‹ La terre sainte (volume 2)Chapitre 58 sur 100 · PUITS DE JACOB TOMBEAU DE JOSEPH NAPLOUSE OU SICHEM · texte numérisé non relu

PUITS DE JACOB TOMBEAU DE JOSEPH NAPLOUSE OU SICHEM

Cinq kilomètres au nord d’ Aouartah, en longeant dans la vallée de la Makna les flancs orientaux du Garizim, on parvient au puits dit de Jacob. 11 est renfermé dans une petite crypte voûtée, ancienne chapelle tournée vers l’est et située elle-même à l’extrémité orientale d’une église chrétienne, bâtie en forme de croix, et dont les arasements seuls sont encore visibles maintenant. Quelques tronçons de colonnes en granit gris gisent sur l’emplacement occupé jadis par cette église. Très-étroit à son orifice supérieur, le puits s’élargit ensuite un peu, et sa profondeur actuelle est d’environ vingt-quatre mètres. Elle était autrefois beaucoup plus grande; car presque tous les pèlerins qui le visitent ont l’habitude d’y jeter des pierres pour savoir s’il contient encore de l’eau et juger approximativement de sa profondeur par le temps que mettent les pierres à descendre. Il est ordinairement à sec; la source qui lui fournissait de l’eau, se trouvant probablement plusieurs mètres plus bas, est obstruée par cet amas toujours croissant de petites pierres. Néanmoins, à l’époque des grandes pluies, cette source se fait encore jour à travers, et les voyageurs y ont signalé alors trois ou quatre mètres d’eau. Quoi qu’il en soit, une tradition non interrompue, et admise à la fois par les chrétiens, les Juifs, leS Samaritains et les musulmans, fait remonter l’origine de ce puits jusqu’au patriarche dont il a conservé le nom et qui l’aurait creusé dans le champ acheté des fils de Hémor. On l’appelle également Bir es-Samirieli (puits de la Samaritaine), parce que c’est sur la margelle qui l’entourait qu’était assis Notre-Seigneur, lorsqu’il eut avec la Samaritaine l’admirable entretien raconté par l’Evangile. A partir de l’ère chrétienne, à cause de cela, il dut être entouré d’une vénération nouvelle; car, au souvenir de Jacob qui s’y rattachait déjà, et qui le rendait cher aux Juifs et aux Samaritains, vint s’adjoindre celui du Messie lui-même, qui le revêtait d’un caractère sacré aux yeux des chrétiens. Aussi ce puits célèbre est-il mentionné par la plupart des pèlerins ou voyageurs qui ont traversé la Samarie depuis les premiers âges de l’Église jusqu’à nos jours.

Non loin du puits de Jacob, vers le nord, est le tombeau de Joseph. Construit en forme de dos d’âne et blanchi à la chaux, il est placé obliquement dans le sens de la diagonale au milieu d’une petite enceinte rectangulaire découverte, qui est orientée du nord au sud, et qui se termine, de ce

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