d'une gioii^e terrdjle, descendra sur ua nuage et viendra juger les p^es généra* lions pressées dans ,U)sa[)li;it trop étroit.

jLa vallée dftjosapbat a toujours été r^ardéc comme un dmeti^ Moi; c'est le champ du repos par excel^ lence ; les cendres qu'il i^ardc rcvcUlcronl les pre-

ikk JÊBUSALEM.

mières au son de la trompette fatale. —Chaque année,

pour avoir une pois^née de cette terre sur leurs vieux os, des juifs misérables avares — quittent les pays lointains, bravent la mer, affrontent les Arabes, heureux de s'endormir et de reposer à jamais cuire ses roches arides... — Au moyen âge le monde chrétien partageait cette préférence superstitieuse. Nous avons retrouvé la terre de Josaphat dans plusieurs cimetières d'Italie. Ce fut presque une révolution àPise quand on ferma le Cantpo^anto, si célèbre dans toute TEurope; ce que le peuple regrettait, ce n'étaient point les peintures d'Orcagna, de Cimabué, et des deux Memmi, c'était la terre de Jérusalem et la poussière de Josaphat, rapportées par des caravanes de pèlerins.

Je comprends ces attractions mystérieuses et puissantes elles tiennent à la nature même de Thomme, qui frémit au bord de sa tombe, et qui se rattache, dans la mort môme, aux espérances de rimraortalilé. J'ai rencontré dans les Orcades et dans les Hébrides de pauvres matelots , et des paysans meonnus faisant jurer àleurs enfants qu'ils les porteraient unjour dans rile sainte d'Iona , et il y a quelques mois à peine , un de ces Turcs dévots qui se croient seulement campés en Europe , méprisant la nécropole d'Éyoub , et les cercueils de cèdres drapés de cachemires de la Soleymanleh, m'assurait qu'à ses yeux— et il parlait comme beaucoup d'autres — le plus grand des malheurs qui pût lui arriver, ce serait de ne point repasser le Bosphore dans le calk bleu des défunts , pour aller dormir à l'ombre éternelle des*cyprès de Scutari.

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