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sanctuaire au fond de la crypte qui nous occupe maintenant? La chose est très-possible, car cette crypte, à part la coupole musulmane qui la surmonte, est bien certainement antérieure au moyen âge et doit avoir appartenu à la basilique primitive signalée par Antonin de Plaisance et qu’a remplacée plus tard l’église des Croisades.
Au sud de cette église s’étendent de vastes citernes et des bâtiments considérables, aujourd’hui aux trois quarts renversés et qu’environnait un mur très-épais. Ce sont probablement les restes d’un ancien monastère.
Quant au village de Sébastieh, il n’offre plus qu’un amas confus d’habitations mal bâties avec des matériaux de toutes sortes provenant de l’importante ville de Sébaste. De celle-ci il subsiste les vestiges de puissantes murailles en blocs d’un bel appareil, ceux de plusieurs portes monumentales, de temples et de portiques, et surtout les débris d’une majestueuse et longue avenue de colonnes monolithes dont une soixantaine, au moins, sont encore debout et les autres sont couchées à terre près de leurs bases respectives. L’acropole de la ville antique, qui constituait, selon toute apparence, la primitive Samarie, s’élève, comme par étages successifs, avec des rampes doucement ménagées, jusqu’à un plateau supérieur d’où la vue est très-étendue. Ce plateau et les diverses terrasses qui y mènent sont depuis plusieurs siècles livrés à la culture. Les palais, les temples et les maisons qu’on y voyait jadis ont fait place à des champs de blé ou à des plantations de figuiers et d’oliviers. Çà et là seulement quelques restes de constructions ou des pierres, soit amoncelées en tas, soit dispersées, annoncent que cette montagne, sur laquelle la nature semble avoir repris ses droits par la riche végétation dont elle est revêtue, était autrefois couverte d’édifices publics et privés.
Nous lisons dans le livre III des Rois qù’Omri, le sixième des rois d’Israël, après avoir régné six ans à Thirza, acheta la montagne de Chemerôn, pour deux kikars d’argent, de Chemer, à qui elle appartenait, et qu’il y bâtit une ville à laquelle il donna le nom de Chemerôn, du nom du propriétaire de la montagne. Une fois fondée par ce prince, l’an 925 avant Jésus-Christ, Chemerôn, ou, si l’on aime mieux, Samarie, pour me servir de l’appellation que les Septante et la Vulgate ont rendue plus familière, devint aussitôt la capitale des dix tribus, grâce à son heureuse position et à la fertilité de son territoire, et Thirza, qui avait elle-même succédé, comme siège du gouvernement, à Sichem, retomba dans l’obscurité. Achab, fils d’Omri, éleva à Samarie un temple et un autel en l’honneur de Baal, et il entoura ce sanctuaire d’un bois sacré. Dans la suite, ce temple fut détruit par Jéhu.
L’an 721 avant Jésus-Christ, Salmanasar s’empara de Samarie, après un siège de trois ans, et en transporta les habitants dans ses États, avec ceux des autres villes du royaume d’Israël, qui cessa dès lors d’exister. Quelques années plus tard, la contrée dont Samarie était le centre fut repeuplée par Hasar-Haddon.
L’an 110 avant Jésus-Christ, Jean Hyrcan détruisit cette ville de fond en comble ; mais elle se releva de ses ruines et fut rebâtie par Gabinius; elle fut ensuite magnifiquement restaurée par Ilérode le Grand, qui la fortifia, l’environna d’une superbe muraille de vingt stades de circonférence et y établit six mille colons, auxquels il distribua des terres. Au milieu de la ville, il fit construire, en l’honneur d’Auguste, son patron, un temple très-vaste entouré d’une enceinte sacrée. La cité reçut elle-même alors le nom de Sébaste, traduction grecque du mot latin Augusta, par flatterie pour l’empereur.
A l’avenement du christianisme, l’an 33 de notre ère, le diacre Philippe alla prêcher l’Évangile dans cette ville, qui devint de bonne heure le siège d’un évêché. Maîtres de la Palestine, les croisés y établirent également un évêque latin et reconstruisirent la cathédrale de Saint-Jean-Baptiste.
SÉBASTJEH, JADIS SAMARIE OU SËBASTE.
De nos jours, celte ancienne capitale de la Samarie, à laquelle elle avait donné son nom, n’est plus qu un simple village musulman, sans importance, mais qui par les ruines de ses admirables colon¬
nades et par celles de son église, non moins que par ses souvenirs, mérite encore une attention toute spéciale de la part du voyageur.
Franchissons maintenant dans la direction du nord-est, à travers monts et vallées, l’intervalle de douze kilomètres qui nous sépare de Sanour, et faisons halte un instant dans ce village. Il est s, tu sur le sommet d’une colline rocheuse, de forme à peu près circulaire. Les pentes en sont roides et percées de nombreuses citernes creusées dans le roc. Cette colline semble avoir été prédestinée, de tout temps, à servir d assiette à une place forte. Une enceinte murée flanquée de tours en environnait autrefois le plateau supérieur ; elle est aujouid’hui en partie renversée.
Une opinion à laquelle je me rallie fait de Sanour 1 ancienne Béthulie, si fameuse par le siège qu’elle soutint contre Holopherne et par l’héroïque dévouement de Judith.
J’ai montré, en effet, dans mon ouvrage sur la Samarie, qu’aucun autre emplacement ne répondait mieux que
Tombeau de saint Jean-Baptiste, dans la liiypte de l’ancienne éclise consacrée au saint Phécuuseuii.
celui-là en Palestine aux différentes données des Livres saints relativement à la position de cette ville célèbre. Voisine de Dothaïm, elle commandait les défilés qui de la plaine d’Esdrelon condui-