CHATEAU DE SOU B E IB EH
caractère de son architecture. On est, en effet, d’une manière incontestable, en présence d’une église chrétienne parfaitement conservée, et non point d’un édifice bâti sur le plan d’une mosquée. Seule¬
ment, à l’époque marquée par l'inscription, cette église, consacrée primitivement à saint Jean-Baptiste et transformée ensuite en mosquée, a pu subir quelques réparations et modifications.
Pour en revenir à notre château fort, il est actuellement désigné d'ordinaire sous le nom de Kalal- Banias. Dans les auteurs arabes, il est cité sous celui de Kalat es-Soubeibeh. Le sire de Joinville, dans son Histoire de saint Louis, l’appelle Subeibe.
Les croisés, qui s’en étaient rendus maîtres en même temps que de Panéas, le perdirent ensuite, ainsi que cette ville, et essayèrent vainement de le reprendre en 1253. Joinville, qui prit part à cette dernière expédition, y courut les plus grands dangers, comme il le raconte lui-même. Depuis lors, ce château est toujours resté entre les mains des musulmans. Aujourd’hui, il tombe de toutes parts en ruine, et les deux fois que je l’ai visité,
HAUT R GALILÉE
en 1870 et en 1875, je ne l’ai plus trouvé habité que par quelques Druses qui y vivent avec leurs troupeaux.
A les en croire, une sorte de long tunnel aurait relié jadis 1 une des tours de cette forteresse avec la citadelle de Banias; mais c’est là une supposition tout à fait invraisemblable, à cause de la distance de quatre kilomètres qui sépare ces deux points. Les Arabes se plaisent souvent à affirmer 1 existence d’immenses et mystérieux souterrains qui n’ont d’ordinaire d autre réalité que dans leur propre imagination.
AÏN-HAZOUR ~ LAC PHIALA
Les ruines connues sous le nom de Kharbet Aïn-Hazour avoisinent vers l’est, à la distance de deux kilomètres et demi, le Kalat-Banias ou Soubeibeh. Elles sont aujourd’hui insignifiantes et se bornent à quelques arasements d’habitations et à des amas confus de pierres, sur deux monticules que sépare un petit ravin, dont l’un est depuis longtemps livré à la culture, et. l’autre est couvert par un bouquet de vieux chênes verts, au milieu desquels on remarque un oualy consacré au cheikh Othman Hazour, et plusieurs tombeaux musulmans. Près de là coule une source, appelée Aïn-Hazour .
Cette localité portait jadis, selon toute apparence, le nom qu’elle a conservé jusqu’à nos jours; mais il n’y a pas moyen de l’identifier, comme on l’a quelquefois proposé, avec la capitale du roi Jabin ; car il faut chercher celte ville, ainsi que je l’ai dit ailleurs, au-dessus et dans le voisinage du
A ÏN-H AZOUR.