L£S CHRÉTIENS DE JÉBU&ALEM
Les Grecs Unis , qui sont demeurés en communion avec le Saint-Siëge , ont à Jérusalem un patriarche et un évé(\uQ, titulaire du siëge de Lydda. Ces Grecs sont
Uoinièles et J>oui>, mais pauvres, peu uoaibreuxet peu influents.
Les Grecs sckismatùfucs , au nombre d'eiiviron deux
mille, ont, au contraire , un niaginli(j[ue couvenl, un
patriarche, plusieurs évéques et une cln(|uan|ame de religieux.
Nous n'avons point ii [aii e ici Thistoke du sciiismo de Photius ; plusieurs fois les Grecs se sont réconciliés avec Borne , et toujours ils sont retournas à leurs an-
cicrmes i'i leurs, rej<'tant Ja sup^émçitieduPaçe clTar-
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Esprit <( procède du Père et du Fils. » Ils font le signe de la croix on portant la main (le l'cpaale drolto à la fjçauçhe, ont ung litur^ç complicjnée et pi^almodiept d'jnterminables pîrières. Ce sont \^ nos plus dangereu:^ e'nneinis. Suudoyos par l'or ot a[>[>uy('s par h* for dos Russes I jis usent 4^ tops les ipoyens pour usui^^r pouce à pouce leç sanctuaires que nous attribuent des traditions iDiinéniorialos , confirmocs par la possossion. Ils ont ^ Jérusaiem dix couvents d'hommes et trois couvents de femmes. Ces couvents reçoivent Chaque annco, au momont de la pAquo , cinq à si\ Jinlle pèloi'in^ , c|ui s§ reudeut prpçessiounelleiaent aij Jo^rdain et à la mer Morte. Ùn de qes évéques grecs porte le nom du f<vf; voiri pour(pioi : chaque ^aa^gf 4^§ A'?|fFès.iï)idi dp samedi sgipt, les Grecs se
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dans rintérieur avec un derge éteint, il reste enfermé quelques inslanls, puis il ressort, tenant à ia luaiu le cierge allumé par un feu miraculeux qui descend du ciel à sa voix. L'évéque communi(|ue ce feu aux assistants , qui se répandent iuiniédiatement par la ville , avec des cris, des chants et des danses qui rappellent, par leur Tiolence et leur désordre, certaines scènes des saturnales aiiii(iiios.
Du reste, le clergé grec de Jérusalem fait très-habilement «^5 a/fatres, et la crédulité de ses fidèles lui vient merveilleusement en aide. 11 n'arrive pas à Jérusalem un Grec de quelque importance, que des notes très-: complètes et très-détaillées n'aient été envoyées à l'avance. iVivn u'osi oublié : ni les circonstances de famille, ni la position, ni le caractère, ni la fortune ; notez ce dernier point : on traite le pèlerin en conséquence. Une des spécialités los plus avantageuses de ce petit commerce du couvent grec , c'est la vente de certaines places en paradis. Ces bons nioines grecs ont insinué à une foule d'hoiiiiétes gens que le ciel était divisé en stalles numérotées : ils ne se contentent pas de promettre une entrée, ils réservent la place. J'ai connu un brave négoci^iiitde Smyrne qui a payé vingt uiille piastres pour être dans le voisinage de saint Georges , son glorieux patron.
Les Arméniens occupent tout un quartier de Jérusalem, auquel ils ont donné leur nom. Convertis par saint Grégou*e, Yllluminateur^ ils embrassèrent bientôl l'hérésie (rKutychès, qui u adnini qu une seule nature en Jésus-Ghriât. Ils ont des docteuis qui sont, de leur
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part , l'objet d'un respect profond. Le docteur parle assis, et porte uiie crosse couime celle du patriar* che.
Le couvent des Arméniens est un véritable palais : il serait remarqué partout, il reuTeruie des jardins et de vastes promenades; il communique avec un hospice iiiijijense, où des chauibres sans iionibre attendent les pèlerins de la nation. Les Arméniens sont généralement riches, et les pèlerins laissent au couvent de nombreuses marques de leur générosité.
Les moines arméniens ne louent pas les chambres de leur couvent : Us les prêtent donc? Encore moins, ils les ^ eudenl. On achète à perpétuité une cellule dans laquelle on couche trois ou quatre jours : on part, la cellule est revendue à un nouvel arrivant, ^et ainsi de suite indéfiniment.
Les pèlerins, qui sont riches et dévots , savent trèsbien cela, et ne s'en formalisent pas le moins du monde : il faut que tout le monde vive!
Nous allâmes rendie nos devoirs au patriarche qui nous accueillit avec une courtoisie extrême.
Quand nous ciuncs fait annoncer notre visite, il envoya au-devant de nous, jusqu'à la première porte, deux officiers de sa maison qui nous introduisirent dans mie vaste et splendide «^^alerie, où se tenait le patriarche, gravement assis à l'angle de son divan, le narghileh à la main ; il fit quelques pas à noti*e ren* contre. C'est un beau vieillard, œil noir cL vif, et barbe argentée, avec une physionomie ouvei-te, loutù lafois souriante et maj^stueuse. J*admhrais la soujdesse
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soyeuse de sa longue robe blanche, bordée de fourrare également blanche, et retenue aux flancs par une lai gc ceinture. Il citait entouré de quatre ou cinq cvéques, ainsi qu'il convient k un Prince de l'Église. Sa main longue, aux doigts lissed, sans aucuns nœuds, s'appuyait sur un bâton d*ébène, à pomme de nacre. On nous offrit le tombaki de Perse , les sorbets à la rose, les confitures de cédrat, et le moka des caravanes, servi brûlant et sans sucre, dans de petites tasses du Japon, posées sur des supports évases en calice , dont le filigrane d'argent est ouvragé à Damas ; de nom* broux serviteurs présentaient ensuite à laver dans des aiguières ciselées ; de jeunes enfants venaient après eux, portant des serviettes de lin, brodées de soie aux vives couleurs ; de lai ges fenêtres, symétriquement disposées, révélaient une entente savante de la ventilation si nécessaire ep Orient , leurs ciselures merveilleuses feraicnL honneur aux mains les plus habiles de France ou d'Angle len e : j'ai rarement vu le fer travaillé avec cette perfection.
Ce vaste salon n'avait d'autres meubles que ses divans : ses parois nues étaient peintes à la dctrenjpe, bandes roses très-claires sur un fond d*un blanc vif : aucun ornement; mais, au-dessus de la grande fenôti*e orientale, la colombe mystique, en demi-rçlief, descend sur la terre en battant des ailes*
Après les premières généralités de la conversation, le patriai'che causa de l'Europe qu'il paraît connaître, et nous entretint des questions brûlantes du moment, avec une justesse et une précision que nous avions déjà
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rencontrée chez iiionsoigneiir Valerga : les événements leur tionoent aujourd'hui raison à tous les deux.
Au moment 4e prendre congé, le patriarche fit apporter dans le snlun un portrail de Tempereur Napoléon, a son grand ami , » nous dit-il. Le boa patriarche possède ainsi les portraits de tous les souTerains (rKino[)<', qu il uviiibe à ses visiteurs, après s'être préalablement assuré de leur nationalité.
Nous descendîmes dans Téglise, ornée de ]^oîntnres et décorr^o avec une ma<2:nificence asiatique. Ce nVst pas de Tart coiTect , et ces tableaux ont parfois des naivétés étranges, mais la couleur en est harmonieuse et douce.
Un de ces t^lcâux, nall' comme une légende, raconte, con^noe ayec le pinceau de GimabUe , Thistoire touchanto d''s 0//(n-<uiic Martyrs. La uK'tne toile présente, l'unit ^ CÔL4 de l'autre, les diverses scènes de cedi ame pieux et sanglant.
Ici, on la mère rappelant les bourreaux et Irnu* montrant sou lils qu'ils oubliaient; plus loin, l'apostat se détpume du supplice et offre Tencens aux faux dieux ; un des soldats accourt, prend sa place, complète ainsi le nombre des. quarante , et olilient la couronne yacante, que les anges lui apportent du ciel.
Ce tableau est en grande vénération dans toute la cçmniupion ^ménienne.
Les prêtres qui nous conduisent nous montrent très-complaisamment toutes les particularités de leur église: la croix de leur autel, étinceiaate dans un nimbe de rayons d'or^ les cymbales de eairre qui
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accoiiipagiieul leurs chaals , la lame de fer et la planche de chêne qui» ches eux, remplacent les cloches, et dont le frottement produit des sonorités diverses.
Nous avons remaïqué, dans une des nets latérales réservée , aux femmes, une table d'autel fort simple» soutenue par trois pierres en grande vénération dans tout le couvent ; ime vient du binaï, l'autre du Thabor, la troisième du Jourdain.
Nous n'avons pas moins ^cnéré le lieu où Hérode- Agrippa lit trancher la tète à saint Jacqucs-ic-Majeur, qui repose aujourd'hui, relique chère à i'Ëspagne, dans le couvent de ComposteUe.
Je me promenai ensuite quelque temps dans les jai** dins : parmi les sycomores, les palmiers et les bananiers vivaces, entre les cèdres du Liban et les sapins d*Alep, j'aperçus avec bonheur un saule au pâle feuillage, qui me rappelait la végétation du Nord. La chaleur était gi^ande ; de petits lézards gris s'ébattaient ] < } eusèment le long d'un mur au soleil, et un caméléon, guettant des mouches, changeait de nuance à chaque mmute, entre les rameaux desséchés d'un paliurus^ acutus.
Disons, pour en Ûnir avec les Arméniens^ qu'ils possèdent encore la maison d*Anne le grand-prétre , située à quelque dislance de leur couvent. C'est dans cette maison que le Christ reçut un soufflet de Maleus. On a élevé un autel sur le lieu de Feutrage. Les Arméniens affirment que la nuit on entend parfois retentir encore le bruit du soufflet et l'apostrophe de Malcus. . . « C'est ainsi que tu réponds au Grand-Prêtre t»