MONT G A RI Z IM
encadrent l’horizon. A l’extrémité septentrionale de ces derniers, se dressent dans le lointain les cimes neigeuses du Grand- Il ermon. Entre ces limites s’étend autour de l’observateur un réseau varié
de montagnes, de vallées et de plaines presque toutes naturellement fertiles, et. qui justifient très-bien, malgré l’extrême décadence du pays depuis de longs siècles, les éloges qu’on leur donnait autrefois.
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En dehors et au nord de la grande enceinte, ou en remarque une seconde, bâtie comme la précédente et qui contient une vaste piscine, qu’avoisinent beaucoup de tombes musulmanes, ceux qui y sont enterrés ayant désiré reposer, après leur mort, auprès de l’oualy vénéré du cheikh Abou-Rbanem. Quatre-vingts pas au sud du mur méridional du Kalah, on rencontre une plate-forme rocheuse dont les contours irréguliers sont bordés de pierres; elle est inclinée de l’est à l’ouest et aboutit de ce côté à une large fenle qui semble être l’oritice d’une citerne pratiquée dans le roc. Quelques Samaritains prétendent que l’arche d’alliance s’est jadis reposée en cet endroit. Selon d’autres, là aurait été jadis placé l’ancien autel de leurs sacrifices. Un peu plus au sud encore, une sorte d’auge oblongue grossièrement creusée dans le roc est regardée par les Samaritains comme le lieu du sacrifice d’ Abraham. C’est là, disent-ils, qu’il avait étendu son fils Isaac pour l’immoler, lorsqu’un Ange arrêta sa main prête à frapper. Pour eux, en effet, le Garizim est le mont Moriah, désigné à Abraham comme la montagne où il devait offrir son sacrifice. Ils se fondent, pour établir cette fausse identification, sur le rapport frappant en apparence, mais erroné au fond, des deux mots Moriah et Moreh.
Indépendamment des ruines que je viens de signaler sur le plateau du Garizim, et qui portent un caractère sacré, on en observe un grand nombre d’autres appartenant à une ancienne ville. Elles s’appellent Kharbet-Louza. Cette ville est, du reste, sans histoire; le nom seul qui s’est conservé fidèlement jusqu’à nos jours nous est indiqué par le passage suivant de V Onomasticon :
« Louza, autre ville qui échut en sort aux enfants de Joseph; elle est située près de Sicliem, au neuvième mille de Neapolis. »
Saint Jérôme, en traduisant ce passage d’Eusèbe, le corrige ainsi : « Liiza, liœc altéra est, quœ cecidit in sortent filiorum Joseph, juxta Sichem, in tertio lapide Neapoleos. »
MONT ÉBAL
Sur les flancs méridionaux et inférieurs de l’Ébal, qui, de l’autre côté de la vallée de Naplouse, se dresse au devant et au-dessus de cette ville vers le nord, on remarque un certain nombre de tombeaux pratiqués dans le roc, restes, sans aucun doute, d’une des anciennes nécropoles de Sichem.
Un peu plus à l’est, au pied sud-est de la montagne, coule dans un bassin une belle source, appelée Ain-Asker. Les ruines d’un village l’avoisinent, sous le nom de K barbet- Asker. Quelques critiques établissent un rapprochement entre le nom de cet ancien village et celui de la ville de Sichar mentionnée dans l’Évangile de saint Jean.
« Jésus vint donc dans une ville de Samarie, appelée Sichar, près du champ que Jacob donna à son fils Joseph. » (Ch. iv, ÿ 5.)
Le Pèlerin de Bordeaux distingue Neapolis, Sichem et Sechar.
« Civitas Neapoh. Ibi est mons Angazaren {Garizim)... Inde ad pedem montis ipsius, locus est cui nomen est Sechim {Sichem).
(( . I n(l(; passus mille, locus est cui nomen Sechar, unde descendit mulier Samaritana ad eumdem
locum, ubi Jacob puteum Jodit. »
Cet endroit appelé Sechar par le Pèlerin de Bordeaux, et éloigné de mille pas de Sechim, l’ancienne Sichem, différente elle-même de Neapolis, située un peu plus à l’ouest, répond en effet assez bien à l’emplacement du K barbet- Asker, dont la dénomination, sauf la première lettre qui est un aïn, offre une
MONT É 0 A fi.
grande ressemblance avec celle de Sechar, Sichar on Sychar. Mais, d’un autre côté, comme je l’ai déjà dit,
l’opinion qui semble la plus vraisemblable identifie Sichar avec Sichem, Sichar n’ayant été qu’un sobriquet donné à cette ville. En outre, l’évangéliste saint. Jean faitde Sichar
une ville. Or le Kharbet-Asker n’a jamais été qu’un simple village et nullement une ville de quelque étendue.
En gravissant l’Ebal un peu au delà vers le nord-est, on atteint, après une ascension très-pénible d’une grande heure de marche, le plateau supérieur de la mon- j tagne. Chemin faisant, on rencontre vers le bas de la montée les débris d’un autre ancien village, connu sous Mont EllALi VD DES jardins de Naplouse.
le nom de Kharbet-Kefr-Kous. A mesure que l’on s’élève,
les pentes deviennent plus roides; néanmoins, malgré les rochers qui les hérissent, elles étaient autrefois cultivées par étages, comme l’attestent de vieux murs de soutènement. Sur le plateau se mon-