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QUESTION DES LIEUX-SAINTS

n'oublicrct pas que c'est alors iii^mc qi p Ton peut demander i)eaacoup, qu'il est beau demoios eiLiger. Il ne faut pas que les Lieux-Saints soient une propriété privée : les églises sont du domaine public ; â toutes les époques, toutes les nations chrétiennes des différents rites de rorient» venaient célébrer leurs mystères au Saint-Sépulcre. Leur droit est le même aujourd'hui; il ne faut pas même qu'ils sachent que c'est de nous qu'ils le tiennent^ La reconnaissance qu'on impose , fait facilement des ingrats. Ce n'est pas là, du reste» une question d'orthodoxie, et il sufût que 1 on croie en la divinité du Christ, pour que Ton puisse s'agenouiller sur son tombeau; }e ne me scandalise pas d'un musulman dans la mosquée de l'Ascension. Ce qu'il laul selon moi, c'est, par un traité explicite et ferme avec la Porte, enlever les Lieux-Saints au despotisme aveugle et brutal des Pachas, qui confond, dans la conscience des peuples, toutes les idées d'une posst ion légitime et durable ce qu'il faut, c'est se défena ^ nous et les autres — de l'cxaclion et des avanies d'un olTicier en quête d'un backchich et ensuite,! régler à l'amiable entre les communions chrétiennes, sans que la plus forte se fasse la part du lion , la possession et l'usage des sanctuaires que nous vénérons également, et dont la propriété mystérieuse restera commune entre tous , jusqu'au jour où cesseront nos rivalités et nos haines fratricides.

EXCURSIONS ET PROMEMDES.

Quand on voyage en Orient, ee qu'il y a de plus

simplo, de plus commode, et (si l'on veut me pardonner ce Yil détail), ce qui revient au meilleur compte, c'est d'acheter un theval, un mulet ou deux chameaux, et cinq ou six esclaves , avec lesquds , tout d'abord, vous devez être très-sévère, quitte à vous adoucir graduellement jusqu'à la plus molle indulgence : quand une fois vous aurez fait vos preuves, vous êtes toujours sûr de retrouver votre empire. Le cheval est pour vous , les chameaux pour vos baga-r

Digilizeû

218 EXCURSIONS £T PaOUENADBS.

ges. Les esclaves tous dispensent de tous les soins djs la vie matërieDe ; quand vous tous mettez en route,

vous détachez une avant-garde, et à TarriTée, tous trouTOz la tente debout et le dtner servi.

Quand on est réuni comme nous en caravane, les

accoiiimodeiîients sont beaucoup plus faciles, et la dépense de chacun diminue à proportion que le nombre augmente.

Nous eûmes la bonne fortune de rencontrer à Jérusalem un négociant maltais, M« Schembri, qui se mit à notre disposition aTec une bonne gr&ee et une courtoisic (jue nous n'avons jamais trouvées en défaut. Ges choses-là ne s'achètent pas, et Tor ne sait pas les payer. M, Schembri nous a servi d'intermédiaire dans toutes nos transactions avec les Arabes, dont il connaît les mœurs et dont il parle la langue, il nous a suivis, et souvent dirigés dans nos excursions , et je le cite avec un plaisir d'autant plus grand, que je sais qu'il a fixé pour loogtemps sa vie à Jérusalem, et que les pèlerins d'Occident le trouvèrent toujours ce que nous l'avons trouvé nous-môme, seniable et dévoué.

Apiès quinze ou vingt jom's passés à Jérusalem, nous nous disposâmes à commencer nos excursions.

Beit-Léliem nous attirait tout d'abord. Nous résolûmes de nous y rendre par le désert de Saint-Jean, ou, comme on dit plus poétiquement ici, par Saint-Jeanr du'Désert Le Précurseur semblait ainsi nous conduire )ui-mème à la crèche du Messie.

Un matûi donc, le vieil Omar, cheikh farouche, tête sévère, à la barbe blauche, à VœiX vif, scintillant dans

l'orbite proloud, Omar, que ses esdares appellent Omar-Bey, coiffé du tmbm vert cle$ fatuaitea» le poignard au flanc, le pistolet à la cmntiire, Tint frapper à la porte du couvent Laliii. Les uiouckres étaient dans la rue, tenant en main quarante dievaux et trente midets. On mit une denri-joomëe à charger les bagages; enfin, nous partîmes!

Cesi une route âpre ^rude, qui conduit de Jérusa^ lem à Samt^atHht-Déiert : 80«y^trëtroit sesitier disparaît entre les rochers ; on marche alors au hasai d, et rinstinct du cheval e&t le seul guide du cavalier* Mais l'aspect des montagnes n'est dé}à f^as le même qir^^utre Jérusalem et Jaffa ; le sol est moins tourmenté; les^ courbes ont des ondulations plus molles , et la ligne qai borne Thoilson plus de grandeur à la fois et plus de grâce.

Sur la gauche , à quelques milles de Jérusalem, on trouTe un assex beau courent, à peu près Tide, et une grande église, propri^ des IttiSRes, ëlev^ à la ptaec j^ù M coupé l'olivier de la croix. On ssût que trois essences dé bois , Tolivier, le cèdre et le cyprès, entrèrent dans la composition de la croix. Le cèdre venait du Lil)an, on ne dit pas d'où venait le cyprès, l o- UTier fut coupé à r^droit où s'âèye aufjourd'hoi l'église du couTcnt de Sainte-Croix.

Le couvent, habité par des religieuses grecques, est une grande et belle maison, rebâtie à neuf, entourée de Tergers clos par de hautes murailles ; il est situé dons un petit vallon rempli d'oliviers, d'un aspoctl'rais et riant Après avoir franchi de longs corridors obscurs,

tortaeux et bas , on pénètre enfin dans nne église

sonipUieuse el belle, et dont le dessin primitif, reconnaissable à travers des restanratiens plus ou moins habiles, atteste une origine qui n*est point postérieure an XI* siècle. Ou prétend inciue à une antiquité beaucoup plus reculée ; quelques archéologues ont nonuué Sainte - Hélène. L'ornementation IntMeure rappelle celle d( s églises grecques de nos jours, telles que nous les avons vues à Smyme, dans la Turquie et daps la Grèce; les fresques gréco-byzantines se détachent comme en relief sur leur fond d'or. Ces peintures, d'une exécution souvent primitive, se sauvent du moins par la naïveté de la pose et la sincérité de Texpression. On a placë des deux côtés de la porte, sainte Hélène» couronne en téte, et Constantin^ en habit d'empereur. Un peu plus loin, saint Georges , le brillant cavalier , le Mars chrétien, caracole sur un superbe cheval blanc , et foule aux pieds ua énorme dragon rouge qui sort de l'eau. L'église est pavée de mosaïques anti([ues , dont les tessères sont boauroup plus petites et plus soignées qu'on ne les fait à présent; il en est de même des bordures , pour lesquelles l'artiste a déployé toutes les ressources de la sytnbolique chrétienne. Ici, c'est le lotus, ce lis des eaux, qui nage dans la vasque des fonts baptismaux; là c'est r«Auc, poisson de Tobie, anagramme du Christ; c'est le pélican eucharistique, déchirant sa poitrine pour nourrir ses petits du plus pur de son sang; c'est le paon , étalant les topazes et les émeraudes de son plumage , moins bâillant que la vertu des saints. Toute cette or-

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