HISTOIRE NATURELLE
creuse du pied la terre , il s'égaie en sa force, il vole au-devaut des guerriers... Il se rit de la peur et ne se détourne point de répëe... II écume, il frémit, il dévore Tespacc , il"lrcssaiJlc d'aise au bruit du claii'on. Il entend la trompette, etil dit : Allons !... De loin il respire la bataille , la voix tonnante tles chefs et le mugissement de l'armée, w
Le cheval bébèi e^ que nous appelons le cheval barbe^ supérieur au cheval arabe^s'il faut en croire Abd-el^ Kader — et que tous les hommes supérieurs considèrent comme le modèle du cheval de guerre— est originaire de Palestine.
El Massoidiy afûrme que les Bébères sont issus des Bâit-(rÀajiaii; d'autres veulent qu'ils descendent des Béni'Akhm, ou des Djomam, Quoi qu'il en soit, la Pà-> lestine fut leur première patrie. Un roi de Perse les en chassa; ils émigrèrent en £igypte, où on ne les souffrit pas: cTest alors qu'ils passèrent le Nil, et vinrent s-éta* blir sur les bords de la Méditerranée — VOuesi pour ces races orientales « el Magreb. »
C'est d'un cheval de Palestine que parle dans ses chants, un siècle avant Mahomet, le poète Aamrau^ el Kais:
« Je t'en réponds, si je viens à être rétabli roi, nous
ferons une course où tu verras le cavalier se pencher sur la selle pour augmenter la vitesse de son cheval : une course à travers un espace foulé de tous c6tés^ où l'on ne voit d'autres éminences pour diriger les voyageurs, que la bosse d'un vieux chameau nabathéen , chargé d'années et poussant de plaintifs mugisse-
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S26 EXGtmSI019S ET PROMENADES.
mètits... Nous serons, te dls-Je, portés sur un cheval habitai aux courses nocturnes, un cheval de race bê:' 6ère— aux flancs svelles comme un loup de Gudu —un cheval qiiî presse sa course rapide, dont on voit les flancs ruisseler de ôueurt Lorsque, lâchant la bride on rexcite encore, en le frappant avec les rênes de chaque côté, il précipite sa course rapide , portant sa téte sur ses flânes et rongeant son mors— et lorsque je dis : Beposons-noiis î le cavalier s'arrête comnic par enchantement ^ et chante , restant en selle, sur ce cheval vi- ^ôtffeox, dont les muscles des cuisses sont allongés et les tendons secs et bien sépai'és. »
Nous avons reUouvé plus d'une fois grimpant aux fochers et suspendues aux cistes fleuris ,
FlarenUm cytisum sequiiur lasoiva ec^lla,
les petites chèvres de Bîambré, aux corps longs et minces, aux cornes effilées, au poil court et d'un rouge pâle , et ces béliers célèbres, dont la queue longue et grasse est portée sur un polLl < hariot que le bélier traîne après lui. Dans les sacrifices on regardait cette queue savoureuse comme la paiiie la plus délicate de la victime.
, On sait Thorreur des Orientaux pour le porc, elle est presque aussi grande pour le chien , dont 3s évitent
l'attouchement comme immonde. Les chiens d'Oi ient vivent par troupes dans les villes, ils se cani im >nt par quartier, par me, par maison; une fois le soleil
couché ils se chargent de la police des villes : il n'y a
ItlSTOIRB NATURELLE.
pas de patrouille grise plus vigilante et plus incorruptible. Leur voracité nettoie fort proprement la ville.
La Palèafine atait autrefdfs des Uons. Nous avouons n'en avoir rencontré dans aucune |de nos excursions; maii» on se rappelle la victoire de ^arnson, le lion dëcbiré de M mains Taillantes, et Fessatm d'abeilles dé* posant son nijeJ dans la gueule désarmée, image gracieuse de la douceur qui sort de la force. David et Bénida luttèrent anssi contre des lions et les tuèrent Un prophète fut dévoré par un lion près de Béllicl; un autre près d'Aphek > sur les côtes de la Phénide. La BiMé parle plosieors fois des ours. Datld en tua un, et l'on sait comment ces terriWeS animaux vengèrent Elisée de0 railleries d'une troupe d'enfants qui l'avaient appcM cbanive ; injure Impardonnable t Oti trouve des sangliers dans les fourrés du Jourdain ; nous afvons vu des chacal» partout» des hyènes à Jéricho, des panthères dans r Anti-Liban, et des onces au Gannel; lès Araljes donnent à l'once le nom de Nanier, Le lièvre est commun, le lapin rare ; il y a du cerf dans les bois, des ga^eOeti dans la plaine et des chamois snfla montagne. Saioiûon , dans les Proverbes, appelle la jeune femme aimante et fidèle 2 « Une biche pleine d'amour, une gaselle pleine de grâce. *» le ne connais rîeu de plus doux au monde que l'œil de la gazelle.
Nous avons trouvé dans la Palestine d'innombrables Variéféi d*oiseaux, depuis l'aigle jusqu'au ipelili sucrier , le plus élégant et le plus brillant des grimpercaux.
Nous y avons fait de véritables abattis de perdrix et 4e bartaveUes, nous avons même à nous reprocher la
mort de quelques colombes innocentes : c'était autrefois l'humble et pure oiiraDde du pauvre. Marié présenta au temple « deux petits de colombes. » Le coq avait été dans les anciens temps banni de Jérusalem, il y i^utra. Son claii'on retentissant rappela saint Pierre au repentir. La sollicitude de Moïse s'était étendue jusqu'aux nids d'oiseaux. Le Deiitèronome avait défendu de ravir à la fois la mère et les petits.
La Bible parie peu des poissons. Ils sont nomlH^tix cependant et dans le Jourdain et dcins le lac de Génésareth. On nous a servi à Capharnaùm une Mture distinguée dont BOUS ne saurions dire le nom : c'était peut-être le Caraeinus de Joseph ! On trouve encoi e quelques espèces du Mil , le siiui us. , le spams et le mugil. On voit souvent des tortues, rarement des serpents, toujours des lézards. Noxis citerons parmi les mollusques la pourpre précieuse, qui teignait la robe des rois.
Les insectes sont nombreux en Palestine : ils passent quelquefois à l'état de fléau. Plus d'une fois dans nos campements, nous avons trouvé d'énormes scorpions rampant entre nos tapis. Parfois les sauterelles s'abattent sur la Palestine et couvrent la campagne comme une nuée. Le prophète Joél a comparé leur arrivée à rinvasion d'un peuple ennemi.
Les vents d'esl poussent les sauterelles dans la Méditerranée o£i elles se noient , et le pays est délivré. Plusieurs espèces de sauterelles sont bonnes à manger, crues ou ciiilos , rôties ou salées ; saint Jean s'en nourrissait dans le désert. Ou en sert encore au repas des