‹ La terre sainte (volume 2)Chapitre 86 sur 100 · MAGDALA · texte numérisé non relu

MAGDALA

longue rue basse, semblable à un ravin qui aboutit à l’endroit où le Jourdain débouche du lac à son extrémité sud-ouest. L’emplacement occupé par les maisons et par les édifices publics a été depuis longtemps sillonné par la charrue ; la pointe septentrionale seule a servi d’assiette à un village arabe dont les ruines portent le nom de Kïiarbet el-Kerak , dans lequel il est permis de voir une corruption de celui de Tarichées.

Dans la première année de son règne, Néron concéda au roi Agrippa une partie de la Galilée, et notamment Tibériade et Tarichées. Au commencement de la guerre des Juifs contre les Romains, cette

Medjdel (Magdala).

dernière ville fut l’une de celles que Josèphe fortifia. 11 y réprima, à force d’énergie, une violente sédition. Vespasien, une fois en possession de Tibériade qui lui avait ouvert ses portes, établit son camp près des thermes d’Emmaüs. Bientôt après, Tarichées tomba en son pouvoir, et il en vendit ou extermina la plus grande partie des habitants.

Revenons maintenant à Thabarieh et, après avoir parcouru vers le sud la côte occidentale du lac, examinons-la à partir de ce même point vers le nord.

Cinq kilomètres an nord-ouest de Thabarieh, le village de Medjdel se compose d’une trentaine de petites maisons surmontées chacune, pendant l’été, d’une cabane en roseaux, où les habitants se réfu-

BASSE GALILÉE

gient la nuit, à l’époque des grandes chaleurs. Près du rivage, deux vieux pans de mur très-épais semblent les restes d’une ancienne tour.

Medjdel est l’ancienne Magdala, patrie de sainte Marie-Madeleine, et signalée sous ce nom dans un passage de saint Matthieu, version grecque (ch. xv, jr 39).

Dans la Vulgate, au lieu de MaySaXà, nous lisons Magedan.

Le nom hébraïque était probablement Mitjdal ou Migdol, qui signifie tour , et que nous voyons appliqué en Palestine à plusieurs villes fortifiées. Le village dont il s’agit en ce moment était sans doute jadis une place forte au sud de la belle plaine de Génésaretli , dont elle défendait les approches.

Notre-Seigneur aborda en cet endroit après avoir accompli le miracle de la multiplication des sept pains et des petits poissons, avec lesquels il nourrit quatre mille hommes, indépendamment des femmes et des enfants.

Dans saint Marc, Notre-Seigneur, après ce miracle, se rend en barque non à Magdala ou Magedan, mais sur les confins de Dalmanutha :

« Et statim ascendcns navim cum dise i palis suis, venit in partes Dalmanutha. » (Saint Marc, ch. vin, ÿ 10.)

C’était, soit une localité voisine de Magdala, soit tout simplement le nom du district où était située cette dernière bourgade, sans qu’il y ait eu pour cela un village ou un bourg ainsi désigné. 11 en était de même de Bethléhem de Juda, qui appartenait au district d’Éphrata, bien qu’aucune ville de ce nom ne soit mentionnée dans la Bible.

Si Dalmanutba était un village ou un bourg voisin de Magedan ou Magdala, aujourd’hui Medjdel, on peut eu fixer l’emplacement à l’entrée de la vallée de Foulieh, au sud du promontoire qui la sépare de Medjdel. Cette vallée,

Cavernes de l’Ooed ei.- Hammam, adprès d’Arbkl.

en effet, arrosée par deux sources abondantes et où fou

observe quelques ruines, a pu, dans l’antiquité, avoir contenu un certain groupe d’habitations. Si, au contraire, Dalmanutha était uniquement le nom d’un district, il pouvait comprendre à la fois et

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