SOU B A
Le livre de Jérémie (ch. xxvi) nous révèle le nom d’un prophète appelé Urie, fils de Séméi de Cariathiaran, qui, l’an 609 avant Jésus-Christ, prédit la ruine de Jérusalem. Amené dans cette ville par les gens du roi Joachim, il y fut mis à mort et enterré parmi les sépulcres des derniers du peuple.
trois kilomètres au sud-est de Kiriet el-Anab, s’élève une montagne isolée et de forme conique, appelée Souba. Elle était couronnée à son sommet par une petite ville, réduite maintenant à l’état d’un simple village qui porte le même nom. Avant l’invasion d’Ibrahim-Pacba, c’était une place forte environnée d anciens remparts parfaitement construits en blocs magnifiques et bien appareillés ; mais, en
1864, après une assez vive résistance, elle fut emportée d’assaut, par Ibrahim (J presque entièrement démantelée. Néanmoins, il subsiste encore, sur plusieurs points, des pans de murs presque intacts, attestant, par la régularité et les grandes dimensions de leurs assises, la beauté de I enceinte qui entourait celte ville. Sur le point culminant de la montagne, est une petite tour toute moderne dont les fondations seules sont en partie antiques ; elle a ' . .
été rebâtie depuis une vingtaine d’années.
1 ° Kiiuet kl-As
En dehors du village actuel, on remarque plusieurs anciens tombeaux pratiqués dans le roc; ce sont des grottes maintenant bouchées et qui servent encore aux habitants de Souba pour y enterrer leurs morts; l’ouverture en est, à cause de cela, fermée avec de grosses pierres, qu ils enlèvent lorsqu’ils ont à y introduire un nouveau cadavre.
Au bas de la montagne, vers l’est, un magnifique chêne vert est, depuis plusieurs siècles, le rendezvous ordinaire des habitants. Ses immenses rameaux forment, en effet, un vaste abri, impénétrable aux rayons du soleil. Alentour gisent des tombeaux musulmans. Plus bas encore s’étendent, dans une vallée, de frais jardins plantés de divers arbres fruitiers, tels que cognassiers, orangers, citronniers et grenadiers. Ces vergers sont arrosés par les eaux provenant d’une fontaine antique où les femmes de Souba descendent sans cesse pour emplir leurs cruches ou leurs outres.
Telle est, en peu de mots, la description de ce village, qui contient aujourd’hui huit cents habi-
NORD DE LA JUDÉE
lanls. La tradition actuelle, adoptée assez généralement par les chrétiens et par les musulmans du pays, veut que ce soit l’antique ville de Modin, l’illustre patrie des Macchabées et le lieu de leur sépulture. Mais cette ville, comme je le montrerai dans le second volume de cet ouvrage, doit se chercher dans le voisinage de Lydda, au Kharbet el-Medieh, où j’ai, en 1870, découvert les débris du tom¬
beau de l’héroïque Mathalhias et de ses vaillants fils.
A l’époque des Croisades, .'a hauteur de Souba s’appelait Belmonl, et les Latins reconstruisaient alors , avec de beaux matériaux, certainement plus anciens, la forteresse dont j’ai parlé.
lîobinson voit, par erreur, dans Souba, l’ancienne Ramathaïm-Sophim, la patrie et le tombeau du prophète Samuel; mais c’est à Ncby-Samouil qu’il faut placer cette ville, et l’on est contraint d’avouer que, malgré l’importance de la position de Souba, malgré aussi celle des beaux remparts dont elle était entourée, on n’a jusqu’à présent découvert d’une manière indubitable aucune ville ni bourgade antique qui puisse être identifiée, sans conteste, avec cette localité intéressante.