BÉTI-10R0N SUPÉRIEURE ET INFÉRIEURE
combat qu Abner, fils de Ner, qui soutenait les intérêts d’Isboseth, fils de Saül, et Joab, fils de Sarvia, general des troupes de David, se livrèrent en cet endroit. C’est également à Gabaon que, plus tard, le même Joab tua par trahison Amasa, jaloux de la confiance que David témoignait à ce général. Quand David ramena l’arche d’alliance à Jérusalem, le tabernacle resta à Gabaon. La troisième année de son régné, Salomon vint dans cette ville pour y sacrifier, parce que c’était, avant la fondation du temple, le plus important de tous les hauts lieux, et il offrit mille hosties en holocauste sur l’autel qui s y trouvait. Ce fut là aussi que le Seigneur lui apparut en songe et lui demanda ce qu’il désirait. Salomon sollicita la sagesse, comme le don le plus précieux, et le Seigneur, en la lui accordant, lui donna en même temps les richesses, la puissance et la gloire, qu’il n’avait point demandées.
BÉTHORON SUPÉRIEURE ET INFÉRIEURE — ÀÏALON
A neuf kilomètres à 1 ouest-nord-ouest de Gabaon s’élève, sur le sommet d’une montagne, un village appelé Beit-Aour el-Fouka; c’est l’ancienne ville de Béthoron supérieure. On y remarque les restes d’un petit château fort qui a dû être plusieurs fois rebâti et qui est aujourd’hui divisé en différentes maisons particulières. Le nombre des habitants se réduit à cent cinquante; ils cultivent autour du village des jardins plantes de figuiers et d’oliviers.
Lu suivant pendant trois quarts d’heure de marche, dans la même direction de l’ouest-nord-ouest, une route ou plutôt un sentier difficile qui a été taillé dans le roc en plusieurs endroits, on arrive à Beit-Aour el-Thata, ainsi nommé parce que ce village est situé sur une hauteur moins élevée que la précédente. Là était jadis Béthoron inférieure. Les maisons du village actuel, qui compte trois cents âmes, paraissent avoir été en partie construites avec des matériaux antiques; plusieurs citernes creusées dans le roc attestent également une origine ancienne. Autour des habitations s’étendent, sur des pentes plus ou moins inclinées, des jardins fertiles plantés d’oliviers, de figuiers et de grenadiers.
Les deux cités de Béthoron sont très-souvent mentionnées ensemble dans la Bible, à cause de leur rapprochement; quelquefois même elles sont confondues en une seule et même localité.
Lorsque Josué eut défait à Gabaon les cinq rois des Amorites qui étaient venus assiéger celte ville, il les poursuivit tout le long de la montée et de la descente de Béthoron.
Les deux Béthoron, supérieure et inférieure, étaient situées sur la ligne frontière qui séparait la tribu de Benjamin de celle d’Kphraïm. Un verset du livre de Josué nous apprend que Béthoron, sans distinction d’inférieure et de supérieure, était une ville de refuge appartenant à la tribu d’Éphraïm, et qu’elle fut accordée aux lévites descendant de Caath. (Josué, ch. xxi, $ 22.)
Les deux Béthoron furent plus tard fortifiées par Salomon.
C’est près de Béthoron que, dans la suite, l’an I6G avant Jésus-Christ, Judas Macchabée vainquit, avec une poignée d’hommes, les forces considérables de l’armée syrienne, que commandait Séron. Il s’agit ici très-probablement de Béthoron inférieure, attendu que les ennemis, après leur défaite, furent poursuivis jusque dans la plaine.
L’an 1G2 avant Jésus-Christ, Nicanor ayant établi son camp à Béthoron, Judas, qui était à Adarsa, marcha contre lui avec trois mille hommes et écrasa sou armée; le général syrien périt lui-même dans le combat.
L’année suivante, le glorieux trépas du héros asmonéen permit à Bacchidès, que le roi Démétrius
NORD DE LA JUDÉE
avait envoyé en Syrie pour remplacer Nicanor* d’étendre dans cette contrée l’empire du roi son maître, et, entre autres villes dont il releva ou augmenta les fortifications, l’histoire mentionne celle de Béthoron.
Josèphe nous apprend que, l’an 65 de notre ère, le proconsul romain Cestius, après avoir incendié Lydda, se dirigea vers Gabaon par la montée de Béthoron.
Sa tentative pour s’emparer de Jérusalem ayant ensuite échoué, il reprit bientôt en fugitif la même route, harcelé continuellement par les
Mosquée t>e Neby-Samouil, au sommet de la mohtacne.
Juifs, qui, dans les gorges étroites et difficiles qu’il avait à traverser, le forcèrent à sacrifier tout son bagage et lui firent perdre beaucoup de monde. C’est avec la plus grande peine qu’à la faveur de la nuit il put regagner Béthoron. Afin de tromper les ennemis, qui occupaient toutes les issues par où il pouvait sortir de cette place, il laissa en cet endroit quatre cents de ses plus braves soldais / pour garder son camp et faire croire à l’ennemi qu’il y était encore avec lout.es ses forces. Quant à lui, profitant des ténèbres, il s’échappa sans bruit avec le reste de son armée. Le lendemain matin, les Juifs, s’étant aperçus de sa fuite, massacrèrent les quatre cents