‹ La terre-sainteChapitre 37 sur 44 · HISTOIRE NATURELLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE NATURELLE

Arabes. Les mouches sont aussi parfois fort incommodes. Tout prend ici des proportions inconnues à nos climats, comme si celte nature , calino en apparence, mais recélant des trésors de vie» éclatait tout à coup en créations spontanées. Quand ces mouches, que l'on appelle burgasck^ font invasion dans vos tentes, elles TOUS assaillissent avec une incroyable violence.* Bétes et gens sont à demi iHouffés par ces insectes, qui vous entrent de vive lorce dans la bouche et dans le |nez. Les Philistins avaient une divinité spéciale chargée de les proléger contre ce ûéRxx, Bad-Zéboub^ une sorte de Dicu-cliasse^moucke. Deux rois Amorites furent expulsés de leur pays , par des frelons, et les Phanlites durent céder leui* territoire à des essaims de guêpes qui s'y plaisaient trop. La Palestme est .aussi riche en fid)e41es , abeilles privées qui bourdonnent familièrement dans les jardins, et même dans les maisons; abeilles sauvages qui déposent dans le creux des axbrcs et dans la fente des rochers, leur miel aux arômes piquants et

paiTmnés.

Eniin^ pour tout dire, la Bible parle encore d'une espèce de Kermès dont la piqûre tuméfie Tyeuse et

lui fait produiic une tointure cramoisie, (juisc icHetait en vils éclats, dit ï Exode sur les voiles du tabernacle.

Nous quiitâmeô le campement de Jéricho pepcinat la nuit, pour arrirer au Jourdain ayee le soleil.

Nous atteignîmes le fleuve h l'endroit deux fois célèbre où les Hébreux le franchirent sous la coi^duite de JoBuét où le Christ fut baptisé par saint Jean, Qoel fleuve roule de plus grands souvenirs?

Nous cheminions en silence, à travers ime ypte plaine de sable blanc et fin , tantôt soulevée en qionticules, et lanlôt creus(îc en ravines profondes. '

Nous aperçûmes, aux premiers rayons, comme une ' lisière de bois, un vert rideau de tamarins, dont suiitfe une manne sucrée, des saules, des acacias et de gi^ands roseaux. Nous hâtâmes le pas de nos chevaux, ranimés d'ailleurs par la fraîcheur de Feau que pressentent, de loin, leurs organes délicats. Bientôt, à travers une déchirure du rideau vert , nous aperçûmes le Jour-* dain.

Le Jourdain roule, à flots rapides , entre des rives * escarpées, une eau jaunâtre, sablonneuse et troublée. C'est un fleuve sacré pour les cbrétienst le^ juUs et

^'62 EXGUBfilONS ET PBOMENAt>£S.

les musulmans. Tous descendent dans ses ondes arec respect : les uns pour y renouveler les promesses oubliées du baptême, les autres pour faire les ablutions de la loi, les derniers, eollû, pour honorer la mémoire de Josué commandant à la nature, et les prodiges dont

leurs pères furent témoins.

D'après Tétymologie Ixébraîque » Jourdain (Yarden) Teut dire flemie du Jugement»

Ce fleuve est formé par le confluent de trois petites rivières : le ilasbéni , le Dan et le Banias ; dans son parcours, il trouve une pente de plus de deux mille pieds. 11 a donc parfois une rapidité torrentielle; il ne se ralentit qu'à son embouchure dans les plaines de la mer Morte.

Le Jourdain coule d'abord dans le lac d'El-Haula^ que la Bible appelle les eaux de Mérôm, puis, par un détour vers le sud, il traverse les vallées autrefois si

florissantes de la Galilée; à une demi-lieued'El Houla, il passe sous un pont de basalte à quatre arches, que Ton appelle encore le pont des fiU de Jacob, parce que, si Ton en croit la tradition populaire, ce fut à cet endroit que Jacob, revenant de la Mésopotamie, traversa le Jourdain avec sa famille. Deux lieues plus loin , le fleuve tombe dans le lac de Tibcriade; il est reçu à sa sortie dans la vallée de Ghôr. A vingtrcinq Ueuçs de là, il se peird dans la mer Morte. La largeur du fleuve, ne dépasse guère 25 à 27 mèti^es : sa profondeur est souvent de 4 mètres. Le Jourdain a des sinuosités nombreuses et très-marquées , ce qui fait dire agréablement à Pline l'Ancien, « qu'il s'égaie et se pro-

Page 1