‹ La terre sainte (volume 2)Chapitre 25 sur 100 · B ET H L É H EM · texte numérisé non relu

B ET H L É H EM

« 17. En disant : « Dieu me garde de faire une telle chose ! Boirais-je le sang de ces hommes, et ce « qu’ils ont acheté au péril de leur vie! »

De ces versets, il résulte que la citerne, dont l’eau était l’objet des désirs de David pressé par la

soif, touchait à la porte de Bethléhem. Par conséquent, les citernes dites Biar Daoud, auxquelles la tradition rattache le fait précédent, semblent un peu trop distantes pour que l’on puisse dire qu’elles étaient auprès de la porte, juxta portam Bethlehem. Dans le texte hébreu, il y a littéralement à la porte de Bethléhem , ce que le texte des Paralipomènes rend très-exactement par les mots in porta Bethlehem ,

Puits de David, pbès de Bethlehem.

lesquels expriment un rapprochement eu quelque sorte immédiat. La ville antique se serait-elle étendue jadis jusqu’aux Biar Daoud? Bien ne le prouve. Aussi Quaresmius et d’autres critiques , à son exemple, ont-ils émis des doutes sur l’authenticité de la tradition relative à ce point, et ils inclinent plutôt à chercher la citerne à laquelle fait allusion le texte sacré, dans l’une de celles qui se trouvent au milieu de l’ancien atrium de la basilique de la Nativité.

A quinze minutes a l’est-sud-est de Bethléhem s’élève, sur une humble colline, le village de Beït- Sahour, d’où étaient originaires les bergers qui vinrent les premiers saluer l’Enfant Jésus à sa nais-

NORD DE LA JUDÉE

sance. On y compte six cents habitants, quatre cent quatre-vingt-dix schismatiques, cinquante catholiques et soixante musulmans. Plusieurs anciennes cavernes y servent encore aujourd’hui de demeures à quelques familles, ou d’abris pour les troupeaux. La plupart des maisons sont grossièrement construites. Une dizaine de citernes doivent être antiques ; l’une d’entre elles porte le nom de citerne de Marie , parce que la Sainte Vierge aurait bu de son eau, en passant par ce village. Non loin de Beït-Sahour, s’étend, vers l’ est- nord-est, la fertile vallée connue sous le nom d’Oued-Kharoubeh. La tradition y place le champ de Booz, ce qui paraît très-vraisemblable, car c’est la plaine la plus propre à la culture du blé et de l’orge dans les environs les plus rapprochés de Bethléhem, et dès lors on peut croire que Booz, qui était l’un des plus riches habitants de cette ville, possédait des champs dans la vallée en question, et c’est là que se serait passée l’idylle, à la fois si gracieuse et si touchante, que nous raconte le livre de Ruth.

Au milieu de cette même plaine sont les ruines d’un ancien couvenL désigné sous le nom de Deir er-Rauuat (couvent des Pasteurs), il appartient actuellement aux Grecs. Les bâtiments dont il était composé sont entièrement détruits, ainsi que la chapelle supérieure qu’il renfermait. De celle-ci, qui est complètement rasée, on descend par un escalier à une crypte ou chapelle souterraine, aujourd’hui très-dégradée. D’après une tradition très-répandue, ce serait là la grotte où veillaient les bergers lorsqu’un Ange leur annonça la naissance du Sauveur. Néanmoins, je dois dire ici qu’une autre tradition récente, mais qui réunit en sa faveur de nombreuses vraisemblances, place cette même grotte un kilomètre plus au nord, à l’endroit appelé Seiar er-Rhanem (étables à moutons), où, en 1801, M. Guarmani a signalé, le premier, les ruines d’un autre sanctuaire abandonné depuis de longs siècles, et dont la trace même s’était comme perdue. J’ai mentionné avec détails, dans mon ouvrage sur la Judée, cette découverte précieuse, et montré que M. Guarmani avait probablement trouvé le véritable emplacement : 1° de la tour Ader, ou tour du Troupeau ; 2° de la grotte où les bergers abritaient leurs troupeaux pendant la nuit, lorsqu’ils entendirent au-dessus de leurs tôles retentir mystérieusement dans les airs le Gloria in excelsis Deoj 3° du sanctuaire primitif élevé jadis pour perpétuer le souvenir de cet événement j 4° des trois tombes dont parlent d’anciens pèlerins comme étant celles de ces bergers.

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