‹ La terre sainteChapitre 27 sur 128 · D E DJEBEIL (BYBLOS) À UE Y II O UT II · texte numérisé non relu

D E DJEBEIL (BYBLOS) À UE Y II O UT II

ses environs. Au nord et près de l’église, on remarque en dehors un élégant baptistère dont l’un des côtés était clos par une belle pierre qui avait jadis formé la frise et l’architrave du fronton d’un temple corinthien de l’époque romaine. Cette pierre, rapportée à Paris par M. Renan, est maintenant au Musée du Louvre. On y voit représenté le globe ailé, avec les deux serpents ou urœus, ornement ordinaire des pylônes égyptiens et aussi de plusieurs temples de l’ancienne Phénicie.

Deux autres églises à Djebeil remontent également à l’époque des Croisades : l’une, dédiée à sainte Thècle, et l’autre, à sainte Marie. La date de la fondation de cette dernière, c’est-à-dire l’année 1204, se lit sur une pierre qui avoisine la porte.

Le port, délimité par deux pointes du rivage, est petit et de forme elliptique. Depuis longtemps ensablé, il 11e peut plus servir d’asile qu’à de simples barques. Les deux jetées, qui avaient été ajoutées aux pointes nord et sud, sont aux trois quarts détruites; il en est de môme de la tour qui terminait la jetée septentrionale, et dans la construction de laquelle étaient entrées beaucoup de colonnes de granit dont les fûts sont couchés dans les flots. Ces mêmes colonnes de granit abondent partout dans la ville et dans les jardins que comprenait sa primitive enceinte. Les unes sont en granit rose, mais la plupart sont en granit gris; elles proviennent toutes de l’Égypte et prouvent combien était grand le nombi'e des temples, des palais et des portiques qu’elles ornaient jadis.

Les nécropoles de l’ancienne cité sont très-étendues, au nord, au sud et à l’est. Elles ont été fouillées depuis des siècles par les chercheurs de trésors et d’antiquités. Aussi toutes les tombes que j'ai vues avaient-elles été ouvertes et violées. M. Renan en a extrait quelques sarcophages qui sont au Louvre. Ce savant y a trouvé et copié un certain nombre d’inscriptions grecques et latines, mais aucune épitaphe phénicienne.

La fondation de Gebal, dont le nom actuel Djebeil n’est qu’une forme diminutive, se perd dans la nuit des temps historiques. Les anciens la regardaient comme l’une des plus anciennes villes du monde. Là habitaient les Giblites dont il est question dans Josué (ch. xm, ^ 5).

Les ouvriers de Gebal fournis par Hiram, roi de Tyr, à Salomon, pour la construction de son temple et de son palais, excellaient à tailler la pierre et à façonner le bois. {Rois, liv. III, ch. v, $ 18.) Ils étaient aussi fort habiles pour radouber et guider les navires. (Ézéchiel, ch. xxvii, t fl-) Alexandre le Grand s’empara plus tard de Gebal. Les Grecs la désignaient alors sous le nom de Byblos, nom qui 11’est qu’une altération de celui que les Phéniciens lui avaient donné, par le changement du T en B; mais les indigènes lui conservaient son appellation primitive. D’après la mythologie, elle avait servi jadis de résidence au roi Cinyras, et c’était la patrie d’ Adonis. Le plus grand et le plus célèbre de ses temples était celui qui était consacré à ce dieu et à Vénus, et où se célébraient chaque année les Adonies ou la fête anniversaire en l’honneur d’ Adonis. M. Renan pense avec raison qu’il faut confondre ce temple avec celui d’Isis et d’Osiris, dont parle Plutarque dans son traité sur ces deux divinités (ch. xv et xvi), Isis et Osiris étant probablement identiques avec Vénus et Adonis.

Lorsque Pompée parcourait l’Orient, Byblos avait beaucoup à souffrir des brigands qui infestaient alors les côtes de la Phénicie; mais ce général non-seulement détruisit leurs repaires, mais encore délivra cette ville d’un tyran qui l’opprimait. A l’époque chrétienne, ses temples furent ou renversés ou convertis en églises, et elle devint le siège d’un évêché, soumis au patriarcat d’Antioche et dépendant clc l’archevêché de Tyr. En 570, Antonin le Martyr la trouva déserte et en ruine, par suite du tremblement de terre qui, sous Justinien, avait ébranlé toute la côte de la Syrie depuis Tripoli jusqu’à Saida. Elle ne se releva de cê désastre que pour tomber bientôt sous le joug des Arabes. En 1109, elle fut arrachée aux musulmans par Hugues de Lambriac, qui s’en empara, avec l’appui d une flotte

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