‹ La terre-sainteChapitre 25 sur 44 · LA MAISON DU POETE · texte numérisé non relu

LA MAISON DU POETE

chaque pas la trace et le nom de mes pt'res... ailleurs, qu'aurais-je Ttt ? Il y a qd an, j'étais à la Meeke; au^jourcrhuî, me voici à Jérusalem. J'y suis venu à travers le désert) avec une caravane de croyants... Je complais 7 passer xm mois ; je ne sais plus quaad j -en partirai ; je m^en rapporte à Dieu : c'est lui qui arrange ma .yie^

je ne nif iiicle plus de rieu. « C'est eciil! »

Ici Abou-Nowas frappa légèrement dans ses mains, et nn grand Ethiopien , noir et lustré comme Téhène,

avec ime chemise ]>leue satis luaiichcs puai tout vêtement, et pour toute parure une bague dans la narine gauche, entra, portant sur ]a paume de sa mam ren^ vei bée, liii pialeau de couiiUii es do citron et de Cf^diMl, et des limonades iraîches conune des sorbets. 11 ât passer prestement ]e plateau de la main droite dans la iiiahi gauche, et, pllaid le genou, le posa ù lerre sur une natte aux vives couleurs, côté d'un mouchoii' de lin passablement blanc, brodé de fleurs et de fmûts ar«tistement i iiilés. On apporta en mùmc temps les nai^ ghliehs, chargés de ce blond tomboki de Perse, au(juel me préparation habile enlève ses arômes trop âcres, pour ne lui laisser qu'une uuticc saveur aiïail)lio, oX le café, qui fut servi brûlant dans des coupes de Chine, t transparentes à force d'être fines, et montées, comme choz loi) il i :ii ( ÎM"» arménien, sur des pieds ouvraiyos on i^igi^aue de Damas, qui présejfvent le doigt de tout éontact imprudent Nous prtmes le café en fumant et sans mot dïro : un Arabe n'a pas trop de toute son allention pour vaquer à ces graves opéi-ations.

On enletft l^ W^ses, et on fit glissa âMs^ sa ramure

lÊROSALEli*

le volet (l'une petite fenêtre grillée : je pus voir à mon aise rintéà'ieur du divan, dont tes détails avaient échappé à un premier coup d*œil ; les matelàs de coton et de crin, sur lesquels on empile les coussins et les oreillers » revêtus de ces étoffes légères que nous appelons indiennes, occupaient trois côtés de la chambre. Los murs étaient recouverts d un enduit blanc qui avait le poli éclalaut du stuc; des grecques d'un rose tendre l'encadraient de toutes parts; des guirlandes de fleurs et des arabesques d'an bleu clair couraient d'un angle à l'autre : au milieu de chaque paroi» une inscription en grands caractères arabes tracés au carmin , rappelait cpiclques-unes des plus belles sentences du Koran; enlisait au-dessous des strophes amoureuses, tirées des œuvres de la jeunesse d'Abou-Nowas. Le plafDnd était étoilé de constellations et d'hiéroglyi)lies. Ces vives couleurs s liai inaniaieui avec une profonde intelligence des susceptibilités de la rétine: l'œil était ébloui et non fatigué. Une petite lanterne, découpée & jour, descendait à quelques pieds de la voûte, retenue par trois chaînes aux anneaux dorés; ses parois de cristal tailladé étaient défendues par un l^er treillis , qui laissait apercevoir, à travers des mailles colorëes,la forme antique d'une lampe à trois becs. C*est, dureste» le seul ornement du divan. Je me penchai à la petite fenèlrc ouverte sur la cour intérieure : rien de plus frais et de plus charmant Une légère galerie en forme de cloître courait tout autour, Fenlaçant d'une guirlande d'arceaux légers; à chaque coin, des orangers, des citronnieiâ et un sycomore opposant leur verdure

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