H ÉN I GIE
d’ Ibraliim-Paclia , disséminées dans le Liban, et dont les avant-postes se trouvaient alors à Antoura.
Vers le fond méridional de la baie est le village du même nom. On y remarque un chantier où l’on construit quelques petits voiliers, deux souks considérables où l’on vend du blé, de l’orge, du doura et du sésame, provenant des côtes de la Syrie et même de la Caramanie, et une grande filature de soie.
En montant sur le promontoire qui commande au sud le village et la baie , on parvient aussitôt a Serba. On y voyait encore, il y a quelques années, les débris d’un ancien temple consacré a Jupiter Ëpouranios ou Jupiter Céleste, identifié par plusieurs critiques avec Adonis, le dieu principal de
Byblos. La plupart des beaux matériaux avec lesquels avait été construit ce monument, ont été depuis transportés ailleurs. Les maisons et les plantations de mûriers du village ont remplacé une petite ville antique dont ce temple devait être 1 un des plus remarquables ornements, et dont il subsiste encore des citernes, des pressoirs et des tombeaux creusés dans le roc. La plus importante de ces excavations sépulcrales est une grotte funéraire appelée Kabr bint Melek (Tombeau de la fille du roi). Près de la mer, un oratoire taillé dans la roche vive et consacré à saint Georges a succédé à un oratoire païen.
C est à Serba que M. Renan place Palæbyblos, et cette assertion me semble justifiée par le passage si foimel et si net de Strabon qui la mentionne au sud du mont Climax, lequel, je le répète, ne peut être que le promontoire situé au nord de la baie de Djouni.
A quatre kilomètres au sud de Serba, on rencontre l’embouchure du Nahr el-Kelb. J’ai déjà parlé, dans ma description du Liban, de ce petit fleuve célèbre et des grottes mystérieuses d’où il jaillit.
DE DJEBEIL (BYBLOS) A BEYROUTH
C’est le Lycos des Grecs, le Lycus des Romains, c’est-à-dire le fleuve du Loup; les Arabes , en traduisant ce nom, en ont fait le fleuve du Chien. On ignore celui que les Phéniciens lui avaient donné ; peutêtre la dénomination grecque de Lycos n’était-elle que la traduction pure et simple de 1 appellation phénicienne. Il serpente de l’est à l’ouest, après avoir réuni dans un même lit les eaux de 1 Oued Sannin, de l’Oued el-Lehen et du Nahr es-Salib; mais ces eaux, pendant les mois les plus chauds de 1 année,
atteignent rarement la mer, épuisées quelles sont d’ordinaire auparavant par les innombrables ruisseaux qu’on en dérive pour les besoins de l’irrigation. De ces grottes profondes, au contraire, s'élance une nouvelle source plus abondante que les précédentes, qui se précipite impétueuse et limpide comme du cristal entre des rives très-encaissées. Après divers détours dans des gorges étroites, bordées de hauteurs boisées, gorges qui parfois s’élargissent pour permettre à la culture de s’y épanouir, le Nahr el-Relb aboutit à la mer, au nord et au pied d’un promontoire escarpé, contre lequel les vagues se brisent souvent avec fracas, et ajoutent leur sourd mugissement à celui que fait entendre le fleuve,