‹ La terre-sainteChapitre 8 sur 44 · DAVID ET SALOMON · texte numérisé non relu

DAVID ET SALOMON

ftavid, roi, s'en rendit maître, agrandit la ville et

recula ses uiurailles qui alors entourèrent les trois collines d'Acra, de Sion et de Moriaii.

C'est sur le mont Sion que David bfttit son palais éclatant; où trouver un horizon plus poétique et plus grandiose ? Ici> le torrent de Cédron^ plus d'une fois traversé par la suite du roi, nDe tarrente in via bibiifu la, icsHols murmurants et inspirateurs de Silod, nmijitenant taris; plus loin la vallée de Josaphat, et à travers le flanc déchiré des montagnes, le cours du Jourdain, ombragd de sycomores, et les plaines de sable où dorment les ûots de la mer Morte.

Sous la main de David, Jérusalem devint belle entre toutes les villes; il acheva l'œuvie de la conquête, assit la nation dans la paix d'une possession incontestée, et ramena dans la ville rArctae sainte, exilée, depuis cent cinquante ans, dans une obscure bourgade de la tribu de Juda.

Plus grand, peut-être, par son successeur que par

lui-môme, David prc^pai a le règne brillant de Salomuii : il fut pour son iils ce que fut, chez nous, Pépin poui* Gharlemagne, ce magnifique Salomon de roccident.

Depuis la sortie d'Egypte, les juifs avaient toujours la pensée et le désir d'élever un temple à Jehovah, qui n'avait eu jusque-là que des tentes flottantes et des tabernacles errants.

David rassembla tous les trésors de FOrient; il amassa For et Targent, le fer et Tairain, les bois pré^ cieux et les marbres rares ; il entassa auprès du mont Sion les dépouilles opimes de l'Idumée, de la Phénicie»

JÉRUSALEM

de la Syrie, de Moab et d'Ammon; mais, parce qu*U

avait \ersé trop de sang, Dieu ne lui permit pas d'élever sou temple : le sacriiice que Dieu aime, c'est avant tout le sacrifice de mains pures.

Salomon recueiUit dans la paix tous les fruits de la conquête. Diplomate plus que guerrier , où son père avait combattu il négocia. Ses vaisseaux visitèrent FEgypte, nourrice du vieux monde, les côtes de TAsie Miucui^e et les îles de l'archipei Grec : ses longues caravanes couraient des bords deTEuphrate aux rivages de la mer Rouge; il tendait une main à l'Arabie et 1 autre aux Indes; ii bâtissait Palmyre comme un vaste entrepôt de fiabylone à Jérusalem, et amenait dans les comptoirs d*Asiongaber les trésors du monde oriental.

Hii^am, lidèle ami de David, ne se coalenta pas de lui envoyer les cèdres incorruptibles du Liban , il y joignit les ouvriers sidoniens les plus habiles à tailler le bois , à ciseler la pierre, à polir le métal. Les chiffres seuls ont assez d'éloquence pour donner une juste idée de cette incroyable activité. Je ne parle pas des ouvriers juifs; mais soixante-dix mille étrangers portaient les fardeaux , quatre-vingt mille façohnaient les matières brutes d'après le plan de Tarchitecte, et leur travail fut tellemont précis que, dans la conslruction du Temple, on n'entendit pas un coup de marteau ou le grincement d'une scie.

Le Temple fut commencé la quatri(''me année du règne de Salomon : il devait former comme une ville sur le mont Moriah. Le marbre et le porphyre ne flirent pas trop précieux pour ses fondements. On environna

DAVIII ET SALOMON.

le Temple d'uue Uipie enceiate : la première était réservée aux gentils, ou étrangers, la seconde aux Israélites — au peuple — la troisième aux lévites ot aux prêtres. Le Temple lui-même s'élevait au milieu de la dernière enceinte et renfermait TArche d'alliance ; ses laiiibris de côdre étaient recouverts de lames d'or; on avait sculpté et moulé des iigui es sur toutes ses murailles; les mosaïques étincelaient sur les pavés

(ii>lo LlisSMUtS.

Le Temple lut achevé en sept années, et Salomon résolut d'en faire la dédicace avec une magnificence qui étoiinùt le monde. Ce fut une fôte nationale; Israël accomut; les anciens du peuple, les chels des tribus, les prbces des familles se pressaient autour de l'Arche, qui fut transportée de la citadelle de Sioii dans le sanctuaire du Temple. Le roi ouvrait la marche, suivi de sa cour; les lévites, divisés en chœurs alternants, chantaient les Cantiques de David; d'autres pinç aient d'un doigt diligent les cordes du kinuor et du nébel, ou remplissaient d'un souffle vaillant le schophar , l'ougab et le néhila ; d'autres enfin fai.saicnt retentir le toph et le celcelim éclatant Salomon, réunissant pour un jour les attributs du roi et du prêtre , comme Mel* cliisédcch, adressa à Dieu une de ces prières où la grandeur du style semble s'égaler à la majesté de celui qu'on veut louer. Soudain le tabernacle se remplit d'une nuée lumineuse; une flamme ardente descendit du ciel, dévora la victime, illumina le Temple, et le peuple 9 qui crut voir comme une ombre de Dieu, toiuba la visage contre terre.

JÉMJSALBM.

Depuis ce jour , ce ftit un usage consacré par la U-

Luigic hébraïque de ne prononcer qu'une fois l au, dans le sanctaaii'e le plus intime, le nom de Jéiiovali ; et à rinstant même où il sortait de la bouche du gt andprêtre , le bmit des instnimonts et des voix, décliaîné coninic une tempête , empêchait que ces syllabes redoutées n'arrivassent jusqu'aux oreilles du peuple.

Api ùs avoir (51evé le temple de Dieu , Salomou voulut se bâtir mi palais. Nous n'en redirons point ici les splendeurs : ellei; brillent encore dans les souvenirs de rOrient; ni le temps, nilemalliiui n'a pu les dteindi*e, tes Hébreux juient encore par le trône de Salomon, ce trône d'ivoire , enrichi d'or » (pie deux lions soutenaient de leurs vastes reins.

Jérusalem atteignit en quelques années Tapogée de sa g&oire et de sa prospérité. On adorait le bruit de son nom et le monde craignait ses armes : elle avait assuré la paix par la guerre , et maintenant le conunerce , comme un fleuve, y roulait ses flots d'or. La reine de Saba ne fut que l'iulerprète de l'univers quand elle dit à baiomon :

a Ce qu'on avait publié dans mon royaume touchant vos discours et votre sagesse est bien vrai. .. J'ai vu de

inesyeux, et j'ai constaté qu'on ne m'avait dit qu'une moitié de la vérité; votre sagesse et vos actes dépassent la renommée. Heureux ceux qui sont à vous! Heureux vo§ ser\1teurs , qui jouissent de votre présence et entendent vos paroles ! Gloire au Seigneur votre Dieu, qui a mis en vous son affection , et vous a fait asseoir sur le trône d'Israël! »

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