‹ La terre sainte (volume 2)Chapitre 2 sur 100 · CLIMAT ET DIVISIONS NATURELLES DE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

CLIMAT ET DIVISIONS NATURELLES DE JÉRUSALEM

La position singulière de Jérusalem a été remarquée par tout le monde. Située a cinquante-qua re kilomètres de la Méditerranée et à trente-deux du Jourdain, elle occupe un plateau onduleux sillonné par plusieurs ravins et qui forme une sorte de promontoire aecess.lile uniquement vers le nord, seul coté par où ce plateau se prolonge; car partout ailleurs il est resserré entre de profondes vallées, celle du Cédron ou de Josapbat à l'est, et celle de Ben-IIinnom à l’ouest et au sud. Son altitude moyenne au-dessus de la mer est d’environ sept cent soixante-dix mètres. Éloignée de la côte, sans commerce, à la limite du partage des eaux entre la Méditerranée et le Jourdain, isolée

; assise sur des hauteur:

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Èzéchiel (ch. v, y 5) comme étant au centre des nations.

a Hæc dicil Dominus Deus : Ista est Jérusalem, in medio genlium posui eam, et in circmlu

ejus terras. »

Cette position centrale dans la partie méridionale de la Palestine l’avait fait surnommer 1 ombilic de la contrée. Nous lisons, en effet, dans Josèphe ( Guerre des Juifs, 1. III, ch. III, § 5) - t( -1 " milieu précisément de la Judée se trouve la ville de Jérusalem; voilà pourquoi quelques-uns, non sans raison, l’ont appelée l’ombilic de la région. »

Plus tard, elle fut regardée non-seulement comme l’ombilic de la Judée, mais encore comme celui du monde entier. Tel est le sentiment de saint Jérôme dans son Commentaire sur le veiset d’Ézéchiel que je viens de citer; telle est aussi l’opinion de plusieurs anciens rabbins, qui s’est perpétuée à Jérusalem jusqu’à nos jours; car les Grecs montrent encore maintenant dans le chœur de leur chapelle et au milieu même de l’église du Saint-Sépulcre le prétendu centre de la tene, tradition qui semble avoir eu pour point de départ le verset d’Ézéchiel interprété trop à la lettre.

Grâce à son élévation naturelle, Jérusalem, au sein d’un pays où, pendant les trois quarts de l’année, les chaleurs se font vivement sentir dans les plaines, le long de la mer et surtout dans la profonde dépression de la longue vallée du Jourdain, jouit elle-même d’un climat très-tempéré. Pendant l’hiver et à l’époque de la saison des pluies, celles-ci quelquefois se transforment en neige, et alors un blanc linceul enveloppe et recouvre la Cité sainte, tandis qu’à quelques lieues de distance, au même jour et à la même heure, les habitants de Rieha, l’antique Jéricho, ont une température qui égale celle de nos étés et peuvent impunément se baigner dans les eaux de la mer Morte et du Jourdain; mais cette neige à Jérusalem est rare et passagère, et bientôt les rayons du soleil ou les tièdes haleines du midi la dissipent et la résolvent en ruisseaux. Les hivers, en effet, sont généralement cléments à Jérusalem et n’y sont guère marqués que par des pluies torrentielles qui tombent par intervalles, à la grande joie des habitants dont elles remplissent les bassins et les citernes. Le thermomètre descend très-rarement à zéro. Une fois la saison des pluies passée, c’est-à-dire dès le commencement ou le milieu d’avril jusqu’au 15 octobre, le ciel est d’une pureté presque inaltérable, et une belle teinte bleue forme au-dessus de la ville une voûte azurée qu’aucun nuage d’ordinaire ne vient ternir. La chaleur est, sans doute, alors assez forte; mais néanmoins elle est très-supportable, sauf les jours où le vent du sud vient à souffler. Dans ce cas, l’atmosphère est lourde et écrasante, et l’on éprouve une sorte de malaise indéfinissable qui cesse et disparaît avec ce vent embrasé, que les indigènes appellent rhamsin ou simoun. Les soirées sont délicieuses. Du haut des terrasses qui cou-

JÉRUSALE M.

ronnent les couvents et les maisons, on peut jouir tous les jours, pendant sept à huit mois de l’année, à la fois d une fraîcheur relative très-agréable, et de toute la magnificence des plus splendides couchers de soleil que 1 on puisse concevoir. Si l’on se trouve placé de manière à pouvoir embrasser d’un même coup d œil la ville entière, les hauteurs de Neby-Samouïl, de Chafath, de la montagne des Oliviers, et plus au delà, vers 1 est, la grande chaîne des montagnes transjordanes, le spectacle est réellement

Porte de Sion, ou Porte du prophète David.

En avant, en dehors de la porte, un (jroupe de Betliléliéniites et un porteur d’eau.

incomparable. Le soleil, en inclinant à l’occident derrière le massif des monts de Juda pour se plonger dans les eaux de la mer de Jaffa, illumine à l’est de ses rayons mourants les coupoles, les minarets et les tours de la Ville sainte, puis les flancs et les trois sommets du mont des Oliviers; plus loin enfin, à l’orient, au delà de la vallée du Jourdain, le faîte des montagnes d’Ammon et de Moab. Les cimes de cette chaîne, qui borne 1 horizon de ce côté, se colorent alors des reflets éblouissants d’une sorte de manteau de pourpre, auprès duquel aurait pâli celui de Salomon, bien que décoré par les plus

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