‹ La terre-sainteChapitre 16 sur 44 · LE JARDIN DES OLIVIERS · texte numérisé non relu

LE JARDIN DES OLIVIERS

Le cimetière des juifs est à gauche^ dans la vallée ; celui des musûlmans est à droite. Un auteur grave ajoute en manière de réflexions : u Ils ont pris la droite au dmetière pour ravoir au xugemept dernier. »

Le mont des Oliviers , si célèbre dans les souvenii*s chrétiens, borde à l'orient la vallée de Josaphat : cette vallée et le torrent de Gédron le séparent de Jérusalem. Du pied des mm s au sommet de la montagne il peut y avoir une demi-lieue environ. La montagne inrésente à Tœil trois cimes bien distinctes : elle a été d(^poui11ëe en partie des oliviers qui lui donnaient son nonL Sa base est pierreuse et son sommet aride ; mais On trouve à mi-côte divers arbustes: des caroubiers , des citronniers, des vignes, des amandiers et des ii^uiers.

Du temps de DaVid, les Jardins du Roi étaient situés sur la montagne élargie en terrasse : il n'en reste plus de traces aujourd'hui; c'est un autre jardin qui attire les pas et Tattention du voyageur.

Ai-je besoin de nommer le Jardin des Oliviers ? Ge Jardin est situé sur le bord mèiiic du torrent , non loin du village eu ruine de Gethsémani dont il a souvent porté le nom. Le Jardin appartient aujourd'hui aux Pères Franciscains, quironl aclicLè et entouré d'un umr. On entre par une porte basse et tout en fer. Le Jardin peut avoir soixante-dix pas de long et cinquante de large. On y vénère huit oliviers , sous lesquels , dit la ^adition, Jésus est venu souvent méditer et prier. Ces oliviers auraient aujourd'hui disi-neuf cents ans; il n*y a là rien d';mpossible... Tolivier est, pour ainsi dire,

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immoilel, parce qu'il rcûatt de sa souche ; le vieux tronc se credse , on le rempUt de pierres et de terre

pour qu'il puisse résister au vent : chacjue année on amoncelle autour de lui Tliumus végétal, la cime monte encore, Técorce rejette, et le yieil arbre noueux se parc de yerdure et se couvre de fruits. — Chaque olivier est moins un arbre qu'un amas d'arbres : on dirait Un Daisceau de colonnes tordues et violemment réunies : les tiges îiombreuses s'agglomèrent sous la même écorce, et s'incorpoK ut à la tige maternelle comme pour assurer Téternité de l'individu avec la perpétuité renaissante de ses membres. J'ai vu, je crois, les plus beaux oliviers du monde au Camiel, en Galilée et dans la Saniarie , en un mot, dans tous les sites

où les plus lieureuses circonstances favorisent sa croissance : je n'en ai vu nulle part qui présentassent un caractère de vétusté plus frappant que ceux de Gethsémanl, planlcs entre les rocliers arides.

Le Jardin des Oliviers vit comme le prologue du grand drame de la Passion. Jésus y fit sa dernière prière, et y ressentit à ravanceles angoisses suprêmes et les affres du trépas... u Mon âme est triste jusqu'à la mort ! » et se retournant vers ses apôtres, « demeurez ici, leur dit-il, et veillez avec moi, »

£t il s'éloigna d'eux, dit saint Matthieu» à la dislance d'un jet de pierre.

Or, h cette distance d'un jet de pierre, il y a une grotte, que Ton appelle encore la grotte deTagonie !

Cette grotte est dans le rocher; on y descend par sept degrés j elle est de forme presque ronde, soutenue

L£ JARDIN DES OUVIERS.

par trois gros pilastres bruts ébauchés dans le roc. La grotte est éclaiiéc par une ouverture, pratiquée dans le cœur même de la roche , et qui laisse tomber d'aplomb la lumière du ciel. La grollo a quinze pas de diauiètie. On a placé un autel eu lace lU' i eiilt et*, et deux autres de chaque côté. L'autel ceutral indique la place traditionnelle où Jésus sua le sang de ragonie. On a posé ceUe iiàsciipLiuu siuiple et touchante, Uujut les paroles sont empruntées au texte même de i'ÉyanfplB : « là lui vint une sueur comme du sang , dont les gouttes décuuiaicuL jusquà terre;» ici , pu ur parler comme TÉcritiire» les torrents de Tiniquité Tont houleirersé et les douleurs de la mort Tout environné.

Le U'inps a lait disparaiUe dcb peiuLui'e^ dont ou avait «1»^^' les parcHs des rochers; un jour peut-être m fera-i41 autant d'un certain chemin de croix en faïence jaune, que 1 ou a iuci uslc daus le mur du Jardia. Aujeonl'hui le Jardin des Oliviers est Uèn temt sur le deva^ en cultive un parterre : il y a fie joHes coi beilies de fleuà b a quelques pas du lieu oùl'lscariQte vint trahir soft mitre par ua bais^.

te ttiéàtre de rabaissement Ait aussi celui de la gloke 4 au bas de la uiouLagne, la grotte del agonie; an MSilnet, la pierre de Tascension.

Le quarantième jour après sa Résurrection, le Christ phi avec lui les apùUes el les disciples; ils allëreat ensetthle jusqu'à fiéthanie, pms regagnètisat le mont des Oflviers, et ayant élevé les mains , il les bénit , et il arriva que, les beuissauL, il se sépara d'eux et s'éleva au ciel où il est assis à la droite de Dieu, « lais*

JÊaUSÂLEM.

sant, dit la tradition, l'empreinte visible de ses pieds sur ta montagne. » Il n'y a plus aujourd'hui que la trace du pied gauehe, tournée yers Foccident Je n'affirmerai pas l'avoir parfaitement distinguée, soit que . les baisers de la dévotion aient altéré les vestiges primitifs, ou que ce pied divin , prêt à partir, n'ait fait sentir à la pierre ëiiuie c[u une trop molle pression.

On montre encoi*e les ruines d'une église bâtie par sainte Hélène , au lieu même où Jésus monta au ciel. Il ne reste plus aujourd'luii que le pavé, quelques pans de murs et des naissances de colonnes brisées. On rapporte que la coupole du temple demeura toujours à ciel ouvert; quand on voulait la fermer, la pierre se retirait d'elle-même, comme pour laisser libre le passage du Ressuscité. On dit ^core que c'est au même lieu que descendra le Christ au dernier jour, <c il posera ses pieds sur ^a montagne des Oliviers, qui est vis-à-vis de Jérusalem. »

J'ai dit que le mont des Oliviers avait trois sommets ; celui de droite s'appelle le mont des Galiléens , « mri GaiiCcèi; 9 c'est là, dit-on, tque les gens de Galilée allaiiiu ^ilauter leurs tentes, quand ils veiiaienl à Jéioisaiem. Le sommet opposé est le mont du Scandale , sûr lequel Salomon fit bâtir des temples aux idoles de ses femmes, Moloch, l'ammonite, Chamos, le moabile, et la sidonienne Astarté.

Une seconde vallée , la vallée de la Géhenne , suc* cède à la vallée de Josaphat; on l'appelle aussi la vallée des Enfants d'Hennon. La fontaine de Siloé répand, entre les deux vallées, ses flots silencieux et

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