‹ La terre sainteChapitre 30 sur 128 · V II É N I G 1 E · texte numérisé non relu

V II É N I G 1 E

lorsqu’il rencontre quelque obstacle dans son cours. Les anciens avaient su mettre à profit cette source importante en dérivant une partie de ses eaux dans un aqueduc plusieurs fois reconstruit, qui existe encore maintenant et cpii se dirige au nord vers la baie de Djouni. Les modernes, de leur côté ont dans ces dernières années creusé un canal qui amène vers le sud, à travers monts et vallées une autre partie de ses eaux à la ville de Beyrouth et à scs environs. C’est une compagnie anglaise qui a exécuté ce travail, dont l'achèvement et l’inauguration ont eu lieu au printemps de l’année 1875.

Mais revenons au promontoire dit Ras Nahr el-Kelb. C’est le prolongement des montagnes qui, au sud, enserrent et dominent le fleuve. Comme il fait saillie dans la mer, et qu’il coupe toute communication entre les deux districts qu’il sépare, on y a, dès la plus haute antiquité, sans doute, pratiqué dans le roc vif un sentier qui a été ensuite élargi. Cette voie fameuse a vu successivement défiler tous les ennemis qui ont tour à tour envahi la contrée et suivi la côte. La difficulté de franchir ce défilé, où un petit nombre de défenseurs intrépides pouvait arrêter toute une armée, en rendant le passage glorieux, plusieurs des conquérants qui l’ont accompli ont tenu à honneur de signaler en cet endroit même ce fait à la postérité au moyen d’inscriptions et de bas-reliefs. C’est ainsi, par exemple, que sur la rive droite du fleuve, non loin de son embouchure dans la mer, on a découvert il y a peu d’années, près d’un moulin, une longue inscription cunéiforme dont les caractères malheureusement ont beaucoup souffert du temps et des hommes. Le nom de Nabu chodonosor y est gravé, dit-on, à plusieurs reprises. Il y a là toute une grande page d’histoire imprimée sur le roc, et qui mériterait qu’un savant assyriologue vînt la déchiffrer et 1 étudier à loisir. Elle nous révélerait peut-être des événements importants que nous ignorons, et en confirmerait cl autres que nous connaissons déjà.

Sur la rive gauche du fleuve, que 1 on peut traverser, soit à gué, soit sur un pont que l’on attribue au sultan Sélim , mais qui a été réparé par l’émir Béehir, on remarque sur une grande surface rocheuse, qui a etc aplanie a dessein, une première et longue inscription : elle est en arabe. Les caractères en sont fort effacés ; d’autres sont très-compliqués et de lecture difficile. Ce que l’on a pu en déchiffrer semble se rapporter au sultan Sélim et à la reconstruction du pont par ce prince.

En se rapprochant de la mer, mais avant de monter la côte vers le sud, on lit dans un grand cartouche avec queues d’aronde l’inscription suivante, déjà reproduite par beaucoup de voyageurs :

IM P . CAES . M . AVRELIVS AKTONINVS PIVS FELIX AVGVSTVS PART . MAX . B RI T . MAX . GER . MAXIMVS PONTIFEX MAXIMVS MONTIBVS I M M IX EX TI B V S LICO FLVMINI CAESIS VIAM DEL AT A VI T

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