‹ La terre sainteChapitre 22 sur 128 · TRIPOLI (TRIPOLIS · texte numérisé non relu

TRIPOLI (TRIPOLIS

Rapprochons-nous maintenant du rivage dont nous nous sommes un peu éloignés pour aller voir cet Oualy, et cheminons dès lors, presque directement, vers l’ouest. Au bout d’une demi-heure de marche, le long de la mer dont les flots viennent mourir aux pieds de nos chevaux, en les couvrant par-fois d’une blanche écume, nous rencontrons le Nahr Abou-Ali, autrement dit le Nahr Iiadicha, que nous franchissons à gué, près de son embouchure. Non loin de là est une vieille tour, depuis longtemps abandonnée et appelée Bordj Ras-en-Nahr (tour du Cap du fleuve).

Adouze cents mètres plus à l’ouest, une seconde tour se présente aux regards; battue d’un côté par les vagues, elle avait jadis trois étages. On 1 appelle Bordj es-Sboua (la tour des Lions), parce qu’on avait sculpté au-dessus de sa porte d entrée deux lions qui actuellement ont disparu avec la pierre où ils avaient été figurés. Cette porte, de forme ogivale, a été construite avec des pierres régulières de moyenne grandeur et alternativement blanches et noires. Les fats d’un grand nombre de colonnes de granit gris ont été engagés transversalement dans l’épaisseur des murs de la tour.

Quatre autres tours s’élèvent, ou plutôt s'élevaient plus à l’ouest, de distance en distance, le long du rivage; aujourd’hui à moitié renversées, elles avaient été bâties comme la précédente pour protéger la côte contre les incursions des pirates. Beaucoup de fûts de colonnes antiques, la plupart de

Page 1