‹ La terre sainte (volume 2)Chapitre 52 sur 100 · ANATHOTH · texte numérisé non relu

ANATHOTH

habitants firent subir à la femme du lévite d’Kphraïm, crime qui attira l’extermination, non-seulement de la ville où il avait été commis, mais encore de la tribu presque tout entière de Benjamin, à laquelle elle avait etc adjugée. Quelques siècles plus tard, Gibeah est citée dans la Bible comme étant la patrie

île Saiil, qui y avait sa maison et qui l’habita encore après qu’il eut été sacré roi par Samuel. Depuis lors, elle prit le nom de Gibeah de Saül. Sous le règne de David, une famine ayant désolé pendant trois ans la Palestine, ce prince consulta l’oracle du Seigneur, qui lui répondit que cette calamité avait pour cause le crime de Saül et de sa maison sanguinaire, qui avait persécuté et massacré les Gabaonites, malgré la sauvegarde que Josué leur avait accordée. David, ayant convoqué les Gabaonites, leur demanda quelle satisfaction ils réclamaient. Ceux-ci, désireux d’anéantir la maison de leur persécuteur, insistèrent pour qu’on leur livrât sept

des descendants de Saül, afin de les meltre en croix à Gibeah.

Cette ville existait encore à l’époque du siège de Jérusalem par Titus. C’était alors un simple village, comme nous l’apprenons par Josèphe, qui le place à trente stades de Jérusalem, chiffre suffisamment exact et qui contribue à fixer à Tell el-Foul l’antique Gibeah de Benjamin ou Gibeah de Saül. A l’époque de saint Jérôme, elle était rasée complètement.

Si de Tell el-Foul on se dirige vers l’est-sud-est, on arrive au bout de trente-cinq minutes de marche au village d’Anafa. Situé sur une colline, il renferme deux cents habitants. Une dizaine de maisons sont de date assez récente ; d’autres, très-délabrées, ont été bâlies avec des matériaux antiques trouvés certainement sur place. Des citernes, des caveaux creusés dans le roc et quelques tronçons de colonnes proviennent également de l’ancienne cité à laquelle Anata a succédé et dont le nom d’Anathoth survit dans la dénomination actuelle. En 1 874, des

NORD DE LA JUDÉE

fouilles pratiquées en cet endroit ont mis à jour les restes d’une vieille église pavée en mosaïque.

Anathotli est mentionnée dans le livre de Josué et dans les Paralipomènes parmi les villes de Jnda attribuées aux prêtres. Ce fut la ville natale de Jéhu, l’un des vaillants hommes qui s’attachèrent à la personne de David lorsqu’il fuyait devant Saül, et qui contribuèrent à l’établir roi à Ilébron. Salomon, à peine monté sur le trône, pour punir le pontife Abiathar, qui avait favorisé le parti d’Adonias, le priva du sacerdoce et le relégua à Anathoth, sa patrie. Isaïe, dans le passage où il trace la marche de Sennachérib sur Jérusalem, fait mention d’ Anathoth, qu’il appelle la pauvre (ch. x, $ 30). Mais cette petite ville doit surtout sa célébrité au nom de Jérémie, qui est associé au sien, car elle fut le berceau de ce grand prophète, qui eut à se plaindre souvent de l’incrédulité de ses compatriotes. Ceux-ci, en effet, refusaient d’ajouter foi à ses prédictions, et il se vit

Er 1Iam (Ramah de Benjamin).

obligé de les menacer de la vengeance divine. Au retour de la captivité, Anathoth fut repeuplée par une partie de ses anciens habitants ou de leui's descendants.

Au nord de Tell el-Foul, à la distance de trois kilomètres, on atteint le pied de la colline d’Er-Ram. Les flancs rochçux de cette hauteur ont été jadis exploités comme carrière. Sur le point culminant, on observe les débris d’une ancienne tour, actuellement divisée en plusieurs habitations particulières. Un peu plus bas est une mosquée qui remplace une église chrétienne, dont elle occupe le chœur; les habitants y vénèrent la mémoire du cheikh Hasen. En parcourant le village, qui ne compte guère plus de deux cents âmes, on remarque de nombreuses pierres de taille, évidemment antiques, encastrées dans des bâtisses grossières, d’apparence musulmane.

Er-Ram, comme son nom et sa position le démontrent, est l’antique Ramah, et avec l’article défini, II a- Rama h, qui appartenait à la tribu de Benjamin. Dans l’histoire du lévite d’Éphraïm, Ramah est

G li B A.

citée comme étant au delà de Gibeali, en venant de Jérusalem. Effectivement, telle est la position d’Er-Ram par rapport à Tell el-Foul, jadis Gibeali. Plus tard, sous le règne d’Asa, roi de Juda, Baasa, roi d’Israël, s’empara de Ramah, ville située sur la frontière des deux Etats, et entreprit de la fortifier, afin de fermer de ce côté les issues du royaume d’Asa. Asa, pour empêcher l’établissement de cette forteresse, acheta par de riches présents l’alliance de Ben-Hadad, roi de Syrie, qui résidait à Damas. Ben-Hadad envahit aussitôt le nord de la Palestine, et força ainsi Baasa de retourner au plus vite sur ses pas pour repousser cette invasion. Asa, débarrassé de son ennemi, s’empara de Ramah, détruisit les fortifications commencées et en employa les matériaux à celles de Giheah de Benjamin et de Mizpah. Après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, Ramah devint un dépôt de prisonniers, qui de là étaient transportés à Bahylone. Au retour de la captivité, elle fut rébabitée. Eusèbe la signale à six milles au nord de Jérusalem, ce qui est très-exact. A l’époque de saint Jérôme, ce n’était plus qu’un simple village de peu d’importance, comme aujourd’hui.

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