DAN ET DAPHNÉ
lenmieul u.i passage avant d'aboutir à la plaine; à l’entrée de ce passage on remarque un superbe térébinthe dont le tronc mesure sept mètres de développement, et un vieux chêne vert qui ombrage le tombeau d’un cheikh vénéré sous le nom de Cheikh- Azreik.
Au pied occidental du tell, vers le sud-ouest, jaillit une seconde source aussi considérable que la precedente et dont les eaux froides et transparentes se répandent d’abord dans un grand réservoir. I.e ruisseau qui en sort va bientôt après rejoindre vers le sud celui que je viens de signaler, pour couler
Site de Tell el-Kadhy (Dan). Vieux chêne veht ombhaceant l’une des sources du Jourdain et la tombe vénérée d’un santon.
dans Je même lit sous le nom de Nahr-Leddan. L’altitude de ces deux sources est estimée à cent quatre-vingt-cinq mètres au-dessus de la Méditerranée. Tell el-Kadhy représente l’emplacement de l’antique ville de Dan, dont le nom hébreu, qui signifie juge, est reproduit fidèlement dans l’appellation arabe de Tell el-Kadhy, qui veut dire la colline du juge. Cette ville était située à l’une des extrémités septentrionales de la Palestine; de là vient l’expression si usitée de Dan jusguà Bersabée, pour dire d’un bout à l’autre de la contrée, du nord au sud.
D’après un passage du livre de Josué (ch. xix, i 47), cette ville s’appelait primitivement Lesein , en hébreu Lechem, avant d’être prise et détruite par six cents hommes armés, appartenant à la tribu de Dan, et qui, en la rebâtissant, lui donnèrent le nom du père même de la tribu.
Le livre des Juges (ch. xvm, $ 47) nous apprend, d’un autre côté, que cette même ville portait également la désignation de Laïs, en hébreu Laïch.
HAUTE GALILÉE
'an 974 avant Jésus-Christ, Jéroboam s’étant fait reconnaître roi par les tribus d'Israël qui
s’étaient séparées de Roboam, et vou¬
lant détourner ses sujets de se rendre à Jérusalem pour y adorer le vrai Dieu dans son temple, plaça deux veaux d’or, l’un à Béthel, à T extrémité méridionale de ses États, et 1 autre à Dan, à l’extrémité septentrionale. Ces veaux d’or étaient, selon toute vraisemblance, renfermés dans des sanctuaires dont la Bible ne parle pas.
Trente-quatre ans plus tard, les généraux de Ben-Hadad, roi de Syrie, ravagèrent la ville de Dan avec d’autres cités de la tribu de Nephthali.
Nous avons vu tout à l’heure qu’à Tell el-Kadhy deux sources très-importantes donnent naissance au Nahr- Leddan, l’un des principaux bras du Jourdain. Ce nom de Leddan contient probablement dans sa dernière partie celui de Dan. Quant à l’étymologie donnée par saint Jérôme au mot J ordams comme signifiant fleuve de Dan, elle est loin d’être adoptée par tous les orientalistes, dont plusieurs s’accordent plutôt, ainsi que je l’ai dit, à dériver le nom de ce fleuve, en hébreu Yarden, de la racine iarad, descendre , ce fleuve descendant continuellement par une pente plus ou moins rapide jusqu’à la mer Morte, où il s’engloutit.
Au sud de Tell el-Kadhy, à la distance de deux kilomètres et demi, s’élèvent deux autres tells beaucoup moins considérables et appelés tous deux Tell-Defna. Pour s’y rendre, on traverse des champs que sillonnent de nombreux ruisseaux dérivant du Nahr- Leddan et qui communiquent à cette Nahh-Leddan, l’un des affluents du Jourdain. partie de ]a plaine une fécondité in¬
croyable. Les fellahs qui la cultivent ont le teint très-foncé, et ils vivent sous des huttes construites avec des joncs et des roseaux entrelacés; ils font, généralement deux récoltes par an.