‹ La terre sainteChapitre 106 sur 128 · D U ; D J E B E L - M 0 U S À AU D J E B E L - S ER B A L · texte numérisé non relu

D U ; D J E B E L - M 0 U S À AU D J E B E L - S ER B A L

Les Arabes la désignent sous le nom de mon (manne). Aussi plusieurs savants modernes , se refusant à admettre le surnaturel, et cherchant à interpréter d’une manière purement scientifique les faits miraculeux racontés par la Bible, n’ont-ils pas manqué de prétendre que c’était le fruit du

tamaris, et non un pain miraculeux descendu du ciel qui, pendant quarante ans, avait servi de nourriture aux Israélites dans le désert. Mais le récit des Livres saints proteste contre une pareille interprétation. Voici, en effet, comment le Livre de l’Exode raconte la première apparition de la manne autour du camp des Hébreux (ch. xvi ) :

.< 14. La surface de la terre étant couverte de rosée, on vit paraître dans le désert quelque chose de menu et comme pilé au mortier, qui ressemblait à ces petits grains de gelée blanche qui tombent sur la terre.

« 15. Ce qu’ayant vu, les enfants d’Israël se dirent l’un a 1 autre : Manhou? c est-à-dire : Qu est-ce que cela? Car ils ne savaient ce que c’était.

« Moïse leur dit : C’est là le pain que le Seigneur vous donne à manger.

« 10. Et voici ce que le Seigneur ordonne : Que chacun en ramasse ce qu’il lui en faut pour manger. Prenez-en un gomorpour chaque personne, selon !c nombre de ceux qui demeurent dans chaque tente.

3 S D ANCIENNES ,’OUADI-SOLAF.

S IN AI

« 17. Les enfants d’Israël firent ce qui leur avait été ordonné, et ils en amassèrent les uns plus, les autres moins.

« 19. Moïse leur dit : Que personne n’en garde jusqu’au lendemain matin.

« 20. Mais ils ne l’écoutèrent point, et quelques-uns en ayant gardé jusqu’au matin, ce qu’ils avaient réservé se trouva plein de vers et tout corrompu. Et Moïse s’irrita contre eux.

«21. Chacun donc en recueillait le matin autant qu’il lui en fallait pour se nourrir; et lorsque la chaleur du soleil était venue, elle se fondait.

« 22. Le sixième jour, ils en recueillirent une fois de plus qu’à l’ordinaire, c’est-à-dire deux gomors par personne.

« 31. Et la maison d’Israël donna à cette nourriture le nom de manne. Elle ressemblait à la graine

O ÜAD1 -SOLAF.

de coriandre ; elle était blanche et avait le goût qu’aurait la plus pure farine mêlée avec du miel.

« 35. Or les enfants d’Israël mangèrent de la manne pendant quarante ans, jusqu'à ce qu’ils vinssent dans la terre où ils devaient habiter. »

D’après ce simple récit, on voit qu’il est impossible de confondre la manne du tamaris avec celle dont furent nourris les Hébreux, et je me permets d'emprunter ici à M. l’abbé Vigoureux un passage où ce docte professeur du séminaire Saint-Sulpice signale les différences les plus notables qui distinguent ces deux mannes [la Bible et les découvertes modernes, t. Il, p. 439 et suivantes) :

“ 1" La manne de l’Exode est recueillie toute l’année pendant quarante ans ; celle du désert, seulement vers le mois de juin.

» 2» La première tombe avec la rosée du ciel ; la seconde, seulement en plein midi, à l’heure même où celle-là se fondait.

« 3° L’une est si abondante qu’elle nourrit une immense multitude, à un gomor par tête ; l’ aube est si rare que M. Stanley assure qu’elle ne suffirait pas pour nourrir un homme pendant six mois. Burckbardt estime que le total de la production annuelle de la manne est de cinq à six cents livres.

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