DE BOULA K A TI1 È DES
cru cl abord qu il remontait a une antiquité extrêmement reculée; on a reconnu ensuite qu’il 11e date que clu premier siècle de 1 ère chrétienne. Ce temple, en effet, qui a succédé à un très-ancien sanctuaire, ne date lui-même que de Ptolémée XI, qui le fonda. Le portique, comme nous l’avons vu, est d’une époque plus récente encore, puisqu’il fut construit sous Tibère. Les cryptes et les chambres de la terrasse appartiennent à l’époque de Ptolémée XIII, dont elles portent les cartouches.
Le Mammisi est un petit édifice à moitié enfoui. Il consiste en plusieurs petites chambres et en un sanctuaire, le tout environné, excepté la façade, d’un péristyle de vingt-deux colonnes. Les chapiteaux sont ornés de la représentation du monstre Typhon. On a quelquefois supposé que ce monument était consacré au génie du mal, et on l’a nommé Typhonium; mais, d’un autre côté, comme toutes les
sculptures se rapportent à la naissance du fils d’Athor, 011 le considère plus généralement avec Ghampollion comme un Mammisi, c’est-à-dire comme un monument réservé à l’accouchement de la déesse, et où la troisième personne de la triade adorée dans le temple voisin était née.
Le temple d’Isis, situé à quelques mètres derrière le grand temple d Athor, a eu, de même que le Mammisi, l’empereur Auguste pour fondateur. Il se compose seulement de deux chambres, d un corridor et d’un adytum ou sanctuaire, où la déesse Isis est souvent représentée.
De Keneh à Thèbes, la distance est de soixante-dix-huit kilomètres. Dans 1 intervalle qui les sépaie, je signalerai seulement, sans m’y arrêter, la ville de Koft, l’ancienne Coptos, dont les Ptolémées avaient fait l’un des principaux entrepôts du commerce de l’Inde, au moyen de la route qu ils avaient établie de ce point jusqu’à Bérénice, sur la mer Rouge, à travers les montagnes et les sables du désert ; Kous ou Gous, qui a succédé à Jpollinopolis Parva; Sanhour, jadis Senhor, où il subsiste quelques vestiges d’un temple de l’époque romaine, et Medamout, où l’on peut visiter les débris d’un autre temple datant de la dix-huitième dynastie, mais agrandi ensuite par les Ptolemees et par les empe¬
reurs romains.
ÉGYPTE
DE THÈBES A LA PREMIÈRE CATARACTE
La fameuse Thèbes, chantée jadis par Homère comme la ville aux cent portes, par chacune desquelles pouvaient sortir deux cents guerriers avec leurs chevaux et leurs chars, n’est plus, depuis de
longs siècles, que l’ombre très-effacée d’elle-même. Les richesses tant vantées par le poète grec, qui étaient accumulées dans les demeures de ses habitants, ont entièrement disparu avec les palais des rois et les maisons des particuliers. Elle a perdu jusc|u’à son nom antique, et n’est plus connue actuellement parmi les indigènes de la contrée que par celui des villages qui végètent misérablement au milieu du vaste emplacement
La plaise UE Thèbes
Kahkak.
qu’elle occupait jadis. Mais telle est la splendeur et la majesté imposante de ses ruines, les débris de ses temples offrent des proportions cà la fois si gigantesques et si harmonieuses, les tombeaux de ses anciens souverains sont si remarquables, que, pour les contempler de près, de nombreux voyageurs ne cessent de remonter le Nil , attirés par la renommée de sa gloire passée et des merveilles qu’elle étale encore, toute morte qu’elle est, et bien qu’ indignement meurtrie, défigurée et comme déchirée en lambeaux par le temps et par les hommes. Les artistes, les architectes et les savants puisent dans l’étude des ruines de ses monuments des enseignements de toutes sortes, et, depuis que le génie de Champollion a donné aux égyptologues la clef de l’écriture hiéroglyphique, ceux-ci s’efforcent de déchiffrer de jour en jour davantage les innombrables inscriptions qui couvrent
UE THÈSES A LA PREMIÈRE CATARACTE
les parois rie scs édifices, soit sacrés, soit funéraires. Il y a là pour eux une mine des plus riches et des plus fécondes. Entre leurs mains et grâce à ce maître immortel, Thèbes est devenue un grand livre d’histoire illustré par d’admirables sculptures, et où ils peuvent lire maintenant des milliers de pages encore inédites de l’histoire de l’Égypte.
Pour parler comme il convient des débris d’une pareille ville, et pour résumer, même très-sommairement, les documents les plus importants qu’ils ont fournis jusqu’à présent à la science, il faudrait plusieurs volumes.
N’ayant à ma disposition en ce moment qu’un très-petit nombre de pages, je vais me borner à signaler brièvement au lecteur, sans pouvoir les décrire comme je le désirerais, quelques-unes des principales ruines qui méritent avant tout son attention.
Thèbes, en hiéroglyphes Ap ou Ape, et avec l’article féminin Tape , mot qui signifie la tête, la capitale } et d’où les Grecs ont fait 07)6 ai, fut aussi appelée par eux Diospolis Magna j dénomination qui répond à celle d’Amunei, la demeure d’Amun ou d’Ammon , le Jupiter du Panthéon égyptien. Ce dieu , en effet, était la grande divinité de la ville. Fondée, sans doute, dès les premières origines de la monarchie égyptienne, puis agrandie et embellie tour à tour par
de nombreux souverains , elle . - .
7 La MOSQUEE DE LOUXOli
fut, l’an 527 avant Jésus-Christ,
brûlée et dévastée par Cambyse. Plus tard, l’an 82 avant Jésus-Christ, ayant refusé de reconnaître l’usurpateur Ptolémée Lathyre, elle subit de la part de ce prince un siège de trois ans,
ÉGYPTE
et, prise d’assaut, elle 'expia cruellement par le fer et par le feu sa fidélité à son frère Alexandre. En outre, comme le séjour de la royauté était remonté depuis longtemps du sud de l’Egypte vers le
nord, et que d’autres capitales, notamment Alexandrie, la dernière de toutes, avaient attiré à elles le commerce, le luxe, l’industrie et la population, Tlièbes déclina de plus en plus, et, à l’époque de Strabon, elle avait déjà cessé de former une grande cité, pour constituer seulement des bourgades séparées et distinctes, les unes sur la rive orientale, où jadis s’était développée la ville proprement dite ; les autres sur la rive occidentale , où étaient les tombeaux et le quartier des Memnonia.
Aujourd’hui, des villages ont succédé à ces bourgades et sont les tristes héritiers de l’opulente et antique métropole, dont les restes immenses attestent l’étendue et la magnificence.
Ces villages sur la rive droite sont ceux de Karnak au nord et de Louxor au sud. Commençons par ce dernier, où la plupart des voyageurs ont l’habitude de débarquer cl’abord. Louxor, dont le nom, légèrement altéré de deux
L’onÉr.iSQUE de Looxor.
mots arabes, signifie les châteaux, les palais, est situé sur un monticule de décombres qui s’élève de quelques mètres au-dessus de la plaine. On aperçoit aussitôt , en se dirigeant du
DE TH ÈRES A LA PREMIÈRE CATARACTE
nord au sud, un superbe pylône composé de deux massifs pyramidaux, entre lesquels s ouvrait une belle porte surmontée d’une élégante corniche, maintenant en grande partie détruite. En avant du pylône et de chaque côté de la porte s’élevaient deux obélisques, dont un, celui de