DU D J 15 B E L-MOUSA AU DJEBEL-SERBAL
chaque passant dépose une petite pierre dans les lieux célèbres par quelque légende, pour marquer qu’il n’oublie ni le lieu ni la tradition qui y est attachée, cette coutume est encore observée par les Bédouins quand ils passent à Hési el-Khattatin. Toutes les grandes pierres et tous les rochers du voisinage sont couverts de monceaux de petits cailloux ainsi déposés.
Les Arabes disent que les Israélites, après avoir étanché leur soif à la source miraculeuse, s’assirent et s’amusèrent à jeter des cailloux sur les rochers environnants. De là la pratique moderne qui est usitée en mémoire de ce fait et dans le but spécial d’obtenir la protection de Moïse en faveur des parents ou des amis malades. »
Si l’identification du rocher de Hési el-Khattatin avec celui de Massah-Meribah est légitime, comme j’incline volontiers à l’admettre, elle contribue à fixer l’emplacement de Raphidim près des ruines de Feiran. Une seule objection, en apparence très-sérieuse , peut être
opposée à cette hypothèse, c’est la distance qui sépare ces ruines du mont Sinaï, distance qui, par la voie la plus directe, est au moins de quarante kilomètres, et qui n’a pu être franchie en un jour par une multitude de deux millions d’honnnes, de femmes et d’enfants. Or, la Bible semble ne marquer qu’une seule étape entre Raphidim et le Sinaï {Exode, ch. xix, v. 2) :
« Etant partis de Raphidim et étant parvenus jusqu’au désert du Sinaï, les Israélites campèrent en ce même lieu et dressèrent leurs tentes vis-à-vis de la montagne. » Mais cette difficulté est loin d’être insoluble. On peut supposer, en effet, que les Israélites, après leur victoire de Raphidim, se reposèrent quelque temps dans la fertile oasis de l’Ouadi-Feiran, et que, lorsqu’ils se remirent en marche pour gagner le mont Sinaï, ils ne dressèrent plus leurs tentes qu’une fois arrivés dans les vallées qui s’étendent au pied de cette montagne, et qui leur fournissaient un lieu de campement très-bien choisi pour le long séjour qu’ils devaient y faire. Entre ces deux points, la Bible ne mentionne, D,"“ C“““* » J““s '*““>•
il est vrai, aucun endroit de campement intermédiaire, mais elle n’affirme nullement que les Israélites franchirent cet intervalle en une seule et même journée; ils purent donc en deux jours, chacun de
cinq ou six heures démarché, accomplir cette forte étape que la Bible ne divise pas, uniquement parce que rien de saillant n’en signala la première moitié.
A l’ouest, et à une faible distance des ruines de Pharan, le Djebel-Serbal dresse fièrement dans les airs ses flancs abrupts et ses nombreux pics granitiques, parmi lesquels on en remarque cinq principaux,
dont le plus élevé domine la mer d’environ doux mille soixante-deuxmètres. Ces pies sont séparés les uns des autres par des ravins très-profonds et encombrés d’énormes quartiers de roc. Trois vallées étroites, à partir de l’Ouadi-Feiran, y conduisent; ce sont l’Ouadi er-Rimm, l’Ouadi-Aleyat et l’Ouadi-Adjeleh. Très-accidentées elles-mêmes et hérissées de rochers, elles n’ont jamais pu servir d’assiette commode h un camp considérable. Les derniers explorateurs anglais, après une étude attentive du terrain, s’accordent à reconnaître que jamais les Hébreux n’auraient pu s’y établir, ni surtout y séjourner long-