‹ La terre sainte (volume 2)Chapitre 43 sur 100 · GABAON · texte numérisé non relu

GABAON

En descendant des hauteurs de Neby-Samouïl pour s’avancer dans la direction du nord, on traverse une vallée fertile, puis, au bout d’une demi-heure de marche, on gravit les différents gradins, à la fois naturels et artificiels, de la belle colline d’El-Djib, que couronne le village de ce nom. Il renferme cinq cents habitants. Beaucoup de maisons sont à moitié détruites. Plusieurs paraissent fort anciennes; elles sont intérieurement voûtées, très-obscures, et divisées en trois ou quatre compartiments. Quelques citernes, creusées dans le roc, doivent remonter à une époque plus reculée encore. A une faible distance du village, au pied d’un monticule aujourd’hui cultivé, mais qui autrefois était compris dans l’enceinte de la ville antique à laquelle a succédé El-Djib, une source abondante est

NORD DE LA JUDÉE

renfermée dans une grotte oblongue. A cent mètres de là est un birket de forme rectangulaire et aujourd’hui aux trois quarts comblé.

El-Djib, comme son nom et sa position le prouvent, représente l’ancienne ville de Gabaon, dont les habitants, à la nouvelle de la prise de Jéricho et de Ai par les Hébreux, se rendirent dans leur camp de Gilgal, et, trompant Josué par un subterfuge très-habile, lui firent croire qu’ils venaient d une contrée très-lointaine. Leurs bagages, leurs vêtements et leurs provisions paraissaient avoir beaucoup souffert du temps et de la longueur de la route. Ils venaient, disaient-ils, envoyés par les anciens du pays, pour conclure une alliance avec les enfants d’Israël. Abusé par les apparences, Josué accueillit favorablement leur proposition, fit la paix avec eux, et jura de ne point les mettre à mort. Les chefs de tribu scellèrent également cette alliance par un serment solennel. La Bible nous apprend que

Gabaon formait alors avec trois autres villes, dont elle semble avoir été la plus importante, un petit Etat indépendant. Ces villes étaient Gaphira, Beeroth et Gariathiarim. Habitées par des Hévites, elles échappèrent, grâce à cette supercherie, au sort qui les attendait. Huit jours après, les Hébreux reconnurent qu’elles étaient chananéennes et y entrèrent; mais, enchaînés par leur serment, ils ne purent les détruire. Pour apaiser néanmoins les murmures du peuple, qui se plaignait hautement de l’alliance qu’on avait conclue avec ces villes et qui réclamait leur ruine, on les condamna à fournir des coupeurs de bois et des porteurs d’eau pour les divers besoins de la maison du Seigneur. La défection de Gabaon souleva contre elle l’indignation d’Adonisédek, roi de Jérusalem, qui se hâta de faire un appel aux rois d’Hébron, d’Yarmoutb, de Lachis et d’Églon, pour les engager à punir cette trahison. Ces cinq rois réunis marchèrent aussitôt contre Gabaon, et, établissant leur camp au pied de ses remparts, ils commencèrent à l’assiéger. Surpris par cette attaque imprévue, les Gabaonites implorèrent l’appui de Josué, qui était retourné à Gilgal. Celui-ci s’avança immédiatement à leur secours et battit les cinq rois. C’est dans cette bataille célèbre qu’il commanda au soleil et à la lune de s’arrêter, pour éclairer plus longtemps le combat. Dans le livre II des Rois (ch. n), il est question de Gabaon et de sa piscine, celle très-probablement dont j’ai mentionné les restes, à propos d’un

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