LES MUSULMANS
rëntrâit dans la viUe, quand on a Vu sur iouies les
mosqiic^es flotter l'étendard du pi oplicte, on a oublié le danger et Fabseace plus cruelle ; ou n'a plus songé qu'à rindépendànce menacée, à Tbomieur de la patrie insultée : tous ces grands ressentiments faisaient tressaiUii- jusque dans leuis iondements les murailles d'Omar et de Saladin.
si ce peuple est destiné à niourii', il aura du moins mérité mie oraison Imièbre et de gi audes funérailles !
Cette émotion, que je comprends si bien, n'a été roccasion d'aucune manifesUUiun fâcheuse contre les Européens. Les Français, qui se promenaient en assez grand nombre dans la ville, étaient salués avec des mar(iaes de respectueuse sympathie. J'ai entendu plusieurs fois auLom' de moi u Fiangi amici ! trançouai kmÊÊiU n Puis nos souvenirs de gloire revenaient suf toutes les lèvres: on oublie le canon de bainl-Jeand'Acre, et on parie encore des Pyramides et du mont Tbabor. •
il est plus facile d alliM à Jfh'usalcni que d'en revenir.
Motre petite troupe a été reçue avec un tel enthousiasme par nos frères latins qu'ils ne veulent plus la laisser partir. Nos fusils à deux coups expliquent, s'ils ne justifient pas» cet accueil beaucoup trop distingué. On nous assure qu'avec une centaine de cartouches, judi-^ dicieusement employées, nous pouvons nous emparer delà place: nous verrons plus tard ce .que nous e^n ferons. Les Turcs eux-mêmes ne paraissent pas de* mander mieux que de nous voir maîtres chez eux... du moins pour quelque temps.
JÉRUSALEM
La garnison une fois partie, le pays reste abandonné h lui-même, ce qui ne le rassure que médiocrement... ii se eonnait ! Or, voici ce qui arrive quand les garnisons sont parties : les campagnes, qu'aucun décret n'a désarmées, dcsceuUeut daasles villes, pillent les Européens d'aboinl, pour se mettre en train, et ensuite passent aux musulmans avec la plus extrême facilité.
Voilà où en est Jérusalem aujourd'hui. Nos muis sont assez^ solides, et nous nous gardons de notre mieux ; maïs nous entendons chaque nuit la fusillade chez nos voisins. Par bonhéur, on ne se tue pas encore beaucoup, mais on se fait la main. Le vieux pacha — je ne veux pas dire du mal d*un homme chez qui j'ai fumé — n'a pas la force de réprimer ce désordre : il tâché, mais les moyens sont mauvais.
Voici ce qu'il a trouvé de mieux : il s^est imaginé de lever une espèce de troupe irrégulière et non habillée, qu'on appelle Bachim^Bozuk , et qui est diargée de la police de la vOle. Gette police se fait à coupâ de bAton : les agents vous prennent, vous jugent et vous exécutent ; le tout est fait en un tour de main , et on évite ainsi les ennuis de la police correctionnelle. M alheu^ reusemont les délinquanfs ne sont pas toujours d'humeur à se laisser bâtonuer : ils résistent La police, qui ne veut pas avoir le dessous , renforce ses bataillons; d'un autre côté, les parents et amis soutiennent le révolté : il < ii résulte uatm*ellement une bataille générale. Les enfants se sauvent en criant , les chiens aboient à la lune, et , du haut de leurs terrasses , les femmes versent de l'eau ou jettent des pierres sur la