DE T ART OU. S (ANTARADUS) A TRIPOLI
chef-lieu clés Arkites, qui tiraient leur origine et leur nom de l’un des fils de Chanaan, fils lui-même de Chain. ( Genèse , x, 17.) Titus, dans sa marche de Bérytus à Antioche, après la destruction de
Jérusalem, passa à Arka. Cette ville prit ensuite le nom de Ccescirea ad Libanum [ou de Cœsarea Libani. Alexandre le Grand y était adoré comme une véritable divinité et y avait un temple, où l’on
P HËNICIE.
célébrait une fête annuelle en son honneur. C’est clans ce temple, le jour de cette fête, que 1 empereur Alexandre Sévère vint au monde. Arka devint plus tard le siège cl un évêché. A 1 époque des Croisades, c’était une place tellement forte, que pendant plus de deux mois elle put arrêter toute l’armée des Croisés. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un misérable village, à 1 ouest duquel s élève une colline couverte de débris antiques, et que devait sans doute couronner le temple dont je viens de parler.
A onze kilomètres au sud-ouest d’ Arka, d’autres ruines, malheureusement peu distinctes, avoisinent l’embouchure duNahr el-Bared (le fleuve Froid), ainsi nommé à cause de la fraîcheur extrême de ses eaux. Ces ruines ont conservé, sous le nom à peine altéré de Ard Arthousi, celui de l’ancienne Orthosia, qui, à l’époque des Croisades, était encore une bourgade importante, appelée Artésie.
Si nous continuons à suivre le rivage pendant onze autres kilomètres, d’abord clans la direction du sud-ouest, puis dans celle de l’ ouest-sud-ouest, nous atteignons, après avoir longé à notre gauche le Djebel Tourboul, l’Oualy Becldaoui. Les Maronites prétendent que ce nom de Bccldaoui est une corruption pour Padovani, et que la mosquée en question aurait succédé à un ancien sanctuaire consacré à saint Antoine de Padoue. Quoi qu’il en soit, cet édifice forme une grande rotonde circulaire éclairée par plusieurs fenêtres. Dans sa partie centrale, un escalier conduit à un bassin qui s’arrondit en dehors de la mosquée. Ce bassin, dont les bords sont ombragés par de beaux arbres, fourmille cl’une foule cle petits poissons réputés sacrés et appartenant à l’espèce appelée Capoeta f rater cula, comme l’a reconnu M. le docteur Lortet. Non-seulement on les respecte et on ne les pêche pas, mais encore on les entretient avec un soin religieux, en leur jetant de petits pains. Un derviche est préposé dans cette intention à la garde de la mosquée et du bassin. Une pareille coutume est certainement une réminiscence de l’ancien culte rendu aux poissons par plusieurs peuples de la Phénicie et de la Syrie.