‹ La terre-sainteChapitre 17 sur 44 · VALLÉE DE GEHENNE · texte numérisé non relu

VALLÉE DE GEHENNE

calmes; moins abondante au soir qu'au malin, ^^omme si la fraîcheur des nuits rayiyait sa source épuisée.

Presque toutes les ioataiiu^s, autrefois fameuses , sont aujourd'lxui taries i près du rociier. de Minerve Athénienne, j*ai vu Gallirhoé sans eau ; le Gephise mouille à peine le pied des lauriers-roses , etTIUssus u'a plus assez d'eau pour airèler les pas d'un enfant I

On aperçoit, au fond de la vallée de Géhenne, le site infâme de Tophetli, où les rois idolâtres , au milieu des jardins, et des bois, immolaient les eniants au dieu Moloch : une statue de bronze ardent les étouffait dans SCS embrassements. Les chants et le bruit des instruments couvrait leur voix; puis la prostitution succédait au meurtre, et les mystères infâmes suivaient les mvstères sanglants. Mais voici que Jérémie prédit la vengeance : « Les jours viennent, et on ne dira plus Topheth ni vallée des iUs d*Hennon, iiicùs vail(*e du carnage. » Les Ghaldéeus et Tilus vengèrent Dieu; mais le nom de la vallée demeura si plem de terreur, que les juifs s'en servirent pour désigner l'enfer ; et nous-mêmes, ne disons-nous pas encore aujourd'hui, les feux de la Géhenne '/

On va voir, au-dessus des tombes violées de To^ pheth , le champ du potier devenu le champ du sang,

ÏHaceldama de J udas.

La vallée de Gihon, ou vallée de la grâce, prolonge la vallée de Géhenne et tourne vers le sud-ouest

Quand on arrive au sommet du mont des Oliviers, on découvre un horizon sublime et métancollque« Du

Digrtizeij Ly <jOOgIe

JÉaUSALEM*

c^të de l'orient, le regard glisse sur des monlagDes éësertes et nues, plonge dans la yallée du Jourdain, ombragée et fraîche, et s'arrête sur ] os flots endormis de la mer Morte ; au sud, les monts Moabs, noyés dans mie vapeur bleue, se dressent comme un mur èt ferment rentrée de l'Arabie Déserte. Au uiilieu de leurs escarpements, le Nébo détache, par une saillie vigoureuse, sa silhouette abrupte et sa hauteur décapitée. Au nord, les montagnes rVÉpliraïm, couronnées de mines et de verdure, courant iusqu'au centre de la Samarie pour rejoindre le Garilzim et THébal; au couchant, dans la splendeur du ciel oriental et toute dorée de rayons, Jérusalem, av^cSion et le Golgotha; puis le temple , la touf de David, les coupoles arrondies du Saint-Sépulcre, et la flèche aiguë et blanche des minarets : A mesure que l'ombre descend du ciel, les souvenir^ semblent monter de la terre, et devant spi , involontairement, l'on ( \ 04ae toutes ces longues histoires, mêlées de gloire et de malheur, pleines de sang et de larmes.,, puis, quand lentement et pas à pas, on reprend le chemin de la ville, traversant le torrent de Cédron ou la vallée de Josaphat, il semble que Ton entende encore ou les gémissements de David, ou les lamentations de Jérémie^

Ml

Ijw ehrétiem de Jéramlem..

Oi) ti'onve h Jérusalem des représentants de presque toutes les communions chrétiennes.

Voici, d'a|»*ès leur ordre d'importance, les princî- , paux diguitaii^es ecclésiastiques, actuellement résidants :

Un patriarche latin ;

Un révérendîssime p:ardien do Terres-Saintes ;

Un patriarche melchite (grec-uni), et l'évéque de Lydda ;

Le palliai ciie ^rec schismatique et plusieurs évêques ;

Le patriarche arménien et plusieurs évêques ;

Un évéquc cophte ; ' Un évéque protestant,

Leisf juifs ont aussi un Graind-Rabhhi à Jérusalem, et les musulmans, un Cheikh, un Khatib, des Imans, des Muezzms et des Gayhns.

La population actiieUe de Jérusalem peut se répar?

tir ainsi ;

JÉRULAL£M.

Maiiométons . . • • ^ 5,000

/ Grecs ^,000

Catholiques 900

... Arméniens •••••• 350

Chrétiens:

J Gophtes • • 100

f Syriens 20

\ Abyssins 20

Juifo , 7»i20

I>e ravis de tous, le patriarche latin est rhomme

éminent de Jérusalem, et l'un des hommes les plus considérables d'Orient

Monseigneur Yalerga est Génois : il réunit au zèle d'un apôU'c la finesse d'un diplomate, et d un diplo-* mate italien. Jeune encore, il a. déjà parcouru une grande partie de TAsie; comme saint Paul, Q est tombé deux fois entre les mains des infidèles, sans

que rien ait pu jamais airêter ses courses saintement aventureuses. Pie IX, attentif à tous les besoins de la chrétienté, et dont la main souveraine a relevé le siège antique des patriarches , ne pouvait donner un plus digne successeur à Jacques, à Shnéon, à Marc, à Mazabane et à Maurice, revêtus de la pourpre triomphale des martyrs.

Monseigneur Yalerga connaît TOrient comme peu d'Européens l'ont connu : il en sait les langue s savantes, il en parle les idiomes familiers; il en a pénétré la politique somnolente; il a étudié les secrets de sa civir lisalion intime; etlui-tnôme, par la dignité de sa vie et la noblesse de sa personne , il a conquis tous les respects et entraîné toutes les sympathies, n faut un peu

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