SALEM — SÉBASTIEH, JADIS S AM A RI E OU SÉBASÏE SANOUR, JADIS BÉTHULIE
A l’est du puits de Jacob, sur une colline voisine plantée de figuiers, d’oliviers et d’amandiers, est le petit village de Salem. Il contient deux cents âmes au plus. Les maisons sont très-délabrées. Une douzaine de citernes antiques, par suite de l’incurie des habitants, sont hors d’usage maintenant, et les femmes du village sont contraintes d’aller chercher de l’eau à un kilomètre de là, à une source qui s’écoule de dessous un rocher par un petit canal d’apparence antique.
Salem, par son nom et sa position, répond parfaitement à l’ancienne Salem, en hébreu Chalem, que traversa Jacob arrivant de Mésopotamie, avant de dresser sa tente près de la ville de Sichem.
« Transivitque in Salem, nrbem Sichimonun, cjuœ est in terra Chanaan, postcjuam reversas est de Mesopotamia Syriœ, et habitavit juxta oppidum. » ( Genèse , ch. xxxm, y 18.)
Eusèbe et son traducteur saint Jérôme ont confondu à tort dans Y Onomasticon Salem avec Sichem.
C’était une localité dépendante et voisine de cette dernière ville, mais non identique avec elle.
Onze kilomètres environ à l’ouest-nord-ouest de Naplouse, s’élève sur les flancs d’une belle montagne isolée le village de Sébastieh, qui n’occupe plus qu’une faible partie des quartiers bas de l’ancienne Sébaste dont il a conservé le nom. La ville haute, en effet, couvrait le sommet de la montagne et les magnifiques rampes qui y conduisent. On remarque près du village les restes d’une église longue de quarante-sept mètres sur vingt-sept de large et divisée en trois nefs que coupe un transsept terminé lui-même à l’orient par trois absides. Les voûtes, en grande partie écroulées, sauf celles du collatéral méridional, étaient ogivales. Les dalles qui servaient de pavé ont depuis longtemps disparu.