DISTRICT DE K ES R OU A N
Pont naturel, appelé Djisr el-IIadjar (pont du Rocher).
des Arméniens et doit le nom qu’il porte au hameau qui l’avoisine, et dont tous les habitants sont les fermiers du monastère. Vaste et bien distribué, il a été fondé1, en 1749, par le patriarche arménien
tous les voyageurs; c’est celui de Bzommar, l’un des plus intéressants du Liban. Il est occupé par
LIBAN
Abraham Pierre Ier. La chapelle actuelle date seulement de 1770. Elle est ornée de plusieurs beaux tableaux italiens. Une Mater Dolorosa passe pour être un original du Guerchin.
Au patriarche susnommé succéda Jacques Pierre II, qui fut quatre ans patriarche. Il eut lui-même pour successeurs, les uns après les autres, Michel Pierre III, Basile Pierre IV, Grégoire Pierre V, Grégoire Pierre VI, Jacques Pierre VII, Grégoire Pierre VIII. Tous ces patriarches arméniens catholiques ont résidé à Bzommar; mais, après la mort du dernier, le siège patriarcal des Arméniens-unis fut transféré à Constantinople. On connaît les divisions et le schisme qui, pendant quelques années, ont déchiré le sein de l’Église arménienne catholique. La discorde éclata alors aussi dans le couvent de Bzommar; mais la paix a fini par y rentrer, et les .dissidents se sont soumis à l’autorité légitime. Ce magnifique établissement, qui a été agrandi à différentes époques, n’a été terminé qu’en 1834. 11 renferme une congrégation de missionnaires , qui de là sont envoyés en Arménie , en Cilicie , en Mésopotamie et en Egypte. Il contient également un séminaire qui compte à présent vingt-cinq élèves, tous entretenus gratuitement. Le supérieur actuel est Mgr André Alcxandrien, camérier du pape Léon XIII, et qui parle l’italien avec une grande pureté. Il m’accueillit avec beaucoup de bienveillance et voulut me faire lui-même les honneurs de son monastère. Parmi les évêques qui y résident, j’y vis Mgr Basile Gasparian, cpii, au moment du dernier schisme, se montra si hostile à Mgr Hassoun Pierre IX, depuis nommé cardinal et remplacé à Constantinople sur le trône patriarcal par Mgr Étienne Azarian Pierre X. On peut remarquer que tous les patriarches arméniens que je viens de mentionner ajoutent a leurs noms celui de Pierre. Ils agissent ainsi pour témoigner de leur profond attachement à l’Église romaine et pour se distinguer de leurs frères séparés , qui eux , au contraire , ne reconnaissent pas la suprématie du Saint-Siège. Quanta Mgr Basile Gasparian, il a fait amende honorable, et, en retour de sa soumission, il a été nommé archevêque titulaire de Chypre et assistant du patriarche.
Dirigeons-nous maintenant vers Ghazir. Chemin faisant, après une route des plus accidentées, vers 1 ouest-nord-ouest, nous rencontrons Ghousta, grand village de deux mille habitants. 11 est bâli en amphithéâtre sur deux hautes collines qui se répondent et dont les flancs sont admirablement cultivés. La vigne, 1 olivier et le mûrier les tapissent depuis la base jusqu’au sommet, et sont régulièrement disposés sur d innombrables terrasses entretenues avec soin.
Parmi les cinq églises qui constituent les différentes paroisses du village, je dois mentionner spécialement celle de Saint-Joseph. Elle a été fondée, en effet, par le roi Louis XV, comme le prouve 1 inscription latine suivante, gravée au-dessus de la porte d’entrée :
« Ex Ludovici XV , Regis Galliarum, munificentia œdificium hoc erectum est. 17G9. »
« C est grâce à la munificence de Louis XV , roi de France, que cet édifice a été érigé en 1769. » Cette église servait alors de chapelle à un couvent de religieuses françaises, dites du Sacré-Cœur de l Enfant Jésus. Le couvent est abandonné depuis longtemps et à moitié détruit. La chapelle elle-même est très-dégradée et aurait grand besoin de réparation. Comme c’est l’ouvrage d’un de nos rois, il serait digne de la France de ne pas la laisser tomber en ruine, et, à ce titre, je prends la liberté de la recommander à la générosité de ceux qui liront ces lignes.
A deux kilomètres au nord de Ghousta se montre, sur les pentes d’une vallée très-fertile, le village de Aïn-Ouarka, que domine le séminaire de ce nom. Celui-ci est l’un des plus grands du Liban. Il date de soixante-dix ans. La cour du cloître a pour ornement plusieurs beaux cyprès à la taille élancée, au feuillage épais.
A une faible distance, au nord de Aïn-Ouarka, le village de Maarab s’élève sur remplacement d’une bourgade antique que commandent à l’est et à l’ouest deux hautes collines qui se font vis-à-vis,