I NTERIEDR DD DÔME DE L.V ROCHE
mans, est presque aussi saint que celui de la Mecque ; ils y vénèrent en effet le bouclier de Kbaled, 1 empreinte de 1 un des pieds du Prophète, celle de son turban, son étendard, la marque de l’une des
mains de l’Archange Gabriel, etc., etc. En un mot, ce monument est rempli pour eux de légendes, de souvenirs et d’objets sacrés.
Dans la même enceinte du Haram s’élève vers l’est, en dehors de l’esplanade supérieure gu, marque le Hiéron intérieur de l’ancien temple, la mosquée dite Djami el-Aksa, laquelle a remplacé l’ancenne basilique de .Tustinien consacrée à la Présentation de la Sainte Vierge, et appelée dans le principe Sainte-Marie la Neuve. C’est pareillement le khalife Abd el-Melik qui, tout en travaillant à la Koubbet es-Sakhrah, appropria au culte musulman la basilique ainsi nommée. Terminée l’an 692, la mosquée El-Aksa fut, à plusieurs reprises, fortement ébranlée et considérablement endommagée par des tremblements de terre. Des restaurations successives durent lui être faites. Le khalife abbasside El-Mahdi
(775-785) donna l’ordre d’en diminuer la longueur et d’en augmenter la largeur, et c est alors que le monument revêtit à peu près la forme qu’il a conservée jusqu’à nos jours. Après la prise de Jérusalem par les croisés, ceux-ci transformèrent El-Aksa en résidence royale, et cette mosquée esl désignée par eux, tantôt sous le nom de Palatium Sàlomonis, tantôt sous celui de Templum Salomoms. En 1118, le roi Baudouin Ier céda une partie des dépendances de ce palais à l’ordre naissant qui, à cause du voisinage du Temple de Salomon, s’appela l’ordre des Chevaliers du lemple. Ces religieux se construisirent une chapelle dans le bras oriental du transept de la mosquée, et installèrent leuis chevaux dans les immenses souterrains connus sous le nom à' Écuries de Salomon. De leur couvent, il subsiste encore une belle salle d’armes, avec ses lourds piliers et ses voûtes ogivales. Jérusalem étant retombée au pouvoir des musulmans en 1187, Saladin s’empressa de rendre la mosquée El-Aksa au culte de l’Islam, relit le mihrab qu’il orna de mosaïques et de colonriettes de marbre, décora
également de mosaïques le tambour de la coupole et les arcs qui le supportent, et ordonna de transporter près du mihrab le magnifique minbar ou chaire à prêcher qu’on y admire maintenant, et que recouvrent de charmantes arabesques et des incrustations très-finement exécutées en nacre et en ivoire. Cette chaire ornait auparavant l’une des mosquées d’Alep, où elle avait été placée par Noureddiu.
En 1236, Melik el-Moazzem Ysa, l’un des neveux de Saladin, construisit le porche voûté extérieur qui précède la façade septentrionale. Il se compose de sept arcades qui correspondent aux sept portes de la mosquée, celle-ci renfermant également sept nefs, par suite des adjonctions successives qui lui ont été faites. Dans sa forme actuelle, elle constitue une sorte de rectangle mesurant quatre-vingt-dix mètres de long sur soixante de large. Les colonnes qui soutiennent les nefs et la coupole sont de modules différents et de marbres variés; enlevées à des monuments plus anciens, elles devaient décorer probablement la basilique et les portiques construits par Justinien. En 1327, la coupole fut restaurée par les ordres du sultan Mohammed Ibn-Kelaôun.
D’autres édifices moins importants sont disséminés sur la vaste étendue du Haram; je signalerai d’abord la Koubbet es-Silsilch (la coupole de lu Chaîne), ainsi nommée parce que, d’après une légende musulmane, elle se relierait au ciel au moyen d’une chaîne mystérieuse et invisible. Les musulmans l’appellent également Mekkemeh Daoud (tribunal de David), parce qu’ils prétendent que ce roi y rendait jadis la justice. C’est un petit édifice polygonal, contemporain de la Koubbet es-Sakhrah, ou antérieur, selon d’autres, à cette mosquée, et que soutiennent deux rangées concentriques de colonnes. Un autre édicule de forme octogone s’appelle Koubbet el-Miradj (la coupole de l’Ascension); il est consacré au souvenir de l’ascension nocturne de Mahomet au ciel, et date du commencement du treizième siècle. Trois autres petites coupoles, soutenues pareillement sur des colonnettes de marbre, sont dédiées : la première au souvenir des Tables de la loi, et s’appelle Koubbet el-Alouah ; la seconde à l’archange Gabriel, d’où le nom qu’elle porte de Koubbet Djibraïl ; et la troisième à saint Georges, saint vénéré à la fois par les musulmans et par les chrétiens, d’où son nom de Koubbet el-Kliadber. Tous ces différents petits monuments, ainsi qu’une jolie chaire à prêcher du seizième siècle et appelée Minbar Omar , sont disposés sur la plate-forme supérieure de la grande coupole de la Sakhrah. On descend de cette plate-forme par plusieurs escaliers que précèdent des arcades ogivales dont les colonnes ont été enlevées à d’anciens édifices. Au pied de l’un de ces escaliers et sur la plateforme inférieure du Haram, on admire une gracieuse fontaine entourée d’un bouquet d’arbres et bâtie, en 1445, parle sultan mamelouk Malek el-Achraf Abou en-Naser Kait-Bey, qui lui a laissé son nom, car on continue à l’appeler Sebil Kaït-Bey.
Les musulmans, comme on le sait, vénèrent Jésus-Christ comme l’un de leurs plus grands prophètes. Aussi, nous ne devons pas nous étonner que dans la mosquée d’El-Aksa ils montrent et baisent avec respect, sur une plaque de marbre blanc, l’empreinte d’un pied, qu’ils prétendent être celle d’un des pieds de Notre-Seigneur. Ailleurs, à l’angle sud-est du Ilaram, ils vénèrent son prétendu berceau, dans un oratoire souterrain.