‹ La terre sainteChapitre 101 sur 128 · DE PÉTRA AU DJEBEL - MOUS A · texte numérisé non relu

DE PÉTRA AU DJEBEL - MOUS A

de la concupiscence sous le nom de Haseroth ( Livre des Nombres, ch. xi, $ 34) : « C’est pourquoi ce lieu fut appelé les sépulcres de la concupiscence, parce qu’ils y ensevelirent le peuple qui avait désiré delà chair. Et étant sortis des sépulcres delà concupiscence, ils vinrent à Haseroth, où ils demeurèrent. » Ce mot Haseroth signifie clôtures, enceintes, et indique que les Israélites, trouvant là une source abondante, y campèrent plusieurs jours, et entourèrent leur camp d’une enceinte en pierres sèches ou d’une haie d’épines, comme le font souvent les Arabes pour protéger leurs douars.

C’est pendant que les Hébreux étaient à Haseroth, que Marie, sœur de Moïse, fut frappée de la lèpre pour avoir murmuré avec Aaron contre son frère. Moïse, ému de compassion à la vue de la terrible maladie qui avait atteint sa sœur, demanda avec instance au Seigneur qu’elle en fût délivrée. Mais le Seigneur exigea préalablement qu’elle fût chassée hors du camp durant sept jours. A l’expiration de cette semaine de châtiment, Marie rentra guérie dans le camp, et le peuple quitta Haseroth pour aller dresser ses tentes dans le désert de Pharan.

Quant à la station précédente, dite les Sépulcres de la concupiscence , en hébreu Kihrolh-Hattaavah le savant Palmer propose de la reconnaître dans l’endroit appelé Eroueis el-Ebeirig , situé à vingthuit kilomètres au sud-ouest de Aï n-II adhéra. On y remarque, en effet, les vestiges d’un ancien camp, de nombreux enclos de pierres sèches et une foule de tombeaux. Suivant les Arabes d’une

du golle pendant cinquante-cinq kilomètres encore, en ayant à franchir de nombreux ravins et plusieurs promontoires rocheux qui font saillie dans les flofs. Parvenu auprès d’une source d’eau saumâtre, appelée Aïn-Noueibia , il quitte le rivage et dit adieu aux bords du golfe dont il a pu étudier à loisir les contours sinueux, et qui, maintenant solitaire, voyait jadis les flottes de Salomon sillonner sa surface pour aller chercher l’or d’Ophir. Beau néanmoins et majestueux dans sa solitude, ce golfe, que de rares barques parcourent de nos jours, impose aux regards et à l’imagination par le silence qui l’environne, par l’azur immaculé de sa vaste nappe bleue, qui resplendit sous les rayons du soleil, et par la forme, à la fois sévère et variée, des montagnes et des gorges sauvages qui le bordent. Après avoir cheminé quelque temps vers l’ouest dans l’Ouadi es-Saadeh, on traverse une passe très-étroite

qui porte le nom de Nakb el-Boueib (le Défilé de la petite porte), et ensuite une marche de six heures dans la direction du sud-ouest, au milieu d’âpres montagnes qu’entrecoupent des vallées aux lits tortueux, conduit à une source appelée Aïn el-II adhéra. Cet endroit est généralement identifié avec la station signalée dans la Bible après celle des Sépulcres

Djeziret-Faraodn (île de Pharaon).

tribu voisine, une grande caravane de hadjis ou de pèlerins aurait jadis passé en ce lieu se rendant à l’Ain-Hadhera, d’où ensuite elle se perdit dans le désert de Tîh, où l’on n’entendit plus parler d’elle. L’hypothèse du docte Anglais paraît très-vraisemblable, car elle semble justifiée à la fois par les restes d’un camp, par Iles tombeaux en grand nombre qu’on y observe, par la distance qui s interpose entre ce camp et celui de l’Aïn-Hadhera, distance qui est précisément celle d une journée de marche,

Gn DÉFILÉ D4SS LE DjKBEL-TlU.

enfin par la tradition que je riens de relater La dénomination de Kibroth-Hattaavah ou Sépulcres de la concupiscence donnée par les Hébreux à la station dont il s’ agit en ce moment est expliquée par la Bible elle-même dans un passage où il est dit que les Israélites, fatigués de toujours se nourrir de manne, désirèrent avec ardeur de manger de la chair et se répandirent en plaintes et en gémissements devant le Seigneur. Dieu les exauça dans leur demande, mais en même temps les punit de leurs murmures et de leur convoitise, comme le rapportent les versets qui suivent ( Livre des Nombres, ch. xi) :

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