‹ La terre sainte (volume 2)Chapitre 69 sur 100 · S A MARIE · texte numérisé non relu

S A MARIE

trent aussi de tous côtés de petits murs d’enclos renversés, ayant servi à délimiter des propriétés; de vieux ceps rampent encore çà et là sur le sol. Sur le point culminant de la montagne, de nombreuses maisons jonchent de leurs débris confus un terrain inégal et rocheux. Une enceinte carrée, mesurant environ trente-deux pas sur chaque face et bâtie avec des blocs plus considérables, est appelée El-Kalah (le château). Était-ce là le téménos d’un petit sanctuaire aujourd’hui rasé? Était-ce un lieu de refuge en cas d’attaque? Je l’ignore.

La Bible nous apprend que Moïse avait recommandé à son peuple, quand il aurait franchi le Jourdain, de dresser de grandes pierres sur le mont Ébal, de les enduire de chaux et d y graver les paroles de la loi; il devait également y ériger un autel de pierres brutes et non polies, et y offrir des holocaustes au Seigneur. Dans le livre de Josué, nous voyons que les prescriptions adressées au peuple pai Moïse furent fidèlement exécutées par son successeur. D’après le Pentateuque samaritain, ces pierres et cet autel auraient été dressés sur le Garizim et non sur l’Ébal. Mais tous les manuscrits hébraïques, ainsi que la version des Septante et celle de la Vulgate, au lieu du mot Garizim, portent dans le passage relatif à ce fait celui d’Ébal, et dès lors c’est sur cette dernière montagne qu’a dû se trouver l’aulel primitif érigé par Josué. J’incline à penser pour mon compte qu’il occupait le centre de l’enceinte que je viens de signaler, laquelle a pu être remaniée ensuite pour servir à un but de défense. Elle est située sur le point culminant de l’Ébal, et tout porte à croire que l’autel dressé par Josué a dû être placé pareillement sur le sommet de celte montagne, qui dépasse celui du Garizim d’une cinquantaine de mètres.

Page 1