DE PÉTRÀ AU DJEBEL-MOUS A
De ce pnssage il semble résulter que Asiongaber était au nord d Élalh.
Le livre III des Rois (ch. ix, i 26) nous apprend en outre que Salomon, plus tard, y construisit une flotte, et que cette ville était située près d’Élath, sur le bord de la mer Rouge, dans le pa^s d’Édom :
« Classera (juO(jue fecit rex Salomon ni Asiongaber, cjuce est juxla Ailath in littore maris Rubii, in terra Idumæœ. »
Dans la suite, Josaphat équipa sur cette même mer une autre flotte, destinée, comme celle de Salo-'
Arabes Touarah.
mon, à aller chercher de l’or à Ophir; mais ses navires se brisèrent contre les rochers d’ Asiongaber, ainsi que nous le savons par le verset suivant ( Rois , liv - 111, ch. XXII, f 49) :
« Rex vero Josaphat fecerat classes in mari, <]uœ navigarent in Ophir propter aurum : et ire non potuerunt, quia confractæ sunt in Asiongaber. »
Il est à croire que le bois qui servit à fabriquer ces vaisseaux flotta depuis les côtes de la Phénicie jusqu’au point du rivage le plus voisin de la tête du golfe Élanitique, et qu’il fut ensuite transporté à dos de chameau à travers le désert jusqu’au port d’ Asiongaber. Dans les environs de cette ville, en effet, ne devaient croître que des palmiers, et le désert ne pouvait fournir que des tamaris ou des acacias, qui ne pouvaient remplacer pour cet usage les pins et les cèdres du Liban.
Quant à Élath ou Élolh en hébreu, en latin Elath, Ailath et Aila, en grec AM, ’&«, AlWva, elle était située également vers l’extrémité septentrionale du même golfe, qui de là reçut le nom de golfe Élanitique.
Elle est souvent mentionnée en connexion avec Asiongaber, qu’elle avoisinait, selon toute
apparence, vers le sud-est, occupant probablement l’emplacement actuel d’Akaba. Conquise par David, qui s’empara du pays d’Édom et y plaça des garnisons, restée soumise à Salomon, qui, comme nous venons de le voir, équipa une flotte non loin de là à Asiongaber, elle suivit sans doute sous Joram le mouvement insurrectionnel des Édomites qui se révoltèrent contre ce prince. Mais, plus tard, reprise par Azarias, qui la rebâlit, elle demeura entre les mains des Juifs jusqu’au moment où Rasin, roi de Syrie, la leur enleva pour la rendre aux Édomites. Sous la domination romaine, elle garda encore quelque importance, tandis qu’il n’est plus question alors d’ Asiongaber, et, à l’époque chrétienne, elle devint le siège d’un évêché. C’était, sous l’empire byzantin, Je poste militaire de la dixième légion Fret en sis. Lors de l’invasion musulmane, elle était au pouvoir d’un petit prince chrétien appelé Johannat, qui, moyennant un tribut et en se déclarant vassal de Mahomet, détourna de sa ville les armes et les menaces du conquérant. C’était une grosse bourgade surnommée Akabah et défendue par un fort d’accès très-difficile. Les musulmans aplanirent le chemin rocheux qui y conduisait. A l’époque de la première croisade, le roi Baudoin Ier, en l’année 1116, s’en empara sans résistance et y laissa une garnison. L’an 1170, Saladin l’arracha, non sans peine, des mains des chrétiens. En 1181, Renaud de Châtillon, seigneur de Kerak et de Montréal, essaya vainement de l’emporter par un coup de main audacieux. En 1319, le sultan cl’Égypte Mohammed ben-Kelaoun fit aplanir de nouveau la rampe qui menait à la citadelle. Celle-ci, dans son état actuel, passe pour dater du seizième siècle. Elle est quadrangulaire , de forme oblongue et flanquée d’une tour à chacun de ses angles. Là réside le gouverneur de la place, avec une faible garnison qui a pour mission de protéger à leur passage les pèlerins de la Mecque. Les caravanes d’Égypte qui se croisent en cet endroit avec celles de Syrie et, d’Arabie y renouvellent leur provision d’eau; car des sources abondantes y coulent et y entretiennent comme dans une verdoyante oasis1 de belles plantations de palmiers. Le village d’Akaba est d’ailleurs assez misérable, avec ses maisons bâties en pisé et sa population de cultivateurs et de pauvres pêcheurs.
La distance qui sépare Aliaba du mont Sinaï est d’environ cinquante heures de marche. Après avoir contourné vers le nord-ouest, puis vers l'ouest, la pointe septentrionale du golfe du même nom, qui jadis, comme nous l’avons vu, s’appelait golfe Élanitique, on en suit vers le sud-ouest les bords occidentaux. Quand on les a longés dans cette direction pendant une quinzaine de kilomètres , on se trouve en présence d’une petite île couverte de ruines et appelée, soit Djeziret-Faraoun (l’ile de Pharaon), soit El-Kourey ou El-Koureyeh (la petite ville, le village), soit enfin Djebel el-Kalat (la montagne du Fort). Située à un kilomètre du rivage, elle affecte la forme d’un ovale long de trois cent quarante mètres sur cent cinquante de large, et consiste en deux collines rocheuses composées de granit gris et de porphyre, et réunies par un isthme. Des récifs de coraux l’environnent. Le pic du nord est plus eleve que le second et domine la mer d’une centaine de mètres. Il est couronné par les restes d’un château fort. Des constructions analogues, mais moins importantes, jonchent de leurs débris la colline méridionale. Ces ruines, maintenant abandonnées, servent quelquefois de repaire aux pirates ou d’asile aux pêcheurs. Elles semblent dater de l’époque des Croisades; mais elles ont certainement remplacé des ruines plus anciennes; car cet Ilot a dû être occupé de toute antiquité a cause de son voisinage d’ Asiongaber et d’ÉIath. Saladin s’en empara, après s’être rendu maître de cette dernière ville, et c’est à lui qu’il faut probablement attribuer les bâtisses sarrasines qu’on y observe. L’année 1182, .1 fut attaqué sans succès par Renaud de Châtillon. A l’époque d’Aboulfeda .1 était déjà complètement désert, et la garnison qui l’habitait avait été transférée à Akaba.
Au delà du point où nous sommes, le vovap-eur mniinnn „a< ,
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