‹ La terre sainte (volume 2)Chapitre 83 sur 100 · LE LAC DE TIBÉRIADE ET SES ENVIRONS · texte numérisé non relu

LE LAC DE TIBÉRIADE ET SES ENVIRONS

Pour se rendre de Nazareth au lac de Tibériade, il faut sept heures de marche par un sentier sou vent très-accidenté, dans la direction de l’est-nord-est, si l’on veut gagner Thabarieh , l’ancienne Tibériade. Ce beau lac, auquel nul autre ne peut être comparé, à cause des souvenirs qu’il rappelle, s’étend du nord au sud dans une longueur de vingt et un kilomè'res; sa plus grande largeur est de douze. Sa forme affecte celle d’un ovale. Bordé de hautes collines à l’est et à l’ouest, il est ainsi profondément encaissé, et la chaleur qui règne dans le bassin qu’il remplit et sur ses rives est encore singulièrement augmentée par la profonde dépression de sa surface au-dessous du niveau de la Méditerranée, dépression qui est estimée à cent quatre-vingt-dix mètres. Le Jourdain le traverse dans toute sa longueur, y entrant vers le milieu de sa courbe’ septentrionale et en ressortant à la pointe sud-ouest de son extrémité méridionale. Ses eaux, claires et limpides, sont extrêmement poissonneuses et semblent inviter les pêcheurs à y jeter leurs filets. Lorsque leur belle nappe bleue reflète l’azur du ciel et étincelle sous les rayons du soleil, on dirait un miroir éclatant dont les yeux sont éblouis et charmés tout à la fois. Le soir, elles se teignent, d’admirables couleurs empourprées, puis violacées, à mesure que l’astre du jour incline davantage à l’horizon et disparaît de plus en plus derrière les montagnes qui enserrent le lac au couchant. La nuit, quand la voûte du firmament se conslelle d’étoiles, elles en réfléchissent tous les feux doux ou scintillants. C’est alors qu’enveloppée d’une sorte de voile mystérieux et diaphane, la mer de Galilée apparaît surtout dans sa plus grande majesté, et qu’une reli-

Page 1