BETHPHAGÉ
A vingt-cinq minutes à l’est cle Jérusalem, sur l’espèce de croupe qui sépare la montagne des Oliviers de celle qui domine Béthanie, s’élevait, à l’époque de Notre-Seigneur, une petite bourgade, appelée Bethphagé, nom qui, d’après son étymologie, signifie soit maison des Figues, à cause des figuiers sans doute qui pouvaient abonder jadis dans cette localité, soit maison des Mâchoires, parce qu’elle appartenait aux prêtres qui desservaient le temple de Jérusalem. Or la portion réservée aux prêtres dans les sacrifices était la mâchoire des victimes qu’ils immolaient. Aussi saint Jérôme, qui adopte ce dernier sens, désigne-t-il Bethphagé dans son Épitaphe de sainte Paille sous la dénomination de villa sacerdolalium maxillarum (village des mâchoires sacerdotales, c’est-à-dire des mâchoires destinées aux prêtres). Quoi qu’il en soit, cette bourgade n’est mentionnée nulle part dans l’Ancien Testament: mais les Evangélistes l’ont rendue célèbre, comme étant celle où le Sauveur envoya deux
NORD DE LA JUDÉE
de ses disciples pour prendre l’ânesse et l’ânon sur lequel il monta en venant de Bethanie pour rentrer triomphalement à Jérusalem, le jour des Rameaux. (Saint Matthieu, ch. xxi, $ 1; saint Marc, ch. xi, f 1 ; saint Luc, ch. xix, ÿ 29.)
En souvenir de cet événement, les premiers chrétiens avaient renfermé dans un oratoire un rocher
TRADITIONNE
situé non loin de Beth pliage, où Notre-Seigneur, d’après la tradition, s’était arrêté un instant sur les bords de la route, pendant que ses disciples se rendaient à ce village pour exécuter ses ordres, et qui lui avait ensuite servi de marchepied pour se poser sur son humble monture. 11 est question de ce sanctuaire et de ce rocher dans le passage suivant du moine allemand Théodorich, qui voyageait en Palestine vers 1172 :
" A Bethama ergo in die Palmarum dilecttssimus Dominas noster Jésus Christus prœcedens et