‹ La terre sainte (volume 2)Chapitre 55 sur 100 · SILO · texte numérisé non relu

SILO

versées jonchent partout le sol de leurs débris ; elles offrent, pour la plupart, l’apparence d’habitations arabes ; mais des caves et des citernes creusées dans le roc doivent remonter à une époque beaucoup plus reculée. Une mosquée encore debout est ombragée par un magnifique chêne vert. Elle a été bâtie tout entière avec des pierres de taille de différentes grandeurs et provenant d'édifices antérieurs.

Cinq cents pas à l’ est-sud-est de cette mosquée, on observe les restes, beaucoup plus intéressants encore, d’un petit monument que j’incline à considérer comme une ancienne synagogue. Mesurant intérieurement douze pas sur chaque face, et tourné du nord au sud, il a été construit avec de belles pierres de taille reposant sans ciment les unes sur les autres. Au centre de la face septentrionale est une porte rectangulaire dont les pieds-droits sont surmontés d’un superbe linteau monolithe sur lequel ont été sculptés un vase à deux anses, puis, à droite et à gauche, une couronne de fleurs enfer-

NORD DE F, A JUDÉE

niant un disque bombe, et, à chacune des deux extrémités, un autel orné de cornes aux angles supérieurs. L’intérieur de cet édifice était divisé en trois nefs, au moyen de quatre colonnes, deux de chaque côté, dont les fûts monolithes gisent à terre, ainsi que les chapiteaux corinthiens qui les couronnaient. À une époque postérieure, un mur en talus, construit avec des matériaux moins réguliers, avait élé appliqué sur ce monument pour le transformer en une sorte de fortin. Ce mur est lui-même en partie renversé, sauf sur la face nord, où il flanque, à droite et à gauche, la porte d entrée. Indépendamment de celle-ci, une seconde porte avait été pratiquée dans la face occidentale ; mais elle a été plus tard bouchée.

La nécropole de l’antique cité de Silo, dont Siloun a conservé le nom, se trouve dix minutes au nord-est de remplacement, que celle-ci occupait. De nombreux tombeaux creuses dans le roc y affectent

Siloun, jadis Silo.

presque tous la forme suivante : précédés d’un vestibule cintré, ils consistent, pour la plupart, en une chambre sépulcrale, dans laquelle on pénètre par une porte rectangulaire très-basse, et qui renferme soit des fours à cercueils, soit des auges funéraires surmontées d’arceaux cintrés, soit des auges sans arceaux. Un peu plus au nord encore, coule une source abondante, l’Aïn-Siloun, dont les eaux se répandent d’abord dans un bassin carré, puis dans une vallée qu’elles fertilisent. Non loin de cette source on remarque d’énormes quartiers de rocher détachés d’une colline voisine, comme par l’effet d’un tremblement de terre. L’un d’eux renferme encore deux tombeaux à auges, surmontés chacun d’un arceau cintré et séparés l’un de l’autre par un pilastre. De tous côtés, en cet endroit, les flancs rocheux des hauteurs environnantes ont été taillés par la main de l’homme, qui les a exploités comme carrière ou creusés pour y établir une nécropole.

Lors du partage de la Terre promise, les tribus d’Israël se réunirent à Silo et y fixèrent l’arche d’alliance. C’est là qu’en présence de l’arche, le pays conquis fut tiré au sort. Dans cette distribution, Silo échut à la tribu d’Éphraïm. Après la destruction de la plus grande partie de la tribu de Benjamin par les enfants d’Israël, ceux qui avaient échappé au massacre et qui n’étaient point pourvus

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